VOYAGE DANS LES CALÀBRES
leurs témoignages de dévouement au nouveau souverain. Des populations entières, précédées de leurs prêtres, venaient au-devant de nous : plusieurs , portant des couronnes d'épines en signe de repentir, se frappaient rudement la poitrine et nous accompagnaient, ou plutôt nous entraînaient à l'église au milieu des plus vives acclamations : je ne ferai donc point une nouvelle description de ces âpres contrées qui sont la continuation de la grande chaîne des Apennins, ni des belles vallées qu'elles renferment. Nous suivîmes d'abord la belle route construite sous le règne de Charles III, qui se terminait à Lago-Negro, et qui depuis a été continuée jusqu'à l'extrémité de la Calabre ultérieure* Notre premier séjour fut à Cassano, petite ville bâtie sur le sol même de l'ancienne Sybaris. Nous allâmes de là à Cosehza, capitale de la Calabre citérieure, où le prince Joseph fut reçu comme un libérateur. Nous nous engageâmes ensuite dans les défilés qui se trouvent entre la montagne et la grande forêt de la Sila, et le littoral que bordent lès escarpements des contre-forts qui se rattachent aux plus hautes sommités. Nous ne rencontrantes aucun obstacle sérieux, les bandes de brigands dispersées se cachaient ou fuyaient devant nous. En descendant du mont Mileto sur la plage, nous avions sous les
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yeux le magnifique tableau des côtes de Sicile , couronnées par le gigantesque volcan de l'Etna. Nous arrivâmes ainsi jusqu'au fort de Sila sur le détroit et en face de Messine , inquiétés seulement par le feu de quelques chaloupes canonnières anglaises, lorsque la seule route praticable nous forçait de nous rapprocher du rivage*
Le prince Joseph reçut à Sila le décret impérial qui l'élevait au trône des Deux-Siciles, et fut pour la première fois salué roi par Le général Reynier et ses troupes, qui nous reçurent à Sila- Nous allâmes à Reggio, d'où les acclamations des habitants, le canon de réjouissance, les illuminations pouvaient être entendus et vus du port de Messine.
Jusque-là, nous n'avions presque pas quitté le littoral de la mer Tyrrhénienne , et nous suivîmes ensuite , en partant du cap de Spartiventi , extrémité de la Calabre ultérieure, le rivage de la mer Adriatique. Nous ne le quittâmes que pour aller visiter Catanzaro , villa la plus considérable de cette province : j'y retrouvai avec grand plaisir le général Franceschi Delonne, qui avait été élevé à ce grade sur le champ de bataille d'Austerlitz. Il fut particulièrement bien accueilli du roi , qui le nomma son premier aide de camp. Nous allâmes de Catanzaro à Cotrone, sur le rivage de l'Adriatique. Nous continuâmes