ANCIENS ÉLÈVES
DE
Quelques-uns d'entre vous, chers amis, feuilletaient naguère le journal où je recueillis, pendant le Siège et pendant la Commune, T histoire du Collège de Vaugirard. Ils y trouvèrent plus d'un touchant souvenir qu'ils voulurent sauver de l'oubli. Une souscription s" ouvrit; vous Vave% couverte. Je confie à votre amitié ces notes intimes — qui n'ont pas la prétention d'être un livre.
Paris, 5 juin 1887.
Mon Révérend Père,
Bien que vos Souvenirs de Vaugirard pendant le Siège et pendant la Commune se présentent assez bien par eux-mêmes, je vous demande la permission de faire précéder cette nouvelle édition d'un double remerciement.
Je vous remercie d'abord de n'avoir pas gardé pour vous seul ces notes intimes, écrites au jour le jour pendant cette période si douloureuse de notre histoire contemporaine.
Vous leur avez donné le titre modeste de : Souvenirs. Mais ce serait mal les apprécier que de les juger sur cette étiquette; car vos sou-
venirs sont une vraie page d'histoire, une page d'histoire qui emprunte aux événements sa poignante émotion et à votre talent le charme qui fait que la lecture s'achève alors qu'on croit l'avoir à peine commencée.
Mais aussi quel drame et quels tableaux ! La déclaration de guerre, les premiers revers, la Révolution, le Siège, le collège transformé en caserne, puis en ambulance, nos Pères allant de la classe au champ de bataille, des soldats blessés aux enfants que les parents vous donnaient avec tant de confiance et que vous gardiez avec tant d'audace ! Puis, après le Siège, la Commune, et l'odyssée du collège de Paris aux Moulineaux, des Moulineaux à Saint-Germain ! Tout cela revit sous votre plume, animée de la double inspiration du Père et du lettré.
]e vous remercie en second lieu de ne pas vous êhre contenté de l'édition de luxe, réservée