‹ Souvenirs du ... comte Mathieu Dumas, de 1770 à 1836, publ. par son fils [C. Dumas]Chapitre 26 sur 247 · ÉLECTION AU CONSEIL DES ANCIENS · texte numérisé non relu

ÉLECTION AU CONSEIL DES ANCIENS

nomination aurait été certainement suivie d'une nouvelle dénonciation d'émigration. Malgré cette précaution, à peine l'assemblée électorale fut-elle réunie à Versailles, que je reçus de mon ancien collègue à l'assemblée législative, M. Lebrun, depuis architrésorier de l'empire , une lettre très-affectueuse et très-pressante, qui m'invitait à accepter ses soins et ceux de ses nombreux amis, pour me faire élire député au conseil des anciens. (J'avais alors quarante et un ans révolus.) Je refusai les bons offices de mon honorable ami , en lui exposant les motifs de la résolution que j'avais prise, de m'éloigner entièrement des affaires publiques, ayant été rayé du tableau des officiers généraux, et ne pouvant espérer d'y être rétabli. Malgré mon refus, je reçus une seconde lettre ainsi conçue : « Vous n'en êtes pas « moins un soldat français ; nous vous présentons « une arme pour défendre la liberté, et vous « devez la prendre. Vous serez élu député de « Seine-et-Oise au conseil des anciens, et vous « aurez pour collègues l'avocat Tronchet (celui « qui avait défendu Louis XVI), l'avocat Tronçon « Ducoudray (celui qui avait défendu la reine « Marie- Antoinette), et moi votre ami Lebrun. » Cette nomination de la députation de Seineet-Oise déplut beaucoup aux membres de la convention, et je fus averti que si je ne me re-

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