LES TENTATIVES DU COMTE DE BEUST
prit pour faire face aux complications qui le menacent de toutes parts. C'est surtout du côté de Berlin que se concentrent tous les efforts de sa diplomatie ; il voudrait à tout prix faire oublier à M. de Bismarck les vieux ressentiments qu'il lui inspire, et, pour se réconcilier avec lui, il irait, dit-on, jusqu'à prêcher la conciliation au cabinet de Munich; il renierait les liens étroits qui l'attachaient à la France et les promesses qu'il nous faisait, alors qu'il espérait encore dans le succès de nos armes ; il protesterait de ses sentiments allemands et énumérerait avec complaisance tous les services qu'il a rendus # à la Prusse, en observant une neutralité des plus sévères; il exploiterait enfin notre révolution et ferait dire à ses journaux, en réponse aux articles réactionnaires de la Gazette de la Croix, qu'en vue d'une réconciliation, il ne serait pas éloigné de sacrifier la politique libérale inaugurée en 1866 pour s'associer étroitement à la Prusse, et concourir avec elle à la défense des intérêts monarchiques et conservateurs en Europe. Celte attitude ne laisse pas que de flatter la vanité prussienne; mais, s'il faut en croire les correspondances de Berlin, elle n'in-