COPIE D'UN MÉMOIRE
PRÉSENTÉ AU «Ql EN i77i,
P4II M. LE G0SI1>E DE CaOIXMARE^
Écuyer conwr^^dant la fetite écurie ^ j9. M,
Le nombre des chassears devient teHeipeAt «on* sidérabie, que la petite écurie du Roi ne sera pas sufBante pour fournir des carrosses à toutes lespetsonnes qui se présentent pour avoir l'honneur de suivre Sa Majesté; cliaque jour de chasse, il y a de quarante à cinquante courtisans, et quelquefois bien davantage ( samedi 23 février 477'! , il 8*est présenté soixante-huit chasseurs).
Les Princes se promènent tous les jours : Mesdames de France sortent souvent, et it faut encore donner des chevaux à Madame la Dauphine lors* qu'elle veut chasser accompagnée de ses Dames el de sa maison.
S'il ne paraît pas convenable d'augmenter encore la petite écurie, qui est déjà très-considérable, qui est d'une grande dépense et qqi le deviendra davantage encore lorsque l'éducation de Monseigneur le Comte d'Artois va se trouver finie , et que ce jeune Prince voudra chasser accompagné de ses principaux officiers.
Si Ton fixe le nombre des carrosses, les chasseurs qui n'en sont pas moins nombreux se mettent le double de ce que lesdites voitures peuvent contenir, au risque de les briser et de s'estropier eux-mêmes, et si Ton ose le dire, c'est quelquefois d'une façon qui n'est pas décente, car ils se mettent parfois dixhuit ou vingt dans une seule gondole.
Si Sa Majesté était dans l'intention de donner des ordres qui pussent arrêter cette foule qui s'augmente et qui tend à s'augmenter de jour en jour, peut-être le meilleur moyen serait-il que le Roi ne permit de monter habituellement dans ses voitures qu'aux personnes qui composent la Cour soit par les grands titres , soit par les décorations et par les charges éminen tes. Mais comme la bonne et ancienne Noblesse du royaume désire se faire connaître de Sa Majesté, ceux qui seraient présentés pourraient avoir permission de faire leur cour à la chasse, sans que le Roi fût dans le c^s de les faire porter au rendez-vous. Sa Majesté pourrait néanmoins consentir à.ce qu'ils montassent uqefois seulement dans ses voitures, aGn qu'ils pussent jouir dudit honneur accordé jusqu'à présent a la Noblesse française.