YOKOHAMA
nous avons loué le n* 60, maison appartenant à un vieux résident hollandais. Par un heureux hasard, elle se trouvait inoccupée à notre arrivée.
Désireux de faire de notre nouvelle demeure le point de départ de toutes nos tournées et excursions futures, nous nous y sommes installés de la façon la plus confortable. En quarantehuit heures un entrepreneur anglais de la concession nous Ta meublée du haut en bas, et nous a fourni les objets les plus futiles comme ceux qui nous sont de première nécessité, depuis les ustentiles de cuisine jusqu'aux gravures décoratives. Will restera gardien de notre propriété, tandis que nous voyagerons avec un guide engagé hier. Il s'appelle Ito et parle parfaitement l'anglais. Nous possédons aussi passeports et papier-monnaie, deux choses indispensables pour qui veut aller au delà de l'espace restreint auquel les étrangers sont confinés autour des concessions, sur un rayon de dix n, soit 35 kilomètres environ.
Nulle part en dehors de ces limites, ils n'ont le droit de résider ni même de circuler. Les passeports, spéciaux et minutieusement détaillés, s'obtiennent par l'entremise des légations, sans la moindre difficulté je dois dire; mais ils sont scrupuleusement vérifiés en chemin par la police départementale, et annulés dans le plus petit cas de transgression. On nous raconte que, tout récemment encore, un voyageur allemand l'apprit à ses dépens. Dévoyé de son itinéraire, il fut arrêté, et impitoyablement reconduit par les fonctionnaires à son point de départ.
Le papier-monnaie nous encombrera moins que les rouleaux de sapeques chinoises. Mais il a son inconvénient aussi, car il est soumis aux fluctuations constantes que la Bourse japonaise de Yokohama lui fait subir. Je m'explique : tandis que le dollar mexicain ^il se négocie à 4 fr. 75 à peu près) reste la valeur monétaire dont se servent les étrangers dans leurs relations extérieures et sur leurs concessions pour toutes transactions