‹ Souvenirs de Saint Cyr et de l'École d'État-Major (volume 2)Chapitre 15 sur 28 · LA PIPE · texte numérisé non relu

LA PIPE

Le ciel est couvert de vapeurs, Le vent d'une brume légère Voile le séjour des douleurs, Cachons nos ris dans son mystère.

Sans bruit du meilleur des cailloux.

L'acier fait jaillir l'étincelle ; Allumez-vous, ô ma pipe lidele, Allumez-vous !

Déjà je vois les noirs soucis S'enfuir dans les flots de fumée; Près de moi, venez mes amis, Sentez cette feuille embaumée; Dieu des fumeurs, veillez sur nous Couvrez nos plaisirs de votre aile ; Allumez-vous, ô ma pipe fidèle, Allumez-vous !

Déjà comme le chien ardent Qu'a trompé sa proie intrépide, Je vois un cruel adjudant Courir au loin d'un œil avide ; Profitons d'un instant si doux, Quand le butin ailleurs l'appelle ; Allumez-vous, ô ma pipe fidèle, Allumez-vous !

Pourquoi vous éteindre soudain Malgré l'effort de mon haleine.

Le tabac garnit Votre sein.

Et Tair circule dans vos veines.. .

Un chef a passé près de nous, Mais puisque rien ne nous décèle, Allumez-vous, ô ma pipe fidèle, Allumez -vous 1

Vapeurs, volez, montez au ciel; A vos parfums je ne préfère Que ceux du salpêtre orageux, Fils de la gloire et de la guerre :

En attendant qu à son courroux.

J'élève une palme immortelle.

Allumez-vous, ô ma pipe fidèle, Allumez-vous !

Ciel ! L'argus revient sur ses pas...

Son regard cherche une victime... Fumée, oh ! ne t'envoie pas, Ici, ta douceur est un crime, Ton maître irait sous les verroux !

Mais déjà le tambour rappelle, Éteignez-vous, ô ma pipe fidèle, Éteignez-vous !

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