LA RESPONSABILITÉ DE LA GUERRE
au lendemain de ses entre liens avec M. Jules Favre, sur ses sentiments conciliants, que tout le monde en est arrivé à nous rendre responsables de la continuation de la lutte. En Suisse, même dans les cantons où notre cause éveille les sympathies les moins équivoques, on en est à regretter que le gouvernement de la Défense nationale ait refusé les conditions de l'armistice. Nous ne saurions nous étonner de ces méprises. M. de Bismarck s'est, de longue date, en vue de la guerre et de la réalisation de ses desseins, assuré le concours des organes les plus importants de la publicité en Europe; il peut à son aise dénaturer les faits et diriger, suivant ses convenances, le mouvement des esprits.
La presse officieuse se donne en ce moment beaucoup de mal pour calmer les inquiétudes qui se manifestent en Allemagne au sujet de la durée et des résultats du siège. Elle prétend que les pièces d'artillerie dont il sera fait usage ont une telle portée, que les projectiles atteindront indubitablement le centre de la ville et précipiteront par leurs effets destructeurs la capitulation. Les correspondances militaires expriment la même confiance. En Suisse, par contre, les