‹ Souvenirs de la Haute-AlbanieChapitre 41 sur 57 · Inridèle en lurc, terme de mépris · texte numérisé non relu

Inridèle en lurc, terme de mépris

2. Probablement le dgiurdé, vêtement national albanais, sorte de veste en grosse laine avec une pièce carrée retombant dans le dos, se mettant en cas de besoin sur la tête en guise de capuchon; protégé par rette solide étoire, le corps du Pacha arriva intact dans les rangs de son armée en retraite; les musulmans y virent un miracle, le mort fut proclamé un saint (eviia). On lui éleva un tombeau connu àPetrellasousIe nomde turbé de Balaban Paclia.

CROIA. 227

Dans sa chute, un de ses pieds est pris dans Tétrier. Sa jument s'enfuit folle vers Pétrella, vers l'armée qu'il commandait.

Les gens de Croïa ont fait un brancard pour porter leur chef; la route était longue, ils s'arrêtent au pied de la montagne de Kras ta*, pour reprendre haleine.

La mort, elle, ne s'arrête point.

Il ne reverra plus sa ville natale ThanosThopia, il ne fera pas d'adieux à sa famille assemblée autour de lui.

Il souffre atrocement, car le fer qui l'a frappé [était empoisonné ; il appelle son fils Jean et lui dit :

« Je suis ton père et ton prince, je ne puis supporter davantage les douleurs qui me déchirent, je t'ordonne de me tuer ; si j'en avais laforce, je serais déjà délivré. »

Son fils et sujet lui obéit en pleurant, il lui perce le cœur de son poignard.

La mort de son chef a mis l'armée turque en fureur, elle reprend ses armes et se précipite vers Croïa ; en môme temps que les chrétiens elle y arrive.

C'est en vain que Jean Thopia et ses compagnons s'efforcent de leur en fermer la porte, en vain ils se défendent, harcelés par le flot de leurs ennemis toujours montant, sans cesse renouvelé, ils sont engloutis et broyés, leurs corps n'ont plus forme humaine^.

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