‹ Souvenirs du ... comte Mathieu Dumas, de 1770 à 1836, publ. par son fils [C. Dumas]Chapitre 96 sur 247 · ÉTAÏ-MAJOR DU 3C CORPS · texte numérisé non relu

ÉTAÏ-MAJOR DU 3C CORPS

à Padministration de ce corps d'armée ; il resta près de moi et dirigeait mon secrétariat avec une parfaite connaissance des détails de service, et la plus active vigilance. J'eus pour sous-chef d'état-major le brave colonel Hervo, qui, depuis, m'ayant remplacé au 3€ corps, tomba sur le champ de bataille à Eckmûhl , dans une action aussi héroïque que celle du célèbre d'Assas.

Telle fut, au camp d'Ostende, pendant deux campagnes d'une pénible attente, la composition de ma famille militaire : je me plais à en retracer te tableau; le mérite et les divers talents des personnes dont j'étais entouré , l'attachement qu'elles me témoignaient, et leur zèle à coopérer à mon travail, rendirent ma tâche facile et mes loisirs très-agréables. Ce petit cercle d'amis, que ne divisait aucune différence d'opinions, était augmenté de quelques autres officiers remarquables par leurs talents et leurs connaissances , tek que le capitaine Despré, du génie, depuis générai distingué, et qui, après avoir commandé Pécole d'application du corps royal d'état-major, et rempli les fonctions de chef d'état-major de l'armée de Catalogne et de celle d'Afrique, a passé au service de la Belgique en qualité de major général. La mort a terminé prématurément sa belle carrière. J'étais aussi heureux que je pusse espérer de l'être loin de ma femme et de mes en-

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fants. Le premier consul, d'après les rapports obligeants du général Davoust, m'avait témoigné lui-même sa satisfaction de mes services. J'en reçus le témoignage par ma promotion au grade de général de division, et je recouvrai ainsi mon ancien rang dans l'armée.

J'obtins , au mois de novembre 1 8o4 , un congé pour me rendre à Paris , à l'occasion du mariage de ma fille aînée avec M. de Saint-Didier, l'aîné de deux frères d'une ancienne et très-honorable famille de Provence. Madame Dumas m'avait proposé cette union, quelle souhaitait fort r et que j'approuvai avec empressement. Appelé, comme conseiller d'Etat, pour me trouver à la cérémonie du couronnement de l'empereur r j'eus la satisfaction et tout le loisir de conclure et de célébrer les noces de ma fille*. L'empereur voulut bien comprendre mon gendre dans sa maison civile en le nommant préfet du palais.

Au mois de février i8o5, je retournai à l'armée, à Dunkerque, où le général Davoust, élevé au grade de maréchal de l'empire, avait reçu l'orcjre de transférer son quartier général. Les préparatifs d'embarquement étaient pressés avec la plus grande activité : les flottilles se ralliaient au port de Boulogne , et les trois corps d'armée , du maréchal Davoust, du maréchal Soult, et du maréchal Ney, échelonnés sur la côte de la Man-

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