‹ Souvenirs du baron HüeChapitre 69 sur 83 · CRU Y DE TOURZEL · texte numérisé non relu

CRU Y DE TOURZEL

Je demande pardon à M. Hiie de ma petite obseiTation d'hier. J'ai vu aujourd'hui un autre article où mon fils n'avait pas été oublié et je m'empresse à réparer une erreur qui aurait affligé un aussi bon cœur que le sien si elle avait existé dans un ouvrage fait pour consacrer le dévouement des fidèles serviteurs de notre bon Roi. Je lui renouvelle, etc.

CRU Y d'havre, marquise de tourzel.

Lettre de M. de Fontnnes.

Paris, 30 novembre 1814.

J'aurais prévenu, Monsieur, le désir que vous me faites l'honneur de m'exprimer. Je ne connais rien de plus propre à former l'àmc de la jeunesse que le récit touchant des vertus et des malheurs de Louis XVI. Ce sera donc

avec un véritable empressement que je mettrai entre les mains Je nos élèves les mémoires dont vous avez bien voulu m'adresser un exemplaire. Ils y puiseront l'amour de la Religion et du lloi et trouveront dans l'auteur même qui les publie le modèle de la fidélité qu'ils doivent tous au Prince.

Je vais inviter MM. les recteurs des Académies à comprendre ces mémoires parmi les ouvrages qui doivent être distribués en prix dans tous les lycées et les collèges de l'Université.

Recevez, Monsieur, l'assurance de ma considération la plus distinguée.

FÛNTANES '.

Toutes les lettres de M. Hiie lors de la publication de son ouvrage ne sont point lettres de louanges. Quelques-unes contiennent de douloureuses récriminations. M. Hue a oublié des faits mémorables! M. Hiie n"a pas nommé tout le monde! Et on ne lui ménage point les hyperboles pour le ramener à des sentiments meilleurs. Citons comme exemple cette lettre curieuse et touchante de la Maréchale de Rochambeau -.

1. A ces lettres adressées à Hiie sont jointes une quantité d'autres de Royer-CoUard, Villenave, du cardinal de Bausset, etc., une lettre du vicomte de Rivarol, frère du fameux écrivain, qui se plaint de n'avoir pas vu nommer dans les Dernières années de Louis AT/ .. le comte de Rivarol «jui fut le seul écrivain osant au commencement de la Révolution défendre le Roi! » enfin une correspondance de MM. de Tilly, de Clermont-Gallerande, des députés Cahier et Feydel formant un véritable dossier sur la Révolution.

2. Il s'agit ici de la veuve de Jean-Iiaptiste-Donalicn de Vimeur, comte de Rochambeau, gonvorneur d'Artois et de Picardie, maréchal en 1791, le fameux héros des guerres d'Amérique, condamné à mort pendant la Terreur, sauvé par la chute de Robespierre, mort en 1807.

A Rochambeau, par Vendôme.

Vous, Monsieur, qui êtes si parfaitement bon, vous voudrez bien me permettre sans rancune de vous exposer une erreur que je viens de trouver à la page 79 du livre Dernières années de Louis XVI qui pèse infiniment sur mon cœur et qui ne rend pas justice aux sentimens, au respect et à la reconnaissance et à l'attachement que feu mon époux et moi ont toujours conservé pour toute la famille royale dont voici la preuve. Louis XVI fit appeler trois fois aux tuilleries mon époux pour le nommer commandant de l'armée du nord. Sur ses refus et représentation que le maréchal de Broglie étoit plus capable que lui, il eut la bonté de le prendre par le bras, de le lui serrer et lui dit : je ne connais personne en qui j'ai plus de confiance. Ce mot exprimé avec tant de bonté lui rappela toutes les obligations de respect pour obéir, il revint chez lui et me dit, ma tète répond de cet ordre et je me soumets à tout. Vous savez, Monsieur, que six mois après, il fut heureusement rappelé et remplacé par Lakener et nous partîmes tout de suite pour venir et rester ici. Louis XVI a eu la bonté de faire copie sur les originaux qu'il avoit dans son cabinet deux superbes tableaux, l'un de la prise de l'armée angloise dans l'Amérique septentrionale qu'il coramandoit et le second la prise d'Yorcktown * que le roi Louis XVI eut la très grande bonté de lui envoyer avec un médaillon oià est écrit : « Donné par Louis XVI à M. le comte de Rochambeau » et après cela, toujours par cette même bonté, maréchal de France, j'ai eu le bonheur de les conservé en les cachant soigneusement; mon époux et moi depuis sa démission de l'armée du nord nous n'avons (pas) quitté Rochambeau. Je comprends dans cet espase neuf mois d'emprisonnement que M. de Rochambeau a passé à la consiergeric, menacé

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