À SES COMPATRIOTES À LA NOUVELLE DE LA MORT DE LOUIS XVI (DISCOURS
O douleur indicible ! inattendu malheur !
Quel invisible glaive a percé notre cœur,
Pour y verser à flots la coupe d'amertume
Dont le fiel se répand dans l'âme et la consume!
Vendéens, vous venez d'ouir le messager :
Louis Seize n'a pu se soustraire au danger
Que le vent infernal fit planer sur sa tête, Cependant si le roi, chêne dans la tempête, Sous les coups des bourreaux bientôt a succombé,
Jamais devant le mal son front ne s’est courbé, [ songe,
Il n’est plus! non, grand Dieu, sa mort n'est point un
Mais bien avec raison dans la douleur nous plonge. Ah! chers amis, pleurons, car celui qui pour nous Du flot des ennemis a bravé le courroux,
Celui qui tant de fois prodigua sa tendresse
Au peuple vendéen accablé de détresse,
Enfin ce roi semblable à ce pasteur actif
Qui, défendant des loups son troupeau trop craintif, De ces monstres devient la première victime,
Est tombé sous le faix sans ccanaître son crime.
Le roi n’est plus, pleurons, nous sommes orphelins !..…
combé,
6, [ songe, point un plonge.
nous
craintif,
nn
Ah! c'est vous, Montagnards, infâmes Jacobins Qui, la vengenace au cœur et l’outrage à la bouche, Poussés par le démon, l'œil hagard et farouche, Avez trempé vos mains dans le sang pur d'un roi Et semé dans Paris la terreur et l’effroi.
C'est vous, mais attendez, dragons impitoyables, Les Vendéens debout, fermes et redoutables, Guerriers remplis de force et d’un royal honneur, Mille fois ont crié : malheur à vous, malheur ! Sans doute, votre sang ne peut laver la tache Que le lien du crime à votre front attache,
Non, il est trop impur ; mais nous serons jaloux
De le voir assouvir notre juste courroux.
Ah! je vois dans Paris la machine infernale