‹ Souvenirs de vingt ans de séjour à BerlinChapitre 30 sur 60 · TOME IV, LIVRE VI · texte numérisé non relu

TOME IV, LIVRE VI

Les domaines du roi sont affermés à six ans de bail : les forêts, chasses et pêches sont des objets administrés à part. A coté des baillis terriers sont les baillis de justice, qui n'ont pour honoraires que des redevances taxées au rabais.

L'histoire que Mirabeau fait de la compagnie et de la régie du tabac n'empêche pas que toute cette affaire ne soit l'œuvre de Calsabigi ; mais Mirabeau avait besoin de placer les Français et M. de Launay partout où il voyait le moyen d'accuser et de noircir, fût-ce même en calomniant.

Il est si mal instruit en beaucoup de points, qu'il remet l'accise aux Français en 1764, au lieu de 1766 ; M. Helvétius ne vint en effet à Berlin qu'en 1765, peu après moi , et n'exécuta le projet de Frédéric qu'à son retour à Paris.

11 dit que Bernard a volé la caisse : ce qui est faux; il lui adjoint un M. Morel, qu'il dit avoir été chassé, et dont je n'ai jamais entendu parler, moi qui ai tant vu Bernard et ses vrais adjoints, Lahogue, Langen, Saint-Cyr, etc.

Mirabeau parle et décide de la manière la plus tranchante sur la petite bière ou caffinte, sans avoir même daigné apprendre ce que c'est.

11 paraît attribuer à M. de Launay les quatre cent quatrevingt-dix articles prohibés dont il parle; tandis que M. de Launay, dont l'administration avait beaucoup à souffrir, sous tous les rapports possibles, de ces prohibitions, n'a jamais cessé de s'en plaindre et de les combattre.

MIKABEAL'.

Il arbitre très-ridiculement à quarante- deux millions les faux frais et autres pertes causées par les contrebandiers, qu il apj>elle le peuple. Ici et en plusieurs autres articles il n'est que I echo-machine de quelques marchands du pays.

11 a raison quand il dit que les accises occupaient cinq mille employés , dont environ quinze cents Français ; mais il devait ajouter que les trois mille cinq cents non Français étaient, pour la plupart, des invalides, à qui, de cette sorte, l'on faisait un sort à la décharge du gouvernement ; et que ces Français furent successivement remplacés par des Prussiens , à mesure que les premiers eurent monté et organisé un nouveau service , et se furent créé des successeurs.

En faisant allusion au goût de Frédéric pour les fruits, et à son tempérament frileux, Mirabeau disait , « Sa vraie vocation eût été d'être espalier.

En 1772, les villes de la Marche électorale lui offrirent cent mille écus qui leur restaient des sommes levées sur les dépenses municipales : le roi accepta cette somme , y joignit une somme égale , plaça le tout à quatre pour cent , et fonda de nouvelles écoles sur ce fonds : est-ce là avidité , avarice et pressurage?

Il rapporte un mot de Frédéric qui disait : « Si j'avais été « guerrier, j'aurais voulu conquérir le royaume de INaples. « Voilà bien son goût pour les climats chauds, avec l'espoir de régénérer une nation.

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