‹ Souvenirs du règne de Louis XIV (volume 3)Chapitre 40 sur 90 · LISTE · texte numérisé non relu

LISTE

DE lESSIEURS LES C0L0HEL8 DE PiRI8, BOITAIT l'eiDlB

DE LEUR RÊCEPTIOI^

M. Vaurouiy conseiller de la cour, i*eçu colonel du .. mars 1624 9

M. de Serre, sieur de Ghastignonville, maistre des requestes, reçu colonel du 3 août 1635, au lieu de M. de Serre-Saint- Julien, son père • . 9

M. de Génégaud, secrétaire d'État, reçu colonel du 8 octobre 1636, au lieu de M. le président de Gbevry ; depuis, il a donné la charge à M. de Génégaud, son frère, président aux enquêtes •' 7

M. Miron, maistre des comptes, reçu colonel du 11 septembre 1641, au lieu de M. le président Miron, son père 4

M. Boucher, reçu le ... février 1649, au lieu de M. Barthélémy de Senlis, maistre desxx>mptes, reçu colonel du 11 février 1642, au lieu de M. Piorot 7

M. de Lamoignon y maistre des requestes^ reçu

A reporter 36

* Ce document, provenant des papiers de M. de Lamoigoon, a été imprimé pour la première fois dans V Histoire de la Fronde^ par M. te comte de Sainte-Aulaire.

Compagnie*.

Report 36

colonel du 23 juin 1644, au lieu de M. le président de Nesmond 9

M. d'Estampes de Valançay, conseiller d'État, reçu colonel du 15 'janvier 1648, au lieu de M. le président Barentin 6

M. Sc^rron de Vasvres, reçu colonel du 15 janyier 1648, au lieu deM. Scarron de Mandime. 6

M. TubeuF, conseiller de la Cour, reçu colonel du 15 janvier 1648, au lieu de M. de La Cour 7

M. Favier, conseiller d'État, .reçu colonel du 38 aoAt 1648, au lieu de M. le président de NovioD H

M. de Bragelone, président aux enquêtes, reçu en place de M. Guaj Bagneux, maistre des requestes, reçu colonel du 8 janvier 1649. • 9

M , maistre des requestes, reçu colonel

du 9 janvier 1649, au lieu de M. deMontauron. 6

M. Mesnardeau, sieur de Ghampré, conseiller de la Ciour, reçu colonel du 10 janvier 1649, au lieu de M. de Bullion 9

M. Martineau, conseiller de la Cour, reçu colonel du 10 janvier 1649, au lieu de M. le président TubeuF. M. TubeuF, président en la chambre des comptes, a repris sa place depuis le siège de Paris 11

M. Mole de Ghamplastreux, conseiller d'État, reçu colonel du . . • janvier 1649, au lieu de M. des Roches 9

A reporter 122

Report 122

M. de Longueil de Maisons, conseiller de la Cour, reçu colonel du 15 janvier 1649, au lieu de M. le président de Maisons, son père . 4

Nombre des compagnies . . 128

Ordre de sennce.

De par MM. les prévôt des marchands et échevins de la ville de Paris, et M. de Lamoignon, colonel :

Il est enjoint à tous officiers et bourgeois, n^ayanC point d'excuse légitime reçue et agrée par mondit sieur le colonel et par leur capitaine, dans chaque compagnie, de se trouver sous le drapeau les jours que Ton doit monter la garde, à six heures précises du soir, et pour les assemblées extraordinaires, aussitôt qu'ils entendent battre la caisse, à peine d'amende arbitraire.

Ceux qui, par raison particulière, seront dispensés par le commandant de servir en personne, seront tenus de mettre en' leur place des personnes capables de porter les armes, agrées par le commandant, desquelles ils répondront en leurs propres et privés noms, et seront obligés de les armer de mousquets, ainsi qu'il leur sera ordonné parles officiers.

Chaque soldat tiendra ses armes nettes et en bon estât, et le mousquetaire ne viendra jamais au drapeau qu'avec six charges de poudre au moins, autant de balles de calibre, et une brasse de mèche, et ne

APPEITDICE. 455

mettra point de plomb dans son mousquet sans commandement.

Dans les marches, chacun gardera son rang, suivra sa file^ observera ses distances, et ne s*amusera point à tirer non plus qu'aux environs des corps-de-garde, ny pendant les marches.

Deffenses à tous soldats d'enlever aucunes armes des corps-de-garde, ny prendre celles d*autruy pour les siennes, d'y jurer, quereller. Faire bruict ny désordre, ny autre action indécente ; de Tabandonner, ny d*en sortir sans congé de ToFficier qui y commande, pour quelque cause et occasion que ce soit, et, en cas de congé, de s'y rendre et revenir précisément à l'heure qui leur sera ordonnée, le tout à peine de l'amende; et pour éviter tous abus, l'appel se fera en la manière accoutumée, ou au moins deux Fois de jour et une fois de nuit, et plus souvent si le commandant le juge à propos.

Les sergents et caporaux auront grand soing de poser et relever les sentinelles d'heure en heure, visiter leurs armes avant que de les mettre en Faction, et leur Faire oster les balles de leurs mousquets lorsqu'ils les relèveront, avec deffenses sous peine de la vie auxdites sentinelles de rien arrester que ce qui leur sera commandé en les posant, ny de tirer si elles ne sont Forcées avec grande violence, et qu'elles ne puissent se deFFendre autrement.

Ceux qui ne se trouveront au corps-de-garde lorsque leur compagnie sera relevée, seront punis par confiscation de leurs armes et amendes arbitraires.

Tout ce que dessus sera exécuté ponctuellement à peine d'amende arbitraire, confiscation d'armes,

mesme de puiAlion corporelle à l'encontre des contrevenants, si le cas y eschet, ainsi que le capitaine ou commandant le jugera à propos.

S'il arrive quelque délict ou cas considérable, tant dans les corps-de-garde qu^ès environs, marches et quartiers desdites compagnies, les délinquants seront arrestezy désarmez, et mis prisonniers pour estre. militairement jugés en la manière accoustumée.

Et à regard des désordres qui arrivent par la désobéissance d'aucuns soldats et insolence de quelques vagabonds et gens de néant qui taschent de foire rumeur et empescher que Tordre -ne soit exactement observé dans les gardes ou ailleurs, les officiers feront Faire main basse sur eux, conformément aux ordonnances du Roy et de ladite ville.

Et pour le surplus des ordonnances anciennes, sur le fâict de la milice seront observé.es sous les peines portées par icelles.

NOTE TROISIÈME

pour le chapitre vi , pajçt; 220.

Léon de Barbançois, marquis de Sarsay *, appartenait à une ancienne famille de In Marche Limousine, établie en Berry depuis la fin du treizième siècle. Son aieul Charles de Barbançois, baron de Sarsay, s'étanl jeté dan;; la ville d^Issoudun, assiégée par les protestants, en 1562, obligea par sa valeur les assiégeants à se retirer. En reconnaissance, les habitants donnèrent à une des tours de la ville le nom de Sarsay. Charles IX, pour récompense de ses services, le nomma, en 1568, gouverneur de la ville et du château d'Issoudun, et chevalier de ses ordres. Louis de Bourbon, duc de Montpensier , lui annonça cette dernière faveur par une lettre terminée par cette formule ; « vostre bon voysin et meilleur ainy. »

Léon de Barbançois, marquis de Sarsay, attaché à la maison de Condé par un dévouement héréditaire, fut nommé par le prince de Gonli mestre de camp de son régiment de cavalerie, par le brevet suivant :

« Nous, Prince de Conty, Prince du sang. Pair de France, Gouverneur et lieutenant général pour le Roy en Champagne et Brie, généralissime des armées de Sa Majesté. Estant nécessaire de pourvoir à la seureté

* Son nom a été imprimé, par erreur, Jarsay, â la p. 2'?0.

Leâ pièces originales (|ui font robjet de cette note, m'ont été communiquées par mon neveu M. le comte Alexis «le Barbançois, descendant du marquis de Sirsay.

458 \PPENDICK.

publique, maintenir' les déclarations du Roy, arrests de ses parlements et autres cours souveraines et es règlements faits pour le soulagement des peuples, afin de calmer les désordres que le cardinal Mazarin a excitez dans TEstat et que ses partisans qu'il a de nouveau establiz dans le ministère, y continuent avec lui pour restablir la tyrannie de ce ministre proscrit et exilé ; qui, pour cet efPect, s^est saisi de la personne du Roy et de Tautorité Royalle. Nous avons jugé que pour parvenir à un si juste dessein, à la paix généralle et empescher l'oppression de tous les gens de bien, rien n'est plus nécessaire que de mettre sur pied des trouppes qui puissent s'opposer à la violance de celles qui sont commandées par leurs créatures, et par ce moyen mettre le Roy en plaine liberté et pouvoir d'user de son autorité toute entière, et de donner la paix à ses subjects, que ces perturbateurs du repos public ont empeschez jusqu'à présent. A CES Causes, ne pouvant l'aire un meilleur cBoix pour la levée et conduite de nostre régiment de cavalerie que la personne du sieur marquis de Sarsay^ dont la naissance, la valeur et expérience au feict de la guerre nous sont assez cogneus, Nous, soubz le bon plaisir du Roy, avons commis et commettons, par ces présentes signées de notre main, ledict sieur marquis de Sarsay, mestre de camp de nostre dict régiment de cavalerie, pour iceluy mettre sur pied le plus diligemment qu'il luy sera possible, au nom- , bre de . . • compagnies. Les cavaliers armez d'espez et pistolets; et ledict régiment commander, conduire et exploicter soubz l'autorité de Sa Majesté, celle de Monsieur le Prince , nostre Frèi^e, et la nostre; et nous

\ppendick; 4^9

luy fierons payer ensemble aux oFficiers et cavaliers dudict régiment les estât, appointemens et soldes qui leur seront dubtz et suivant les monstres et reveues qui en seront Faictes tant et sy longuement que ledict régiment sera sur pied pour le service du Roy, tenant la main à ce qu'ils vivent en si bon ordre et discipline, que personne n'ayt subjet de s'en plaindre.

« Faict à Bourdcaux le second novembre MVM.

« Armand ue Bourbon.

« Par Monseigneur :

« Meurtet DR La Tour. »

46o APPENDICE.

NOTE QUATRIÈME

pour le chapitre vi, page 267.

jéRTI CLES accordés entre Messieurs le cardinal Maza- 1 ifij le garde des sceaux de ChâteauneuJ\ le coadjutenr de Paris ^ et Madame la duchesse de Chevreuse * .

Que le Goadjuteur, pour se bien maintenir dans la créance des peuples, se réserve de pouvoir parler au parlement et ailleurs contre le cardinal Mazarin, jusqu'à ce qu'il ait trouvé un temps Favorable de se déclarer pour lui sans rien hasarder, et que cependant Monsieur de Ghàteauneuf et Madame de Ghevreuse feront semblant d^étre mal avec lui, pour traiter séparément avec ledit sieur Gardinal, et posséder Tesprit de la Reine, et se conserver en même temps dans le public par le moyen dudit sieur Goadjuteur;

Que madite dame de Ghevreuse et les dits sieurs de Ghàteauneuf etGoadjuteur feront tous leurs effidrts pour détacher M. le duc d'Orléans des intérêts de M. le Prince, sans pourtant s'obliger de le faire rompre absolument avec lui, sachant bien qu'ils n'en ont pas le pouvoir, et qu'ils perdroient par là leur crédit avec son Altesse Royale, à laquelle ils n'oseroient rien proposer qui fust directement en faveur dudit

* Ce traité fut saisi sur un courrier qui le portait au cardinal Mazarin, et fut imprimé à Paris par ordre du prince de Condé, dans 1« but de compromettre ses adversaires.

APPENDICK. 461

sieur Cardinal, connoissani Taifection que son Altesse Royale a pour le public et Taversion qu'il a pour ledit sieur Cardinal, et qu'il ne peut se fier en lui après les choses qui se sont passées; il suffira pour satisfaire à leur parole, qu'ils Fassent tout ce qui dépendra d'eux pour empescher que son Altesse Royale ne pousse tout à fait ledit sieur Cardinal;

Que M. de ChâteauneuF sera premier ministre, qu'il suffira qu'on rende les sceaux pour quelque temps à M. le premier-président, lequel aussi lui cédera le premier rang;

Que M. le marquis de la Vieuville sera surintendant des finances moyennant quatre cent mille livres tiu'il donnera audit sieur Cardinal, et cinquante et tant de mille livres au sieur Bartet, qui a négocié pour lui a Cologne; et ce pour l'aider à payer la charge de secrétaire du cabinet qu'il a eu permission d'acheter;

Que ledit sieur Cardinal fera donner audit sieur de Ch&teauneuf toutes les assurances nécessaires de la charge de chancelier, si elle vaque durant que les sceaux seroient en d'autres mains que les siennes ;

Que ledit sieur Cardinal fera donner toutes les paroles et expéditions nécessaires pour la nomination du Roi au cardinalat et pour la charge de ministre d'Estat audit sieur coadjuteur, pour en jouir incontinent après la tenue des États-Généraux, n'étant pas à propos que cela se fasse auparavant : lequel pourra servir très-utilement ledit sieur Cardinal dans l'assemblée des Estats, pourvu qnil ne soit pas connu estrc son ami. Et (pie si ladite assemblée des Estats se porte comme ledit sieur Tespère, à demander au

46a APPENDICE.

Roi qu'il soit appelé dans son conseil, ledit sieur Cardinal promet de le Faire établir ministre, à la prière desdits Estats, afin que paroissant obligé au public plutôt qu'audit sieur Cardinal, il le puisse servir plus utilement en cette place ;

Gomme aussi ledit sieur Goadjuteur promet d'employer son crédit pour foire casser par rassemblée des Estats la déclaration que le parlement a fait donner contre son avis pour exclure les cardinaux François ;

Que ledit sieur Gardinal fera jouir dès à présent le marquis de Noirmoustier des honneurs et des avantages accordés aux ducs, en conséquence des lettres qu'il lui en a Fait accorder par la Reine ;

Que ledit sieur Gardinal fera donner la somme de cent mille livres au sieur de Laigues, sur la finance que payera le sieur de Nouveau, pour une charge de secrétaire d'Estat, laquelle ledit sieur Gardinal lui a Fait promettre, en reconnoissance des bons offices qu'il lui a rendus, en Fournissant des courriers confidens pour la négociation d'entre ledit sieur Gardinal, Madame deGhevreuse et ledit sieur de GhàteauneuF;

Que ledit sieur Gardinal donnera au sieur Mancini le duché de Nevers ou celui de Rethelois, avec le gouvernement deProvence, et lui Fera épouser Mademoiselle de Ghevreuse aussitôt qu'il sera en possession desdits duché et gouvernement, et d'une charge dans la maison du Roi, auprès duquel lesdits sieur et (lame Favoriseront son retour et son établissement ;-

Que ledit sieur Gardinal empeschera que Monsieur de BeauFort ne puisse avoir aucune part dans la confiance de la Reine ni du Roi, et ne fera aucun accom*

modeiueiit avec lui, mais le considérera comme son ennemi, aussi bien quelesdits sieur et dame, en ce que les abandonnant il s^est attaché à Monsieur le Prince non obstant qu'il ait eu la charge de l'Amirauté par les soins desdits sieur et dame, et par Tautorité dudit sieur Cardinal ;

Que ledit sieur Cardinal autorisera auprès de la Reine Messieurs de ChâteauneuF et le Coadjuteur, et dame dç Chevreuse, et aura une entière confiance en eux, sur les paroles que ledit sieur de ChâteauneuF lui donne, par lui, et par Messieurs de Villeroi, d'Elstrées, de Senneterre et de Jars, qui se rendent les cautions d'être tout à Fait attachés aux intérêts dudit sieur Cardinal, et de vouloir servir à son retour toutes fois et quantes qu'il se pourra. Comme aussi, Madame de Chevreuse et ledit sieur de ChâteauneuF s'obligent à la même chose envers ledit sieur Cardinal pour ledit sieur Coadjuteur, lequel n'entre point dans le présent traité pour les raisons susdites, et demeure libre pour désavouer ce qui pourroit être dit de lui sur ce sujet, au cas que ledit sieur Cardinal voulut dire ou Faire entendre qu'il lui eut rien promis, le tout à condition qu'il ne se parlera plus des choses passées avant, durant ou depuis la guerre de Paris, et aussi depuis l'accommodement desdits sieurs et dame avec ledit sieur Cardinal, et depuis l'emprisonnemenJ de Messieurs les Princes, contre lesquels se Fait priucipalement la présente union : l'intérêt commun desdits sieurs Cardinal Mazarin, garde des sceaux de ChâteauneuF, Coadjutcur et Madame de Chevreuse. étant Fondé sur la ruine de Monsieur le Prince, ou du moins sur son éloigncment de la cour; et promet

ledit sieur Cardinal auxdits sieurs et dame d'empescher que M. le duc d'Orléans n'ait connoissance du présent traité, ni des conférences ou négociations que ladite dame de Ghevreuse et ledit sieur de ChàteauneuFonteuesou auroient ci -après avec ledit sieur Cardinal.

NOTE CINQUIÈME

pour le chapitre vui, page 315.

ORDRE au sieur de Chalesme pour se saisir des châteaux de la Rochefoucaudy P^erteuil et la Vergne * .

De par le Roy :

Sa Majesté vouUant s'asseurer des châteaux et lieux de la Rochefoucaud , de Verteuil et de la Vergne, et les Faire garder pour son service sous son obéissance et se confiant en la valeur, expérience en la guerre, diligence et bonne conduitte du sieur de Chalesme, capitaine au régiment d^inFanterie de la Reine, et sa fidéKté et ailection à son service pour les preuves «[u'il en a données en divers employs et occasions, Sa Majesté Ta choisy et ordonné pour se transporter èsdits lieux de la RocheFoucaud, de Verteuil et de la Vergne, se charger de la garde d'iceux et des maisous fortes desdits lieux, sj employer avec le nombre d^ cent cinquante hommes commandez par un litnitenant, un enseigne et (roissergens, lesquels il mettra sur pied à cette fin et prendra la subsistance du jour qu'ils y entreront à raison de 60 sols pour ledit Chalesme, 30 sols pour le lieutenant, 20 sols pour renseigne, 12 sols pour chaque sergent et 6 sols ix)ur chacun soldat, et ce pour toutes choses, par chacun

• Nous avons tiréccilooumciil inédit des Archives du Ministère de la guerre y vol. c\xx>.

466 iPPEITDICE.

jour, et en estre payé par les receveui*s tenanciers ou Fermiers desdites terres sur les Fruicts et revenus d'îcelles, auxquels il en donnera ses quittances et les rolles de payemens de ladite subsistance pour leur servir et valloir à leur décharge, voulant qu^en veKu de la présente, lesdits receveurs, fermiers ou tenanciers, soient contraints par corps comme pour les deniers et aFFaires de Sa Majesté au payement -de ce que montera ladite subsistance et moyennant la présente ou copie d'icelle deuement coUationnée avec les quittances des oFficiers et le rooUe du payement des soldats certiFfié dudit Ghalesme, des officiers de la justice des lieux, contenant le nombre au vray des eflectiFs, tout ce qu'il aura payé à l'occasion susdite leur sera passé, et alloué en rendant raison de leur recepte par tout où il appartiendra. Mande Sa Majesté au gouverneur et son Lieutenant général en la province dont lesdits lieux dépendent et tous autres ses oFficiers et sujets qu'il appartiendra de donner audit de Ghalesme toute Fassistance dont il aura besoin pour l'exécution de la présente, et aux officiers et habitants desdits lieux de quelque qualité et condition qu'ils soient de le reconnottre et obéir en toutes les choses qu'il leur ordonnera pour le service de Sa Majesté, sur peine de désobéissance.

Faict à Saumur, ce f8' février i6o2.

11 a été écrit à M. le comte d'Harcourt et à M. le marquis de Montauzier sur ce sujet, ledit jour.

\PPENU1CK. 4^7

NOTE SIXIEME

pour le chapitre viii, page 377.

RAPPORT à Leurs Majestés du succès remporté par te marquis de Bougy sur V armée de M. le Prince ' .

Une partie des troupes de Tannée de Flandre qui ont eu ordre de venir joindre celle de Guyenne, dont le commandement a este donné à M. le comte d'Harcourt estant arrivée auprès de Saint-Jean d'Angely, où il avoit son principal quartier et ayant eu advis que Tannée de M. le Prince s'estoit avancée à Brisambourg entre les rivières de Boutonne et de Charente, se résolut de marcher le huitième de ce mois à dessein de combattre M. le Prince, qui depuis quelques jours publioit d'estre dans la résolution de Tattendre; mais soit qu'il eust quelque crainte de la suitte des premiers avantages que nous avons eus sur luy ou qu'il eust peu de conKaiice aux (ronpes qu'il a levées pour* susciter une guerre si injuste, il eust plus tost repassé la Charente à Xaintes que ledit sieur tx)mte n'eus! le temps d'aller à luy, ce qui Tobligea de marcher le neuf à Cognac et d'envoyer ordre auparavant de réparer le pont et en Faire un de batteaux, pour y pouvoir Faire deFKler avec plus de diligence Tannée du Roy, h* lendemain dixième. Et

* Nou8 avons tiré ce rapport inédit des Archives du Ministère de la guerrej vol. cxxxiv, p. 423. N'ou* indiquons la page iwrcequc ce document est inscrit à la table du volume sous un titre défectueux.

ciyanl sccu par des partys qii^il a voit envoyez du costé de Xaintes, que M. le Prince estoit déjà à Pons et qu'il logeoit son armée au delà et le long de la rivière du Né dont il avoit Fait rompre les ponts et gaster les guays, ledit sieur Comte dont le zèle et la vigueur s'augmentent à mesure qu'il prévoit des difiicultées, donna ordre quelques heures avant son départ de Cognac au sieur de Bougy, mareschal-decamp, commandant la cavalerie légère de ladite armée, d'aller avec cinq cents chevaux chercher les occasions de prendre quelque avantage sur les ennemis par des lieux qui luy dévoient estre indiquez par un gentilhomme du pays, nommé de Fonteveux, dont l'afFcction au service du Roy s'est fait remarquer en cette occasion. Ledit sieur de Bougy partist avec le régiment de cavalerie d'Harcourt, commandé par le baron de l'Aubépin, mareschal-de-camp, etsoubz luy les sieurs chevaliers de Fourrille, de la Sauve et du Mesnil, capitaines; cëluy de Créquy, commandé par les sieurs chevaliers de Vivens, de la Plante, etc., capitaines; celuy de Bougy, commandé par les sieurs de Saint-Thomas, le Fay deBoisguyon^ capitaines, et de Beauregard, lieutenant de la mestre de camp; celuy d'Espieds, commandé par les sieurs de Beaufort, Tourotte et Moussy, capitaines; celuy de la Vieuville, commandé par le sieur de la Vespière, premier capitaine; celuy de Baradas, commandé par les sieurs d'Aumartin, Choisel et Fourone, capitaines; celuy du sieur chevalier d'Aubeterre, commandé par les sieurs Trécour, Valdompierre et Fénélon, capitaines, et estant arrivé le soir du dixième sur le bord de la rivière du Né, au guay de Merpin, le plus diF-

ficile à passer et par conséquent le moins gardé par les ennemis, il fit travailler tous les paysans du lieu aussy bien que les cavaliers de ces régiments, à réparer ce guay et raccommoder le pont que les ennemis avoient rompu en quatre endroits, où il fustfortaydé par ledit sieur de Fonteveux, y ayant tait travailler avec tant de diligence, que ce passage, qui a près de mille pas de long, Fust en estât de s'en pouvoir servir deux heures avant le jour. Auquel temps ledit sieur de Bougy ayant fait deffiier ses troupes, marcha droit au quartier de Brive, qui estoit le plus proche de son passage, et quoy qu'il Irouvast en si peu de distance quatre grands deffilez causez par les débordements des eaux qui couvroient jusques à la selle des chevaux, il ne laissa pas de Franchir ces ditlficultëes et d^rriver à demie-heure de jour à la veue du quartier de Brive, où il sceut que le régiment de Duras estoit logé ; à rapproche duquel le commandant dudit régiment qui avoit eu Tallarme, estant venu avec quelques cavaliers, le chevalier de Fourrille, qui avoit esté destaché avec quarante maistres qui servoient de coureurs au régiment d'Harcourt, ayant l'avant garde, l'approcha de fort près sans se faire connaître pour ennemy, et le chargea si brusquement qu'il l'obligea de rentrer dans son quartier en désordre; en mesme temps, ledit sieur de Bougy fist soutenir ledit chevalier deFourrille par ledit sieur baron del'Aubépin, avec le régiment d'Harcourt, qui donna si vivement dans ledit quartier, qu'il tua ou prist généralement tout ce qui y estoit dudit régiment de Duras, tant officiers, cavaliers que bagages, ne croyant pas qu'il s'en soit sauvé plus de cinq ou six,

470 \PPEîrDICE.

leur retraite ayant esté empeschée par le reste des troupes qui estoient en bataille au passage des Fuyards. Le bruit et les descharges ayant donné Talarme à tous les quartiers voisins, et ledit sieur de Bougy entendant sonner à cheval de tous costez, il Kst avancer à la haste le régiment de Gréquy, commandé par le chevalier de Vivens, et l'envoya pour attaquer le régiment d'Anguyen qui estoit logé ù RoufBac à une demie lieue de là, et d'autres hameaux où il y avoit partie des régiments d'Âlbret et de Lorges, qui venoient au secours de leurs compagnons, et pour les empescher de se saisir des deffilez queledit sieur de Bougy faisoit garder par les régiments d*Aubeterre et de Barradas, ayant pris cette précaution pour se mettre à couvert de l'orage de toute Tarméc ennemie qui se préparoit à luy tomber sur Jes bras. Mais sa conduite et ses ordres furent si bons qu'il se retira avec toute la cavalerie qui avoit fait cette généreuse exécution et le butin qu'elle avoit gaigné sans perdre un seul homme. Le régiment d'Harcourt ayant fait Tarrière-garde avec pareil bonheur, et le régiment d'Espieds aussy.

Tous les oFBciers des régiments de Duras et d'Anguyen et quelques-uns de ceux de Lorges et d'Albret y ont esté tuez ou faits prisonniers, à la réserve du commandant deceluy de Duras qui se sauva ayant eu le premier l'alarme.

De nostre côté, le sieur Fouchaut, cornette de la mestre de camp du ré(|:iment d'Harcourt, frère dudit chevalier de Fourrille, et le frère dudit sieur du Mesnil, capitaines audit régiment, y ont esté tuez; les sieurs baron de l'Aubépin et le sieur de la Roque, son

Goniette, blessez légèrement; ledit baron de TAubepin, les chevaliers de Fourrille et de la Sauve avoieni mis pied à terre pour forcer 4es principalles maisons -où quantité d'officiers qui n'avoient pas eu le temps de monter à cheval iaisoient grande résistance.

Je crois vous avoir assez fait remarquer quelle a esté la conduite et la vigueur dudit sieur de Bougy; je ne sçaurois m'empescher de dire encore qu'il a bien confirmé par cette action la haute opinion que Ton a de sa valeur et de son expérience. Il n'y a pas iin officier, particulièrement les commandants des corps, qui ne méritast une éloge particulière.

Les sieurs de Gagny, ayde de camp dudit sieur de Bougy, qui prit un officier du régiment de Duras prisonnier, y a fait paroistre beaucoup de cœur aussy bien que les sieurs d'Arnolfiny, Anglisqueville et Mitoys, volontaires.

On a trouvé vingt-cinq ou trente officiers des ennemis, et près de quatre cents chevaux-légers prisonniers; le reste estant demeuré sur la place, et nous espérons de vous donner bientost quelque suitte plus glorieuse du bonheur qui a accompagné les armées du Roy, soubs la conduite de nostre brave et fidelle général.

Le sieur baron de TAubépin, mareschal-de-camp, commandant le régiment d'Harcourt, à la valeur duquel une bonne partie de l'exécution est deue, a porté à Leurs Majestés cette bonne nouvelle.

47 a APPENDICE.

NOTE SEPTIÈME

pour le chapitre ïx^ page 398.

RELATION de ce qui s'est passé en V armée du Roy commandée par M, le comte éC Harcourt ^depuis qukclle est partie de Périgord jusques h la fin du mois de mars 1652.

(&a levée du f iége de Blîradouz 4i% la déroute de l'année dé

Monfîevr le Vrînee*.)

Tous les avantages que M. le comte d'Harcourt a remportez jusques à présent sur M. le Prince, depuis qu'il commande Farméedu Roy, n'ont pas médiocrement augmenté la gloire qu'il s'est acquise par tant d'autres actions signalées qui Font rendu si utile et si cher à TEstat, et celles que vous allez apprendre ne vous confirmeront pas moins cette vérité, qu'elles vous persuaderont qu'il ne se peut rien adjouter ù son zelle, à sa fidellité, et à sa généreuse conduitte.

Monsieur le Comte ayant eu avis au quartier de Bourdeilles en Périgord, que les trouppes du parly avoient dessein de se saisir de Sarlat par le moyen de leurs intrigues, et que pour les l^ire réussir à leur avantage, ils s'avançoient au pont de Terrasson, sur la Vézère, pour s'en rendre les maistres, partit de Bourdeilles le vingt-deuxième féburier pour con-

* Nous avons tiré ceUe relation inédite des Archives du Ministère de la guerre y vol. rAxxiii.

APPEJîfmcE. 473

nervev cette place, dont la perte liiy auroit osté les moyens de passer la Dordogne à Domme, où il avoit envoyé quelques jours auparavant le sieur de Saint- Abre, mareschal-de-camp, pour pourveoir à la seu-' reté de ce poste et y feire assembler des batteaux, et vint coucher à Goulaures sur la rivière de Tlsle, a deux lieues dePérigueux; le lendemain à Terrasson, et le troisième jour il se rendit à Sarlat ; et ses trouppes, le jour suivant, sur le bord de ladite rivière, avant laissé à leur teste M. le comte de Lislebonne, lieutenant-général, qui Testoit venu joindre depuis deux jours. Cependant, comme il avoit jugé un jour avant son départ de Bourdeilles, qu'en détachant un corps de cinq cents chevaux, soubz Ic^ ordres de M. de Sauveba*uf, lieutenant-général, il s'asseureroit d'autant plus de passages nécessaires à la marche de Tarmée du Roy, il le Kt partir si heureusement, que quelques heures avant son arrivée à Terrasson, les ennemis l'avoient envoyé recognoistre, et, ayant eu avis de la marche de ce corps de cavallcrie, ils s'estoient retirez en diligence au-delà de la Dordogne.

La présence de M. le Comte à Sarlat contribua sy (xirtau raffermissement des aH'nires dn Roy, qui quelques jours auparavant avoient esté tort esbranlez dans Tincertitude du secours ([ii'ilespcroit de l'armée de Sa Majesté, qu'après son passage il n'a pas esté nécessaire d'y laisser aucunes tronppcs pour s'en asseurer. Cependant connue touttes choses se disposoient au passage de la Dordogne, M. le Comte apprit confusément les choses, et que les trouppes qui estoient dans la haute Guvenne, soubz les ordres de M. de Saint-Luc, lieutenant-général de la province, avoient

476 \PPEJrDICK.

sembler et descendre des battéaux à poinct nommé le jour de son arrivée^ et partir le deuxième, pour s'avancer à moitié chemin de Gahors où il passa le lendemain le Lot, et vint à la Bastide, qui en est à une lieue; le troisième à Montcuq et le quatrième à Valence, vis-à-vis d'Auvilars, et deçà de la Garonne, qu'il commença de faire passer le lendemain dès la pointe du jour, et ce temps y fust si bien employé que, bien qu'il se trouvast fort contraire, ioutteTarmée eust passé en deux jours, pendant lesquels M. le Comte s'attacha particulièrement a donner de ses nouvelles aux assiégez; mais son arrivée leur Bist plustost connue par la levée du siège que par ses lettres, M. le Prince ayant a peyne attendu que la moityé de Tarmée feust passée pour se retirer à Stafibrt, sur la rivière de Lectoure et ses troupes à couvert de cette rivière.

11 n'est pas juste que les particularitez de ce siège vous soient inconnues et que je desrobe à de sy braves gens la gloire qu'ils y ont acquise par leurs actions et par les cxtrèmitez qu'ilz y ont souffertes. Vous sçaurez donc que les régiments de Champagne, de Lorraine et ledit de Marin, maréchal-de-camp, se jettèrcnt, après le combat de M. de Saint-Luc, dans une place dont les murailles estoient ouvertes en plusieurs endroits, dépourveue de toutes sortes de vivres et de munitions, en sorte que M. le Prince n'espéroit pas moins que de la réduire dans trois ou quatre jours comme il y avoit apparence. Si M. de Saint-Luc n*eust faict des efforts extraordinaires pour y jeter de la poudre, et sy heureusement qu'il leur donna moyen d'attendre le secours, et de faire pendant ce siége«

VPPENDICE. 477

qui a duré quatorze jours entiers, des actions dignes de la réputation que ces braves régiments se sont acquise depuis sy longtemps, et particulièrement celui de Champagne. Le sieur de Marin, mareschal-de-camp, cjui les commandoit, a beaucoup de part à leur gloire, et il n^y a point d'officier et de soldat qui ne se soit signallé dans plusieurs sorties par quelque action de vigueur, et, entre autres, un sergent ayant été commandé pour sortir sur les mineurs qui venoient d'estre attachez, en tua quatre et blessa le cinquième à la veue de M. le Prince et soubz le Feu de toutte sa raousqueterie.

Cet heureux succez ne pouvoit arriver plus à propos pour rétablir les aHaires du Roy, que la perte du dernier combat avoit fort esbranlées, et l'arrivée de M. le Comte ne pi>uvoit pas produire un moindre etlect ny une suitte moings avantageuse que celle que vous allez apprendre. M. le Comte, à son départ d'Auvillars, qui Fut le septième de ce mois, estant venu à la ville de Lomagne pour y faciliter la jonction des régiments de Champagne et de Lorraine, y receust les tesmoignages de la joye qu'eurent les ofKciers de se voir secourus si à propos, et y séjourna deux jours pour deslasscr un peu les trouppes des Fatigues extraordinaires qu'elles avoient souFFertcs dans une si longue et si continuelle marche , et dans ces nuits qu*elles avoient campé aux passages des rivières «le Dordogne et de Garonne, et tcsmoigna avoir dessein d'assiéger une petite ville, nommée Beaumont, qui appartient à M. le Prince, pour lui oster la pensée de celluy quil avoit de le surprendre dans ses quartiers, et ayant, soubz ce prétexte, donné ordre

478 VPPENDICE.

au reste des ti'ouppes de M. de Saîiit-Luc^ qui estoient vers Auch, de venir du costé de Beaumont, il assembla toute ramiée à Saint-Léonard, prez de Lejfoare, (;t marcha à Florence le onzième, d'où il repartit le lendemain à la pointe du jour; et comme il avoit esté informé qu'il y avoit plusieui*s deHilez dans sa marche qui auroient pu le retarder de quelques heures 8*11 n'y prenoit ses précautions, il pria M. le marquis de Fimarçon, gentilhomme de grande condition et de grand crédit en ces quartiers, et le sieur de Bouair, mareschal-de-camp, aussy fort acrédité, de feiirc remplir les Fossez qui pou voient obstruer le chemin, et de taire faire des ponts sur les ruisseaux, de quo\ ils s'acquittèrent avec beaucoup de ponctualité, et M. le Comte ne trouva aucun obstacle au dessein qu'il avoit de surprendre les ennemis dans leurs quartiers que la longueur du chemin qui ne lui laissa que deux heures de jour pour le faire réussir.

11 estoit aisé à juger par la gayeté qui se remarquoit dans noz trouppcs du succez de nostre dessein et leur joye contribua si fort à diligenter nostre marche qu'avant les quatre heures du soir toutte Tarméc eust faict cinq grandes lieues du pais et se trouva (Mitre deux des quartiers de M. le Prince sans qu'il en eust aucun advis.

L'armée marcha en cet ordre : la brigade de la Meilleraic avoit l'avant-garde de tout commandée par M. de Sauvebœuf, lieutenant-général, le sieur (le Saint-Abre, marcschal-de-champ en jour, le sieur de Bougy, commandant la cavallerie, et le sieur chevallier de Créquy, mareschal-de-camp, qui debvoit entrer en jour et les sieurs de Marins et de

\PPKNI)ICE. 479

Sainte-Ciolombe, son frère, marescbaux-de-camp, qui voulurent s^y rencontrer volontairement. Lesgentilzhommes volontaires compozans un fort bon escadron dont la conduitte fut donnée au sieur de la Rogue Saint-Gbamarand, mareschal-dc-champ, et les gardes de notre général commandez par le sieur de Poignant se joignirent à Tavant-garde. M. le Comte, avec M. le comte de Lislebonne, lieutenant -général , et les inarescbaux-de-camp, à la réserve du sieur Marquis de Vaillac qui fust commandé comme sortant de jour pour faire suivre Tarrière-garde en diligence , marchoient à la teste de la brigade de la Villette qui suivit celle de Meilleraie, celle de Mercœur ensuitte, ci aprez celle d*Anjou mnrchoient les trouppes de M. le marquis de Saint-Luc.

M. le Comte eust advisdanssa marche par un parti qui avoit été commandé que le quartier de M. le Prince estoit à Staffort\ celluy de ses gardes et de ceux de tous les ofKciers généraux à Perguain , et celluy de sa gendarmerie à la Plume à une grande lieue les uns des autres, et ses autres trouppes dans des quartiers beaucoup plus près de, la rivière de («aronne et par conséquent plus esloi<;nez de nostre marche, ce qui obligea M. le comte d'Harcourt de se l^iire conduire par desgentilzhommes du pais qui luy servoient de guides au milieu de ces (rois quartiers, où estant arrivé il commanda à M. de SauvebœuF de s'avancer le plus près qu'il |X)urroit de Staffort pour charger les trouppes qui sortiroient du quartier de M. le Prince, et à M. le Comte de Lislebonnc

> Suivant les docum«aU, ce lieu s'écrit encore Esta/fort ou Atta/fort.

/480 APPEKDICK.

et fiu sieur chevalier d'Âubeterre , uiai'eschal-deeamp, de marcher, avec la brigade de la Yilletlc commandée par le sieur de la Villette, mestre-decamp, du costé de la Plume pour entreprendre sur la gendarmerie de M. le Prince, et à M. de Saint-Luc d'investir avec deux cents mousquetaires qui avoient esté détachez de Finfanterie, et deux escadrons des brigades de Mercœur et de la Villette, le quartier de Perguain * , pendant qu'il demcureroit avec le reste de la brigade de Mercœur et celle d'Anjou au milieu de tous pour secourir ceux qui en auroient besoing. Tous ces ordres ayant esté exécutez avec tout te la ponctualité qui estoit à désirer, M. le Comte eut advis <|uel({uc temps après de M. le comte de Lislebonne que les ennemis (jui estoient au quartier de la Plume se reliroient au nombrt^ de six escadrons, à la laveur de leur quartier plus avancé du costé de la Garonne et. qu'il attendoit ordre de ce qu'il aurait à Faire, et IM. (le Sanveixouf l'envoya avertir en mesme temps que M. le Prince se reliix)it à couvert de la rivière ([ni passoit en son quartier^ et qu'il estoit par consé- (pient inq)()ssil)le de le cou|>er. M. le Comte voyant approcher la nuict et ne jugeant pas à propos de séparer ses trouppes en lant d'endroictz, tous les autres ([uarliers ayant eu le temps de se joindre à la gendarmerie (pii auroil t'aict par conséquent un corps assez considérable pour defFairc celluy qu'il y opposoit avant qu'il l'eust pu secx)urir, envoya ordi*e à M. de Lislebonne cl à M. de SauvebœuF de revenir

' Ou du rergnn, comme nous Tinoiis (krit p. 4iô; Tort liogra plie de ce lif-u vurio sHon les documents.

* Le Gors.

sur leurs pas, remetlant au lendemain à prendre quelque avantage qui respondit à celluy que noua nous estions asseuré en assiégeant tous les gardes des généraux dans le quartier de Perguain au nombre de quatre-cents maistres.

Toute cette nuit fut employée à prendre un soin particulier de la seureté du siège et empescher qu'il n*en sortist rien ; et à la pointe du jour, M. le Comte nuarcha avec les brigades d'Anjou, La Villette et Mercœur et laissa celle de la Meilleraie avec les trpuppes dé M. de Saint-Luc el toutte Finianterie devant Perguain. Il ne paroissoit pas à Tardeur de noz trouppes qu'elles eussent si long temps fatigué, et les chevaux qui avoient le jour auparavant taict plus desept lieues et passé la nuict sans repaistre n'eurent jamais tant de vigueur.

Vous croirez sans doute Facillement que M. le Prince ne perdit pas beaucoup de temps à mettre ses trouppes à couvert de la rivière de Garonne, et en effet il apporta avec raison tant de diligence à le^ faire passer, s'estant rencontré heureusement pour luy près d'Agen qui luy Fournit aussy grand nombre de batteaux qui lui étoit nécessaire, que M. le Comte ne trouva que deux ou trois escadrons en deçà qui se retirèrent dans le faux-bourg d'Agen à la faveur de quelque infanterie. M. le Comte de Lislebonne, lieutenant-général, et M. le chevalier deCréquy, mareschal-de-camp en jour, s'estant rencontrez h la teste de la noblesse volontaire, de la Compagnie des gardes de M. le Comte, des régiments de Solainvilliers et du Coudray-Montpensier à la teste duquel le mestre de

l^Sl APPKMDICE.

camp, quoyque le mareschal-de-camp T voulut s'y trouver pour avoir sa part à la gloire, ayans tous mis pied à terre furent suivis de ce qu^il y avoil d'officiers et de cavallerie qui attaquèrent le fiauxbourg si vigoureusement qu'après une résistance fort opiniastrée, ils forcèrent trois baricades, y firent quantité de prisonniers et poussèrent le reste à la rivière dans laquelle un grand nombre qui ne trouva poinct de batteaux tut noyé. On ne scauroit assez admirer Tabandonnement de M. le comte de Lislebonne non plus que la vigueur avec laquelle les sieurs chevalier de Gréquy et du Goudray-Nontpensier attaquèrent ce Faux-bourg, qui firent sans mentir à Tenvie Tun de l'autre des actions tout à foict dignes de leur valleur, et quantité de genlishommes du Quercy volontaires dont .les nomsseroient trop longs à desduire, et le sieur Dumay, commandant lors la compagnie des gardes de M. le Comte, en firent paroistre une très signallée. Quelques officiers du régiment de Solainvilliers et de cclluy du chevallier de Créquy y ont esté blessez, ceux du régiment du Coudray s'étant rencontrés plus heureux.

Après cette exécution qui se passa à la veuc d'Agen et qui par conséquent n'y donna pas une médiocre espouvante, M. le Comte passa le reste de la journée à Estillac, à la veue de cette ville, et y receust des prisonniers qu'on luy amenoit de touttes partz parmy Icsquelz se sont trouvez le sieur cheva-

* Le marédial-de-cainp avait le grade supérieur sur le mestre-de-campt clief direct d'un régiment. Certains régiments avaient à leur tête un mestre-ile-ramp, d'autres un colonel; le titre était dîiïérent, mais le grade était le mémo.

ier de Roquelaure, mareschal-de-camp dans Tarniée le M. le Prince, quelques-uns de ses domestiques qui iToientesté prisle jour auparavant, quelques officiers la régiment de Bourdeaux et d'autres de la garnison le Brouage qui estoient venus quelques jours aupa- «▼ant trouver M. le Prince, et plusieurs autres dont e desnombrement seroit trop long.

Le lendemain, M. le Comte ayant eu advis que les issiégez s'opiniastroient à se deilendre, partit d*Estilac pour y aller donner ses ordres ; mais il trouva qu'à a'persuasion deH. de Saint-Lucet des extrèmitez qu'ilz ivoient souffertes n'y ayant poinct d'eau dans ce lieu, h commençoient à parler de capitulation, comme m eHect ils se rendirent ce mesme jour et sortirent e lendemain tous prisonniers de guerre, à la réserve le trois ou quatre des officiers dont M. le Comte icoorda la liberté à la prière des officiers généraux {ui avoient conduit le siège à une sy précieuse fin; es chevaux au nombre de plus de cinq cents et le ^uttin furent distribuez à toute l'armée et les prisonniers envoyez à Leytoure et à Florence.

H. de Sauvebœuf, lieutenant général, qui estoit iemeuré avec la brigade de la Meilleraie et l'infanterie devant Perguain, ayant voulu recognoistre In profondeur du fossé fut blessé d'une mousquetade )u bras gauche qui n'est, Dieu mercy, pas dangereuse. Le sieur du Fay, major au régiment d'infanterie d'Harcourt, fut blessé du mesme coup, mais légèrement.

Cependant M. le Comte ayant appris que le canon de M. le PHtice estoit resté dans le quartier de 8taffort avec deux ou trois cents mousquetaires, com-

manda à M. du Goudray-Montpensier, lnare8chal-<l^ camp en jour, de prendre ceux du régiment de Champagne et d'Auvergne qui avoient esté commandez pour suivre la cavallerie, et deux cents chevaui, et pria M. de Fimarçon, qui est seigneur de ce lieu, d'y aller pour obliger les habitans à donner quelque marquedeleur zelle et de leur fidélité, ce qu'ilz fireot avec beaucoup plus de honnesté que Ton n^auroit deu vray-semblablement espérer d^une bourgeoisie, et la garnison s'estant rendue sans s^opiniastrer à une fbrt longue résistance, les officiers demandèrent à se retirer chez eux soubz promesse de ne plus servir contre le Roy et les soldatz ont pris party dans SCS tmuppes. Les dits sieurs de Fimarçon et du Coudray s'attachèrent à Faire conduire le canon et les munitions de guerre qui estoient restez au dit Staflx>rt, au quartier de M. le Comte , qui ordonna que les chevaux de Tartillerie de l'armée de M. le Prince qui avoient été pris avec un grand nombre d*autres Fussent rassemblez pour estre achetez.

Nous n'avons pas esté Fort long-temps à nous apercevoir des bons eFFectz qu^ont produit ces avantages, ny ayant poinct de villes dans le haut pays mesme de celles d'Alby qui appartiennent à M. le Prince, qui n'ayent porté les cleFz à M. le Comte, et il est ce me semble assez inutille que je Fasse particulièrement valloir la conduitte et la vigilance de nostre général, puisqu'elle vous paroist assez dans cette relation et que sa réputation vous est cogneue. Je vous Féray seuUement considérer qu'il n'a pas médiocrement contribué à surmonter les obstacles <|ui auroicnt pu se rencontrer au passage de tant

APPENDICK. 48^

die rivières, en ayant passé six dans sa marche dont la moindre est celle de Tlsle.

M. le chevalier de Gréquy a esté choisy par M. le CiOmte pour porter cette dernière nouvelle à leurs Majestez, et le chevalier de Fourilles, celle de la levée du siège de Miradoux,

manda à M. du Goudray-Hontpensier, mareschal-decamp en jour, de prendre ceux du régiment de Champagne et d'Auvergne qui avoient esté commandez pour suivre la cavallerie, et deux cents chevaux, et pria M. de Fimarçon, qui est seigneur de ce lieu, d'y aller pour obliger les habitans à donner quelque marquede leur zelle et de leur fidélité, ce qu'ilz firent avec beaucoup plus de honnesté que Ton n^auroit deu vray-semblablement espérer d'une bourgeoisie, et la garnison s'estant rendue sans s'opiniastrer à une tbrt longue résistance, les officiers demandèrent à se retirer chez eux soubz promesse de ne plus servir contre le Roy et les soldatz ont pris party dans ses trouppes. Les dits sieurs de Fimarçon et du Goudray s'attachèrent à Faire conduire le canon et les munitions de guerre qui estoient restez au dit StaF- Fort, au quartier de M. le Comte, qui ordonna que les chevaux de Tartillerie de l'armée de BI. le Prince qui avoient été pris avec un grand nombre d*autres Fussent rassemblez pour estre achetez.

Nous n'avons pas esté Fort long-temps à nous apercevoir des bons eFBectz qu'ont produit ces avantages, ny ayant poinct de villes dans le haut pays mesme de celles d'Alby qui appartiennent à M. le Prince, qui n'ayent porté les cleFz à M. le Comte, et il est ce me semble assez inutille que je lasse particulièrement valloir la conduitte et la vigilance de nostre général, puisqu'elle vous paroist assez dans cette relation et que sa réputation vous est cogneue. Je vous Feray seullement considérer qu'il n^a.pas' médiocrement contribué à surmonter les obstacles qui auroicnt pu se rencontrer au passage de tant

de rivièi^es, en ayant passé six dans sa marche dont la moindre est celle de Tlsle.

M. le chevalier de Gréquy a esté choisy par M. le Comte pour porter cette dernière nouvelle à leurs Hajestezy et le chevalier de Fourilles, celle de la levée du siège de Miradoux.

NOTE HUITIÈME

pour le chapitre vii^ page 295^ et pour le chapitre ix^ page 398.

Nous insérerons seulement à la fin du volume qui terminera l'histoire de la Fronde, le traité conclu par le prince de Gondé avec TEspagne, parce que ce traité se rapporte non-seulement au premier volume, mais à tout Tensemble des faits.

Nous insérerons à la même place, pour le même motif, la relation du sié^e de Miradoux et des événements subséquents, rédigée par les ordres du prince de Gonti. Voyez la Note de la page 439.

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