‹ Souvenirs du ... comte Mathieu Dumas, de 1770 à 1836, publ. par son fils [C. Dumas]Chapitre 128 sur 247 · PREMIERS REVERS EN ESPAGNE. 3 I · texte numérisé non relu

PREMIERS REVERS EN ESPAGNE. 3 I

« que je n'ai pas assez de puissance pour-défen- « dre du mépris et de l'indignation publique les « misérables qui ont voté la mort de Louis XVI. »

On a recueilli plusieurs conversations de l'empereur : celle-ci n'est pas la moins extraordinaire.

Après avoir passé trois jours à» Toulouse, présenté ma fille à l'impératrice comme l'une des dames du palais de la reine d'Espagne; après avoir assisté à une très-belle fête où ma chère Octavie eut beaucoup de succès , et où je la vis briller, hélas! pour la dernière fois, nous partîmes pour Bayonne, passant par Tarbes et Pau. J'admirai ces beaux pays que je n'avais jamais traversés.

Je ne pouvais plus songer à conduire ma fille en Espagne : tout ce que j'avais appris à Toulouse, les nouvelles que je reçus à Bayonne, et les lettres que Franceschi lui-même écrivait à sa femme, ne me permirent pas de douter de la situation critique des affaires , et de l'embarras dans lequel se trouvait le roi Joseph à Madrid. La malheureuse affaire de Baylen et celle de Valeuce avaient en peu de jours changé la position de l'armée française, animé le parti national et antifrançais, et déconcerté les plans de l'empereur. Celui-ci ignorait encore ces funestes événements. Les bruits répandus à Bayonne me

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