‹ Souvenirs de 1848Chapitre 70 sur 79 · LE DROIT AU VOL · texte numérisé non relu

LE DROIT AU VOL

<( Fais- toi preuve! lui crie t-on de toutes parts, et nous croirons en toi. »

La vérité répond :

« Aidez-moi à mûrir, à me manifester. Donnez-moi les moyens d'être un fait, et, pour cela, connaissezmoi, ne me niez pas. Je ne suis qu'une idée, une âme, pour ainsi dire, et vous voulez me toucher avant de m'avoir permis de prendre un corps ! J'existe, pourtant; j'existe dans une sphère aussi réelle pour les yeux de l'entendement que si j'étais déjà le fait palpable. Respectez-moi, hélas! car me nier, c'est vous nier vous-même. Je suis vôtre, puisque je vous apporte l'avenir, et dire que je ne serai jamais, c'est dire que vous ne voulez jamais être. »

Parmi les adeptes, vulgarisateurs ardents et serviteurs dévoués de la vérité à l'état de démonstration, Nadar, ni savant ni spéculateur, mais grand logicien, selon moi, et homme de solide vouloir, apporte ici sa parole à la fois émue et réfléchie. Cette parole, résumée dans le Droit ait vol, a une valeur, une force véritables. Qu'on la pèse sans prévention, et tout esprit sérieux sentira qu'il y a là une de ces questions magnifiques qui ne peuvent pas être insolubles, du moment qu'elles sont bien posées.

Paris, 2 novembre 1865.

PAR

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