GARDIEN
A Coutbon^ peut-être
CARRA
Couthon que la prévoyante nature a sagement privé de ses facultés locomotives pour restreindre ses moyens de nuisibiiité?...
OERSOTINÉ.
Marat ne réclamera pas, messieurs. Il a pris le môme parti que' Vespasien. U est devenu dieu.
nuGos.
Oublions ces malheureux pour ne nous occuper que de la patrie et de nos amis?
LB DBRNIBR BANOUBt SES GlRONOmS. I9i
Et au iiièiiie instant vingt noms honorés qui ne parviendront pas tous à la postérité avec la môme illustration^ mais qui étoient «lors Tamour et l'espérance des gens de bieo^ s'échangeoient sur toutes les bouches. C'éfoient Tîltar, Vîennet, Ma«uyer, Laiirençot, Wandelaîncoor^ Sff^uin, Noël;, ilarinant, Quirot^ Cascnave, l»oissy-d'An- {i^ï'àSj Lanjiîinais^ Daunou, Pontéconlant, Larivirrt\ C'é- 4oit Jean de Bry qui exerçoit sur le grand nombre les plus vives sympfthies^ jenne et ardent comme les ardents et les jennesj puissant par la parole comme les orateurs, riche des acquisitions de Pesprit comme les savants^ pénétré déjà de haiiU s idées morales et religieuses connin) les sages. Les proscrits surtout occnpoîent toutes les pensées, comme s'il n'y avoit eu de souiiraiices et de périls que pour eux. Où sont-ils? que font-ils 1 que deviendront-ils? -•-'Ces questions se croisoient, se confondoient, serépétoient de tous les cûtés^ avec un intérêt d'émotion qui s'augmentoit des moindres incertitudes.
— Faut-il le demander? répondit Gensonné, de ce ton de sensibilité morose et de douce ironie qui étoit, ains' que nous le disions tout-à-Pheure, le trait principal de son esprit. — Échappés depuis cinq mois aux fnreurs de la Montagne, ils ont cherché long-temps à la suite de Gua- ' det (XV) — puisse la mort épargner un si vijîoureux défenseur à la liberté! — ils ont trouvé sans doute quelque asile inviolable où ils attendent en paix le jour d'assister glorieusement au triomphe de la raison et des bonnes lois sur une foetico en délire. L'enfer même leur en auroit servi, si le voyage d'Orphée pouvoH se renouveler dans le monde prosaïque des jacobins, car la lyre d'Orphée, Girey-Dupré nous Ta dit en vers, a passé entre ses mains. — Là, dans une profonde sécurité sur leur sort, et peut-être sur le nôtre, il est aisé de deviner comment ils remplissent leur temps. Je crois, en vârité, que je les vois. Salles, refît et repolit cette éternelle frnî?édie qui doit incessammeut détrôner Voltaire. Darbaioux, achève de
Uigiiizeo by LiOOgle
192 SOUVENIRS DB Uk RÉVOLDTIOll.
rimer un conte badin^ dont les damos n'avoueront pas la lecture, ou bien, rHercule de la révolution, vaiîicu par un nouvel amour^ tile aux pieds d'une autre Omphale qui le cache dans son boudoir. Valady^ frissonne au seul nom de réchafaud qu'il ambitionnoit comme le terme le plas glorieux d'une honorable vie, et se plaint, dans sa timidité ingénue, de ne pouvoir iiuir ses jours au fond de quoique raodestt? solitude, pareille à celle du vieillard de Virgile. N'entendez-vous pas Louvet, modulant sur tous les tons de sa prose cadencée, un peu froide, à mon avis quand elle n'est pas libertine^ de tendres invocations à la massive Iris qu'il a baptisée du nom sarmate de Lodoîskat Buzot^ plus enorgueilli qu'il ne le pense lui-niénie do la royauté imaginaire que lui ont conférée nos ennemis, déclame d'une voix imposante, ou gourmande les esprits irrésolus avec une rigueur impériale. Pétion^ fier de ses beaux cheveux blanchis avant TAge^ prêche avec la gravité du patriarche ou la solennité du pontife. Cussy, tempête contre sa goutte, et s'en console en buvant plus sec qu'il ne convient à son régime (XV)
— Je bois à tous, et à chacun d eux en particulier^ dit Hainvielle en multipliant les rouges-bords.
— Jeboisàleur avenu* etàcelui delà France^ dit Duoos.
— Je bois à la République une, indivisible et impérissable, dit Boileau.
VERGNIAUD
Être de raison! puérile chimère, homie à bercer tout au plus désormais l'imagination d'un enthousiaste à la robe juvénile ! Rappeles-vousces mots de Barbaroux ; « Si j'a- « vois à recommencer ma vie^ je la consacierois tout en- « tière 9ux nobles études qui élèvent la pensée de l'homme « de bien au-dessus de la terre, et je ne lu aviserois jamais a de vouloir conduire à la liberté un peuple sans niœurs. « Cette foule furieuse n'est pas plus digne d'un gouver-. « nement philosophique que les lazzaroni de Naples et les « anthropophages du Mouveau-Monde (XVJ)« » — Barba-
LE DERNIER BANQUET DL5 GIRONDINS. ItS
roux disoit vrai* U falloit fonder sur une terre cachée aux scélérats la république idéale de Roland. Les vrais sages
rêvent drs législations avec Platon et des utopies avec Thomas Morus. Ils n'essaient pas de les réaliser.
Vergniaud est dccidénicnt le Jacob Dupont de la République (XYII) ; il ne croit plus à la liberté.
VERGNIAUD
Je ne crois plus k celte déosse qui vient au milieu des hommes les mains pleines de bienfaits, mais à cette turie qui les enivre et qui les dévore. L'appelez-vous la liberté? Quand les nations reconnurent d!un commun accord la divinité du soleil^ il n'étoit pas couvert du voile sanglant des orages.
FOrSFRÈDB.
0 Vergniaud ! notre égalité ^iale^ qui est écrite dans la nature^ ne seroit aussi qu'un vain mot !
VERGNIAUD
Procuste avoit un lit de fer à la mesure duquel il assujettissoit tous les voyageurs, en disloquant les plus petits, en mutilant les plus grands. Ce tyran croyoit comprendre fort bien Pégalité.
DRISSOT.
Elle peut s'établir Graduellement chez un peuple nouveau^ ou renouvelé^ comme en l'ont les révolutions et les transmigrations; cbes un peuple où tout le monde est également intéressé à Rétablissement et au progrès de linstîtution qui est la sauvegarde de tous^ parce que le mouvement des choses humaines Ta ramené des erreurs de la civilisation à l innocence des tribus primitives; — chez un peuple de frères.
ybugniaud.
Qu(^lle fraternité, grand Dieu, que celle d'Abel et do Gain!
U il
CAKRiV.
Je crois^ — moi^ comme il est de Tintime essence des choses qui vivent^ et mémo de l'essence des choses qu'abusivement on croit mortes, de parvenir de modification
en modification, ou si vous voulez de fornie rn forme, à Icwr apogée possible de développement, — je nrois. disje, que les sociétés actuelles tendent naturellement de toutes leurs forces motrices^ et aussi en raison de quelque puissance incidente que je n'ai pas encore suffisamment examinée^ à Rétablissement définitif de la République*
BRlSâOT*
Moi^ j'ai vu de prèa les malheurs des peuples^ les vices des législations, et Tincurable démence des rois.
Je crois, en mon âme et conscience, que la révolution triuiiipheia.
VfiRQNIAUDé
La révolution est comme Saturne. Elle dévorera tous ses enfants (XYIU).
BRISSOT
Je lui adivsserai en mourant un adieu de -regret et
d^espérance !
VERGNIAtJD.
£t moi aussi, je lui adresserai un adieu, Tadieu du gladiateur vaincu : Tymn avet^le ét féroce, les mourants te saluent ! — Mais de la révolution sublime que ttla pensée s'étoit faite, j'eti emporterai le deuil dans mdll coeur,
comme Mirabeau celui de la launarchie (XIX)*
ilRlSSOT«
Ta misanthropie est justifiée par des criiuijs ([ui ne me font [)as inoins horreur qu'à toi, niais elle t'entraîne trop loin. Ton expérience tardive s'est formée dans des jours de désolation et de douleur. Yergniaud mourant n'a vu • que le berceau d'Hercule*
Digitizod by L^^jy
, us mHIBH BAHQUBT DIS fimORDIllS. |f I
YEtGniADll*
Hercule aa bmean étouffoit des serpents. H n'en vomis-
soit pas.
BBISSOT.
Je te parle avec cette connoissance plus calme et pliis approfondie des hommes et des événements que Tâge^ la méditation et les voyages m'ont donnée. J'ai visité des
nations innocentes dans leurs mœurs, siniples tlans leurs besoins, modérées dans leurs ambitions, et par conséquent heureuses de tout le bonheur que peuvent procurer la modération, la simplicité, l'innocence. J'ai compris alors que lliabitude des bonnes institutions fait les bonnes sociétés, et que cette habitude se contracte vite, car celleslà comme celle que nous nous proposions de fonder sortoient à peine d'une révolution qui avoit éclaté et s'étoit accomplie en peu d'années sous nos yeux. Moïse lui-même disparut dans ime tempête, et la législation de flioïse a traversé les siècles.
FÂoeniT.
Cette tempête venoit du ciel, et les vôtres viennent des abîmes.
VERGNIAUD
Bien, Fauchet! ne Justifions pas nos erreurs par des comparaisons forcées. La décrépitude n^en faute plus. On ne lait pas de jeunes institutions avec de vieux peuples.
saissoT*
C'est un vieux peuple que les colonies américaines. Leur civili«>ation est née de la «utre.
TERGHIAUD.
Et assez péniblement pour que tous les Ages s'en souviennent. Elle a coûté la vie à sa mère.
J'opine que sll est une claire, palpable et irrésistible
réponse, une évidente et iixelragable solution au para-
iu mmtnm os la KÉvôLDtKm.
doxe sceptique de Vergniaud, c'est celle qui résulte ostonsîtdement de la révoluâon d'Amérique^ révolution phénoménale^ j'en conviens^ maïs expérimentale et complète,
VERGMAUD*
Je vous proteste, savant Carra, que vingt adjectifs à
votre choix, placés, selon votre usage, au-devant de cette démonstration, no me déniontroroient rien de plus. Mes opinions sont arrêtées sur tout ce qui appartient à yintelligence bornée de Thomme. Nous saurons le reste demain.
CABBA.
11 est pourtant positif, incontestable^ universellement rc connu*. •
VSB6THAUD.
Que les nations ont leurs mœurs, les temps leurs besoins,, les législations leurs antécédents nécessaires — passez-moi cette mauvaise expression, -— et que toute organisation politique se compose de ces éléments. Bris* sot, qu'une instruction si vaste et si variée a initié aux secrets les plus relevés des polices humaines, n'a cessé de nous présenter pour exemple cette constitution atlantique, b(j]ino peut-être aux peuples qui se la sont faite, mais qui n'est pas plus applicable à notre monde usé que les cultures de TAmérique à nos froides régions et à notre sol appauvri. Nous auriez-vous donné un jour, A mon cher Brissot, les végétaux des tropiques, avec les ravissantes harmonies de leur terre natale, la chaleur vivifiante de leur ciel, TéncTgie de leurs saveurs et de leurs parfums? La question se renferme dans ce mystère. — UiA'est-ce, d'ailleurs, qu'un peuple colon? Une famille adulte, une société de jumeaux majeurs et émancipés, qui ont reçu d'une éducation uniforme des facultés presque toutes pareilles entre elles; un état de convention qui n'a de but que sa durée, de gloire que son indepc iidance, de liens que ses intérêts* Jeté simultanément dans un monde
Digitizod by
LB DtKNin BANQUBT BBS GIBONBINS. t97
d'exil^ œ peuple y arrive en voyageur^ et s'y impose facilement un contrat qui n'est que Texpression des garanties matérielles de sa oonservation^ que la condition de
cette existence relative dont le type nVst gravé nulle part dans la dt stination de l'hoiiuiie ; parte viager qui lie à peine quelques générations^ qui n'euiprunterienaupassé, qtii ne doit rien à Tavenir^ parce qu'il n'y a ni passé ni avenir pour une nation d'un jour à laquelle le présent lui-même n'appartient que par hasard, car c'est au hasard qu'elle doit jusqu'à l'air qu'elle respire, et jusqu'à la hiiDière qui l'éclairé. Il n'y a point de loi fondamentale, il II y a point de religion politique pour une civilisation expatriée^ car il n'y en a point sans patrie : il n'y a point de patrie dans le lieu ou nos mères n'ont pas révé le berceau de leurs enfants^ où nos enfants ne peuvent pas semer des fleurs sur le tombeau d'un aïeul. Le Scythe qui répondit à l'étranger : « Dirai-je aux ossements de nos « pères de se lever et de marcher avec nous? » définit très-bien la patrie. La patrie de l'homme naturel n'est pas aussi large qu'on llmagme. S'il a tracé un sillon^ s'il a bÀti une étable, s'il a planté un arbre et logé une femme, s'il a nourri un enfant entre la chaumière où il a été allaité, et le cimetière où il a suivi le convoi de son père, voilà la patrie. — La roiistitution passagère d'une caravane organisée en peuple est un beau modèle à proposer aux Arabes nomades et aux aventuriers bohémiens, il faut d'autres bases aux législateurs du vieux monde. — Quand la statue de Pygmalion fut animée d'un souffle de Vénus, les hommes tombèrent à ses pieds et reconnurent qu'elle étoit belle ; mais Rousseau même ne lui a prêté que le sentiment confus d'une personnalité stérile. Aucun sein ne l'avoit portée^ aucun regard ami n'avoit épié l'essai de ses premiers pas; aucune oreille n'avmtété réjouie du bruit si vague et si doux de ses premiers bégaiements; jamais ses doigts n'avoient joué dans des du veux blancs; jamais so^ cœui- iuquiet et curieux n'avoit palpité sur un
198 SOUVENinS DE LA RÉVOLUTION*
eœar. Fantaisie ingénieuse de l'art, un moment vivifiée
par le feu de la nature^ mais innocente par ignorance et non par pudeur, dépourvue de 1 instinct de Taniour par lequel on est aimé^ incapable de connoltre le bloc même dont ella est sortie} toute ¥ivante> elle touche de toutes parts au néant, et la mythologie l'a si bien senti qu'elle n'a pas daigné la rendre mère. Vos républiques améiricaines ressenihh nt beaucoup à cette statue. — Bernardin de Saint-Piorre parle dans son Voyage h Vile Bourbon d'une plante qu'il a remarquée au cap de Bonne-E^pérance, et qui développe sur la verdure une fleur éclatante mais fragile que nulle tige ne parotilier à la terre^ et que le moindre souffle flétrit. Vos républiques américaines ressemblent beaucoup à cette fleur. — Quand Moïse, dont vous parliez tout-à-Fheure, conduisit son peuple à la terre da Chanaan^ il ne se contenta pas de lui dire : Je vous mène dans une contrée favorisée du Seigneur^ où coulent des rmsfteàux de lait et de miel ; il lui dit : Je vous pro* mets une terre qui a été promise à vos ancêtres, et que Dieu a marquée pour le patrimoine d'Tsraê^l.
Je comprendrois, quoique avec peine, qu'on refit une civilisation dans notre Gaule celtique avec les souvenirs des druides* On n'en fondera point sur des idées purement morales. Telle est la destinée de Thomme. La divi^ nité qui préside aux créations sociales, ce n'est ni la doctrine du philosophe, ni Texpérience du légiste; c'est ia nympbe du poète et la fée du romancier. La sagesse de Numan'auroitpu se passevd'Egérie. — Venus à la fin d'une société^ nous nous sommes follement épris de nos œuvres, eii voyant s'entasser derrière nous des raines sur des ruinds, mais nous n avons rien construit, et Fiiuchet vous en dira la raison, selon les termes de sa foi, qui est une des mille expressions de l'éternelle vérité, si elle n'est pas la meilleure : c'est que le gvand inconnu qui a tout fait de rien n'étoit pas avec nous, et que le miracle d'une création soumise aux lots de la parole ne se renouveHera
plus. — Mon cœur étoit las eomine le vôtre des longues erreurs de tant de générations abruties^ et des longs malheurs de tant de générations esclaves. Comme le vôtre, il a amliitiomié dans son aveup^lement des améliorations impossibles qui ont déjà coûté trop de larmes et trop de sang au genre humain. Le$ amants de Pénélope n'Ait pas été trompés plus amèrement que ceux de la liberté. L'in* telligence des nations a des nuits profondes qui détruisent l'ouvrage de ses jours. Tant qu'un siècle léguera au siècle qui le suit une page de l'histoire, une tradition, un monument^ il ne sera pas permis de rien édifier. Pour la société, comme pour l'homme qui a vu beaucoup d'années» il n'y a de nouveau que la mort, lies PéliadeS; qui égorgèrent leur vieux père pour le rajeunir, étoient d'habiles répulilieaines. Elles savoient le secret des révolutions. A la naissance d'un jxniple, le ^acrilice d'un homme est quelque chose; mais quand ce peuple a vieilli, le gouffre de Curtius ne se referme que sur le peuple tout entier (XX),
BBISSOT.
Quel jour ab-tu iittewtiii pour nous dévoiler cette ymsée ^tlrayante î
VEHGNIAUP.
Sm^i^ à quel jour Brqtus étoit ^rivé, quand U s'aperçut que vertu n'étoit qu'un nom?
GENSONNÉ
Est-ce à cela que se bornent les révélations de ton esprit familier? Gracchus égorgé dans le bois sacré jeta de la poussière vers le ciel^ et de cette poussière naquit liarius qui écrasa l'orgueil des patriciens. Vergniaud, nous avons un lendemain !...
— Je le sai» bieUj dit MHii^vi^Ue, un leadam^ia qui a eu aura plua.
Des républiques qui bâtissent la monarchie; des monar'* c|iies qui bfttissent la république } et la chaoa après.
BRISSOT
La monarchiô aogloise n'est pas le chaos; elle préside encore à la civilisation des deux mondes.
YERGNIAUD.
F^a monarchie angloise est d'hier; quand elle est née d'ailieiirs, les éclairs du mont Sinaï n'étoient pas éteints. Ouvre les pages de cette histoire, tu y trouveras partout , les traditions de TÉcriture plus vivantes qu'aux premiers temps de l'Église* L'esprit de leur révolution^ c'étoit Tes* prit du Dieu de la Bible. Le sceptre de l'opinion^ c'étoit la verge d'or du prophète, La constitution tomboit page à page des textes sacrés^ et les prêtres inarchoient au-devant de la nation avec le glaive du Christ et le livre de la loi. | Rends un pareil véhicule à ta république^ ou jette un lin-»
ceul sur son cadavre; il ne s^animera point. |
SliLBEY.
Observez aussi, monsieur Brissot, que ce peuple éclairé
de si hauts enseignements bravoit, par sa {losition géographique, la menace des armes et l'invasion des doctrines; il est entouré de TOcéan comme d'une ceinture. Oserionsnous opposer à un pareil état de société celui d'une nation grande et généreuse, sans doute, mais d'une nation à coutumes disparates, à limites équivoques, à mœurs indécises et mobiles?
CARRA
Wme nation hybride, hétérogène, sans autochthonéité,
sans amalg^imation, sans sympathisme?