‹ Souvenirs de l'insurrection normande, dite du fédéralisme, en 1793Chapitre 17 sur 45 · LOUVET · texte numérisé non relu

LOUVET

Louve t avait été romancier de profession avant de se faire homme politique.

Son Faublas avait eu un succès de scandale dont il ne laissait pas de tirer beaucoup de vanité.

Roland l'avait appelé aux affaires, et lui avait donné une part d'influence remarquable dans la direction de l'esprit public.

11 avait été aussi question d'en faire un ministre de la justice.

Louvet était d'un caractère inquiet et soupçonneux, habituellement préoccupé de trahisons et de périls.

Il avait des premiers dénoncé Robespierre et Marat, et l'avait fait avec quelque courage, mais avec des recherches d'effets oratoires que ne comportaient pas ses moyens physiques.

Louvet était grêle et fluet. Ses yeux de myope, son front chauve et sa face blême lui composaient, dans leur ensemble, un masque singulièrement assorti à sa fougue toute juvénile, et faisaient de lui, comme le disait plaisamment Barbaroux, un orateur mesquinement énergique.

Louvet, après beaucoup de traverses, eut le bonheur d échapper aux derniers effets de la proscription, et a laissé sur ce sujet de curieux mémoires dont on aura remarqué que nous avons reproduit et apprécié ailleurs le plus important morceau.

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