‹ Souvenirs diplomatiquesChapitre 68 sur 198 · LES SENTIMENTS DE L'ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

LES SENTIMENTS DE L'ALLEMAGNE

11 Octobre 1870

L'Allemagne est dans une fiévreuse mais joyeuse attente. Elle est convaincue que le dénouement approche, que Paris, réduit à toute extrémité par la faim et par les obus, sera forcé avant peu de se rendre à discrétion. Les correspondances du quartier général disent que les canons Krupp feront merveille, que leur tir savamment combiné portera l'incendie et la dévastation jusqu'au cœur de la ville. Toutes les prévisions des étatsmajors se trouveraient de la sorte justifiées. Déjà ils avaient victorieusement et mathématiquement résolu le problème de la mobilisation instantanée et celui de l'investissement hermétique. Leur gloire sera sans égale, lorsque Paris sera réduit en cendres. C'est ainsi que l'Allemagne justifie la supériorité morale et intellectuelle que revendiquent ses professeurs.

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