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Héros, il est tombé victim- De sa noble intrépidité :
Et dans son âme magnanime, Le dévoûment le plus sublime
Lutte contre l’infirmité.
Ses yeux se remplissent de larmes
Il voudrait voler au secours, Car il entend crier: “aux armes!” Mais la mort rit de ses alarsnes,
Et se plaît à briser ses jours.
Alors, ainsi que dans un rêve,
Vers sa mère il tourne l'esprit.
Son cœur est transpercé d’un glaive :
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Sa mère pleurera sans trève,
Elle, sans soutien, sans abri!
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“ Me pardonneras-tu, ma mère,
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“ De m'être moqué de la mort ?
‘ Désormais, seule sur la terre,
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‘ Que feras-tu dans la misère
* Qui te garde un si triste sort ?
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‘ Quel sacrifice, ô ma patrie!
“ Tu demandes à ton enfant !
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‘ Bien loin d’une mère chérie,
“ Mourir, l'âme toute meurtrie,
‘ Quel holocauste plus sanglant !
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# O mon pays, si la victoire
‘ Apporte un baume à tes douleurs,
N'élève rien à ma mémoire,
Car à ce souvenir de gloire,
Ma mère verserait des pleurs.
Mère, adieu, je sens que la vie
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Est inflexible à mon désir.
Je meurs ; ma tâche est accomplie
, « \ } ARES Que n’es-tu 1à, mère chérie,
Recevant mon dernier soupir..."
Et disant ces mots, son œil pâle
S'irrite et lance un trait de feu
Sa figure, naguère mâle,
8 SOUVENIRS DE COLLÈGE. î :
Pâlit, s'éteint. Un dernier râle 1
Laisse envoler son âme à Dieu ! L
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Aussitôt, des cris d’allégresse
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Retentissent de toutes parts ; Le nombre cède à la prouesse :
Les Américains en détresse
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Or dit qu'alors, dans un nuage
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L’astre des nuits resta plongé, Et que dans un suprême hommage,
Une voix d'un accent sauvage
Collège Bourget, 25 mai 18095.
Salut ! © grand poète, enfant de la patrie,
Gloire du Canada par la haine flétrie, Reverdissant toujours.
Salut ! astre brillant dont la lumière pure
À fait paraître au ciel de la littérature
Les premiers de ses jours.
Avant toi la patrie ignorait le poète,
Souvent elle disait d'une voix inquiète :
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‘ Qui donc me chantera ? ” L'amour te fit poète, et d'une voix sonore, Plus tard tu répondis : “ quoique débile encore,
Mon luth t’exaltera.”
Depuis, ton âme fut un écho de son âme;
Toutes deux ont brûlé d’une commune flamme Et n'ont eu qu'une voix.
Si, parfois, le malheur jetait dans les alarmes
Cette mère si bonne, ému jusques aux larmes,
Tu partageais sa croix.
Si la gloire, en son vol, l’effleurait de son aile,
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Si la prospérité venait s'asseoir près d’elle
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Et lui serrer la main,
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De tes larmes, alors, naïissait un doux sourire, Tes doigts faisaient vibrer les cordes de ta lyre,
Tu chantais un refrain.
Tel l'enfant, près du lit où repose sa mère,
Sent son cœur transpercé d'une douleur amère, En la voyant souffrir.
Mais si de son chevet s'éloigne la souffrance,
Ce fils £èche ses pleurs, sourit, et d'espérance
Il aime à se nourrir...
Tu chantes ton pays, ses combats, ses victoires, Ses peines, ses revers, ses triomphes, ses gloires,
Ses labeurs couronnés :
Ta muse te conduit aux cîmes du lyrisme,
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Et tes frères, témoins de ton patriotisme, ‘4 T'admirent étonnés.…… à O poète, pourquoi, vers des rives lointaines ki
T'enfuir pour aller boire aux amères fontaines De la terre d’exil ?
La gloire t'offre-t-elle un coin de son royaume ?
Et le bonheur, caché dans un riant fantôme,
À tes yeux sourit-il ?
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Non, tu sais que là-bas, aux plages étrangères, Les larmes de toù cœur monteront plus amères, Mais avec liberté.
Tel l'enfant qui plongea sa mère en des alarmes,
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c dérobe à ses yeux pour noyer dans les larmes
Son péché regretté.
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Oh! combien ta douleur devait être profonde, Quand le vaisseau français t'emportant quitta l'onde
De ton beau Saint-Laurent.
À l'horizon tes yeux poursuivaient la patrie,
S Sur tes lèvres montait de ton Âme attendrie à Un adieu déchirant.
Et c'était bien vraiment l'adieu, l’adieu suprême, Que tu fis, en ce jour, à tes autres toi-même, Ignorant l'avenir...
Sy Sur le sol où ton nom devait seul reparaître, es, Tu nous laissas, pourtant, un lambeau de ton être, Un pieux souvenir.
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Depuis ce jour fatal né d'un nuage sombre, l'a)
Partout l'adversité te suivit de son ombre,
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Empoisonnant tes jours. ‘% Le sourire, dès lors, s'enfuit loin de ta bouche, 4 La tristesse, le soir, pleura près de ta couche,
Et t’en fit tes amours.
Le riant souvenir de tes jeunes années
Faisant naître pour toi des heures fortunées, N'était que passager ;
Car la réalité t’enlevant ta chimère,
Augmentait ta douleur, la rendait plus amère,
Sous un ciel étranger.
Ainsi le voyageur, par rares intervalles, Voit, au sein de la nuit, jaillir des lueurs pâles,
Eclairant le lointain.
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Mais, tout à coup, ces feux disparaissant dans l'ombre, Entourent son regard d’un horizon si sombre
Qu'il doute du chemin.
Combien de fois tes yeux errant sur l'Atlantique, Crurent apercevoir le sol de l'Amérique,
Et ton beau Canada!
Et tu voulus chanter... mais plus de mélodie, Tes jours étaient comptés... bientôt la maladie
Au sein te poignarda.
Tel, au bord des forêts, quand tout dort et repose,
Le reptile affamé dans l'ombre se dispose
À remplir son dessin.
Voit-il un jeune agneau cherchant sa tendre mère,
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Il l'attaque et met fin à sa douleur amère,
En lui perçant le sein.
Assiégé par le mal, vaincu par la souffrance,
Tu te berces, pourtant, de la douce espérance D'un fortuné retour.
Et, dans ce rêve d’or, ton âme poétique
Entonne son dernier hymne patriotique,
Son chef-d'œuvre d'amour.
Mais la voix de la mort à ton âme résonne ;
Et tu meurs loin des tiens ….. à tes côtés personne
pour te fermer les yeux!
Telle, au soir d’un beau Jour, on voit pâlir l'étoile,
Quand un nuage sombre en passant jette un voile
À l’astre radieux.
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Tu meurs loin du pays digne objet de tes charmes, Loin du sol arrosé de tes premières larmes,
Loin de ton Saint-Laurent.
ce Et le bruit de ta mort s’éteignant dans la brise, Sur ta tombe l'oubli que ta gloire méprise, Met son sceau révoltant.
Mais a-t-0n pu jamais emprisonner l'aurore ?
Non, à l'heure marquée, elle se lève et dore rsonne De ses feux les hauteurs.
Ainsi, noble poète, apparaît ta mémoire, toile, . Et sur ton sol natal les reflets de ta gloire voile
Touchent les nobles cœurs.