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En général, Herman Kanzler est le vrai modèle du soldat. Après la prise de Rome, en 1870, notre général, qui affectionnait sincèrement le Pape, aima mieux rester au Vatican que de retourner dans sa famille. Il est encore auprès de Léon XIIL.
De Courten.-—M.de Courten, général de brigade, est suisse de naissance. Ses qualités principales sont une grande bravoure,une prudence consommée et une courtoisie sans borne.
Tous ceux qui ont lu l'histoire de France, se rappellent sans doute que, sous le règne de Louis XV, ilexistait un régiment de Suisses appelé de Courten. On comptait dans ce régiment trentecinq de Courten, dont vingt-deux ctaient officiers.
Un jour, Louis XV passait ce régiment en revue. Il fut telliment frappé du port noble ct de l'allure martiale de ces soldats, qu'il ne pût s'empècher de dire en riant au colonel: “ Nous irions loin avec ces gaillards-là ” !
Le colonel de Courten lui répondit: ‘“ Sire,
peut-être plus loin que nous ne voudrions. ” Le père de Courten—c'est ainsi qu'on désignait généralement le colonel de ce régiment—était décoré de la croix de Saint-Louis ; il comptait trente-deux ans de service, il avait fait dix-sept campagnes et avait reçu quatorze blessures,
Notre général de brigade, M. de Courten, descend de cette illustre famille ; c’est tout dire. ‘1 |! Colonel Allet.—Tout le régiment des zouaves I pontificaux avaient décerné à notre colonel le titre | de papa ; et certes! il le méritait bien ; car jamais père n'aima plus ses enfants. Plusieurs fois, on lui avait offert le grade de général de brigade ; mais il avait toujours décliné cet honneur en disant : “Je demande qu'on me laisse à la tête de mon
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régiment ; il y a beaucoup de généraux, mais il y a peu de colonels des zouaves pontificaux. ”
1e colonel Allet ctait courtois, brave, et se faisait remarquer surtout par un grand sang-froid ;
je vous ai donné une preuve de cette dernière
’ qualité en faisant le récit de la bataille de Men-
| tana.
El. .. Allet a passé plus de vingt ans à défendre le ä| ï Saint-Siége, et pendant tout ce laps de temps, il n'a cessé d'entretenir les meilleurs rapports avec ses inférieurs. Hors du service militaire, il se faisait
[e | un plaisir de causer avec le simple soldat. 4
Notre colonel était un parfait chrétien. Il savait braver le respect humain. Daus toutes les retraites qui se faisaient, chaque année, à l'occa- # sion de la communion pascale, on le voyait prendre place le premier à la Sainte-Table. é
Notre papa n'aimait pas à sortir dans le grand
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monde. Quand les convenances le forçaient à figurer dans la haute société, il ne le faisait qu'à Contre-cœur ; et alors, lui si brave, il paraissait timide et gardait presque toujours le ‘silence.
Un jour, on lui demanda, dans un salon, de vouloir bien raconter la bataille de Mentana, où les zouaves s'étaient immortalisés. Il se fit prier pendant longtemps, car il était humble. Mais à la fin, il céda aux instances réitérées. “ Oh mon Dieu ! dit-il, c'est bien simple et bien court : la colonne défilait par la voie Nomentanx, j'étais en arrière avec l'état-major : à cinq ou six kilomètres de Mentana, on entendit commencer la fusillade, et en quelques minutes le feu devint des mieux nourris ; Je piquai de l'éperon pour voir où en étaient les Zouaves ; déjà ils étaient tous lancés, éparpillés par les vignes et jouant de la baïonnette comme de bons enfants.” Et puis ? Et puis . .,. mon Dieu ! ils sont revenus le soir se ranger autour de leur drapeau, et ils avaient remporté la victoire, ”
el est l’homme que les zouaves avaient À leur tête.
Après l'invasion des Etats de l'Eglise, le colonel Allet est retourné à son château en Suisse, où il est mort subitement quelques années plus tard. | Athanase de Charette. Le baron de Charette était lieutenant-colonel du régiment des zouaves.
C'est le type du parfait gentilhomme.
Quant à sa bravoure,elle est devenue proverbiale. On disait dans le régiment : “ Brave comme de Charette.” Dans tous les combats auxquels il à assisté, il s'est conduit comme un véritable lion. Quand il s'apercevait que les zouaves semblaient perdre courage-—ils ne l'ont jamais perdu-—il s'écriait: “En avant, les zouaves, ou je me fais tuer sans vous.”
Le baron de Charette est le neveu du célèbre général qui fut fusillé pendant la guerre de Vendée. Il a cinq frères, et tous ont servi dans l'armée du Saint-Père ; ce sont: MM. Urbain, Ferdinand, Alain, Louis et Armand. Ce dernier, filleul et héritier de feue la duchesse de Narbonne-Pelet, est quatre fois millionnaire. Il servait dans ma compagnie comme simple soldat.
Le lieutenant-colonel de Charette, âgé à cette époque d'environ quarante ans, était veuf de Dlle Antoinette Fitzjames, sœur du duc de Fitzjames et de la duchesse Salviati-Borghèse. Aujourd'hui, le baron de Charette est général dans l’armée française. C'est un royaliste pur sang.
Je donne ci-après les noms de tous les officiers des zouaves pontificaux. Le public pourra se convaincre, à la simple lecture, si l'armée du Pape était composée de mercénaires.
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