‹ Souvenirs du règne de Louis xivChapitre 34 sur 100 · SUR CES · texte numérisé non relu

SUR CES

Le septième volume du règne de Louis XIV qui contient des particularités inédites sur l'ambassade envoyée à Gromwell par la ville de Bordeaux, sur les négociations et les opérations militaires dans la Guyenne, a reçu, comme les volumes précédents, un. favorable accueil des amateurs de l'histoire, ainsi que la presse le constate : Journal de la librairie j 6 mars 1880; Journal des Débats^ 12 avril 1880, le Jour» nal officiel^ 14 avril 1880 ; Polybiblion, Revue bibliographique universelle, avril 1880 ; Limousin et Quercy, avril et mai 1880 ; correspondance Saint'Chéron, dans un article reproduit par un grand nombre de journaux des départements; Union, {*' Juin 1880; Jowmal de Gand^ 9 juin 1880; Bibliographie catholique, livraison de novembre 1880; Gazette de France, 3 janvier 1881 ; etc.

Ce volume, ainsi que Tensemble de Touvrage, a été Tobjet d*un remarquable compte rendu à VAcadémie des Inscriptions et Belles^ Lettres par un de ses membres, M. Pavet de Courteilles, à la séance du 9 avril 1880 ; il a été reproduit par analyse dans le Journal des Débats et dans le Journal officiel, par M. Ffrdinand Delaunay ; noas extrayons de ce dernier compte rendu le passage suivant :

« On y voit comment le parti insurrectionnel s'était décidé à solliciter le secours de l'Angleterre et avait envoyé en conséquence à Londres trois députés chargés de négocier auprès de Gromwell. Gelui-ci les avait accueillis avec faveur, tandis qu*il ne voulait même pas accorder d'audience à l'ambassadeur de France. M. de Cosnac donne aussi des renseignements intéressants sur l'attitude peu patriotique du prince de Condé, sur la conduite irrésolue du prince de Conti, sur la vie privée de la princesse de Gondé et la ducbese de Longueville, etc. »

PuLYBiBLioN. Revue bibliographique universelle. Article de M. Tamisey de Laroque.

« Nous avons déjà si souvent ici donné aux Souvenirs du règne de Louis XIV, les éloges qui leur sont dus, qu'il nous semble superflu de redire une fois encore tout le bien que nous en pensons. Contentonsnous donc de déclarer que le septième volume est de tout point digne de ses aînés, et indiquons rapidement ce que Ton y trouvera. M. de Cosnac y retrace surtout la singulière histoire de la Fronde bordelaise, du mois d'avril 1653 au mois de juillet de la môme année. Jamais encore Autant de détails ne nous avaient été fournis sur les mille incidents de ces quatre mois. Le tableau est aussi vivant que complet. M. de Cosnac continuant à ne pas imiter ces auteurs qui font des livres avec des livres, travail facile autant qu'inglorieux, a puisé les principaux éléments de son récit dans les profondeurs de nos dépôts publics, et particulièrement dans les profondeurs de ce mystérieux dépôt du ministère des Affaires étrangères, où si peu de chercheurs avaient pu pénétrer jusqu'à ce jour,

(d'amis favorisés à peine un petit nombre) et qui semble avoir été gardé, de notre temps comme autrefois par les vieux et jaloux dragons des hespéride?. C'est par centaines que M. de Cosnac a recueilli des pièces que nul n'avait encore songé à consulter. Grande a été sa peine, grand aussi sera son succès. Que de clartés nouvelles, en effet, ses vaillantes recherches répandent à flot sur l'alliance des frondeurs de Bordeaux avec TAngleterre, sur »

Le Journal le Limousin et Qdergt, dans les numéros du 25 avril au 25 mai 1880, a inséré huit articles d'analyse de l'ensemble des SoU' venirs du règne de Louis X/F, par M. Tabbé Artiges, nous en détachons quelques extraits :

« M. de Noaillcs fait du grand siècle un cortège à madame de Maintenon, son illustre parente ; quant à M. de Cosnac il broche d'ur tenu, mais toujours visible de Daniel de Cosnac, son arrière grand-oncle, sa tapisserie de haute lisse historique

a L'ouvrage vise au monument, d'abord par les proportions matérielles, sur sept volumes in-8*, quatre sont consacrés à la seule année 1652, qui n'est cependant qu'un premier chapitre de l'histoire du grand roi, surtout par la masse d'idées nouvelles apportées à sa construction. Puisque monument il y a, nous le comparerons à l'hôtel littéraire de Rambouillet, aménagé aujourd'hui en palais historique. Ce fut madame de Rambouillet elle-môme, dont le cœur de femme fit éclore au cerveau une fleur de génie, qui fit b&tir pour recevoir sa brillante société,

l'hôtel devenu si fameux sous son nom M. de Cosnac, qui tient à

madame de Rambouillet par l'angle poétique et chevaleresque de son espnt, élève son édifice sur les mêmes plans. Cest la même éclatante lumière qui pénètre par les mêmes larges ouvertures, le môme goût exquis, un peu précieux d'ornementation.... Quant à la société qui passe, foule dorée, chuchotant les mystères, éclatant aux saillies, applaudissant un rondeau, causant histoire, littérature, philosopliie,

religion, elle est si évidemment la même que M. de Cosnac en revient et peut écrire au frontispice de son livre : Souvenirs,

« La critique l'a déjà dit : M. de Cosnac s*est si intimement lié àla société du dix-septième siècle qu'on croit lire un contemporain de Louis XIV. Mais il y a plus. La critique des journaux ne Ta pas remarqué parcequ'elle ne creuse rien et s'en tient aux surfaces : — son explication n'explique rien, ni l'originalité de ce style qui a des vibrations d'épée, des éclairs d'étonnement mêlés à des grâces de bergerie, ni la pensée qui domine tout, dans ce livre^ et qui en est l'honneur et aussi recueil. Disons-le franchement : M. de Cosnac est, de nature d'âme, membre vivant de la société du dix-septième siècle. Il en a les qualités, il en aurait eu les défauts. Il fait le même cas des traditions, des distinctions, des grandes manières, des mille nuances de l'hôtel de Rambouillet; son esprit parfois en a la moelle muliébrile, et il prend parfois l'éclat et la rudesse du cardinal de Retz. Capitaine d'instinct, il s'enthousiasme aux beaux faits d'armes, qu'il raconte du reste en stratégiste consommé. Qui sait s'il n'eût pas été frondeur, en 1652, avec le duc de La Rochefoucauld ? Convenons du moins qu'il eût embrassé le parti de la Fronde constitutionnelle avec le marquis de la Roche-Posay.

« L'épisode ! ce mot nous ramène de plain pied dans l'œuvre de M. de Cosnac. L'épisode, qui est au tronc de l'histoire comme le jet des branches aux arb]^s> pousse sa vigoureuse germination dans le cerveau en moelle de chêne de notre historien. Il excelle en ce genre. Plusieurs de ses récits enrichissent nos annales limousines; nous leur consacrons à ce titre une rapide analyse. (Suit l'analyse de l'épisode de l'occupation d'Uzerche et de la prise du château de Blanchefort par l'archevêque de Bourges, et de l'épisode du combat de Saint Robert.)

« Pionnier intellectuel (M. de Cosnac) à la façon des esprits d'Outre- Rhin, il creuse^ il enfonce dans nos diverses collections savantes, dans nos archives et nos bibliothèque ifationales, partout. Il recueille ainsi une moisson de documents nouveaux, en particulier, des gerbes de lettres dont il aurait pu nous pétrir le pain fort de l'histoire, mais qu'il préfère nous donner sans apprêts dans des épis d*or. Cette méthode lui a mérité de la part de la critique, l'éloge assez banal de s'être choisi d'illustres collaborateurs dans la personne de Louis XIV, de Mazarin, du prince de Gondé, de La Rochefoucauld, de la duchesse d'Aiguillon, etc., etc.; car nous ne savons vraiment qui n'y a tenu la plume, dos hauts personnages de la Fronde, dans ces récits...

« Ces récits ont ainsi quelque chose de cette histoire de France, que rêvait Aug. Thierry, où nos chroniqueurs seraient venus tour à tour raconter, dans leur style et avec les couleurs de leur époque, les événements dont ils auraient été les témoins. Ils en ont le charme naif, la force Incisive et l'appétence particulière pour les cerveaux blasés dé littérature contemporaine.

« L'hoçneur, l'immense honneur d'avoir doté nos annales d'une opulence nouvelle, fruit des plus patients labeurs, cet honneur, premier

pour un historien, nul ne peut le dénier à M. le comte de Cosnac. »

Journal I'Union, !•' juin 1880

u Nos lecteurs savent que les Souvenirs du règne de Louis XIV ne sont autre chose qu*une histoire détaillée des événements de la Fronde, enrichie de nombreux épisodes, de renseignements et d'anecdotes de toute sorte, et surtout pleine de documents inédits, recherchés par l'auteur avec une activité infatigable. Le volume que nous annonçons aujourd'hui (le septième) est tout à fait digne de ceux qui l'ont précédé.

M. de Cosnac y continue l'histoire de la Fronde bordelaise du mois d'avril au mois de juillet 1653. 11 s'est particulièrement attaché à mettre en lumière la guerre diplomatique que se firent auprès de Cromwell les représentants des frondeurs et l'ambassadeur de Mazarin, dont M. de Cosnac blâme sévèrement la conduite en cette circonstance.

(( Marii's Sepbt »

Journal de Gand, 9 juin 1880 :

« Le septième volume de ce remarquable ouvrage vient de paraître. Les événements de la Fronde en font encore le sujet, principalement à Bordeaux, et dans la Guyenne. Le parti des princes, qui visait avant toutes choses au renversement du cardinal Mazarin, et le parti démocratique qui, dès cette époque déjà, visait à la république^ y avaient concentré leur action, depuis que Paris avait été enlevé à la domination de la Fronde par la rentrée du roi.

a Le travail de M. de Cosnac présente un grand intérêt par l'ensemble considérable de faits et détails historiques ou totalement inédits ou très peu connus

Bibliographie catholique, livraison de novembre 1880 :

« La Fronde a occupé beaucoup d'historiens, il serait inutile de les nommer tant Us sont connus. Presque tous se sont attachés à saisir le côté pittoresque de cette révolte, à décrire le jeu des partis, le conflit des ambitions^ la guerre à coup d'épigrammes, de chansons et de brocards. Tous se sont enfermés spécialement dans l'horizon de la grande ville, cette charmeuse des conteurs. M. le comte de Cosnac n*a pas sans doute négligé la Fronde parisienne ; car il Ta vue de haut, il en a dévoilé tout le sérieux, et il en a surtout marqué, mieux qu'on ne l*avait fait, le patriotique rôle do la noblesse demandant, pour en finir avec l'arbitraire ministériel et les intrigues parlementaires et princières, la convocation des assises nationales. Mais c'est principalement sur la province, vaste champ à peu près inexploré, qu'il a dirigé ses vues d'historien et ses recherches d'érudit.

« La Fronde, en effet, eut deux capitales^ Paris et Bordeaux. La seconde fut plus féconde que la première en péripéties redoutables et pour l'honneur et pour la sécurité de la France. Là se prolongea, pendant plusieurs années^ un drame compliqué de changements à vue, dont il

importait de mettre au grand jour les ressorts jusqu'à présent cachéa. C'est la tâche que s'est imposée M. de Cosnac avec autant de persé?érance que de sagacité.

La clémence fut superflue. Une promesse de large amnistie, promulguée au nom du roi, fut taxée de ridicule par Lenet. La diplomatie n'eut pas meilleure chance. M. de Cosnac expose avec bon sens et netteté les abaissements de Mazarin devant Cromwell. Ce ministre souvent peu fier quand il jugeait nécessaire de l'emporter à tout prix, s'efforça d'effrayer le président anglais par la perspective d'un immense agrandissement de la maison d'Autriche; il tenta également d'intéresser la Hollande à sa cause. Tout échoua, M. de Bordeaux, ambassadeur de France à Londres, ne put même pas obtenir de Cromwell une audience ; il n'eut que par des intermédiaires des réponses évasives et dilatoires.

(c De que] côté sera la victoire^ et que vont faire d'ailleurs l'Angleterre et la France? M. de Cosnac nous laisse dans l'attente, et nous sommes loin de l'en blâmer; il nous réserve les dénouements pour la bonne bouc?ie.,„

« Avant de quitter ce volume, nous serions injuste et incomplet, si nous ne disions pas qu'il est puisé presque entièrement à des sources

jusqu'alors inexplorées et si nous affirmons qu'on a été ou qu'on

sera, comme nous, séduit par cette lecture, nous n'aurons certes pas de contradicteur.

a Georges Gandt »

Gazette de France du dimanche 2 et lundi 3 janvier 1881 :

« Nous avons entretenu déjà les lecteurs de la Gazette de France des premiers volumes de cet intéressant travail commencé, il y a longues années, et poursuivi avec une persistance d'autant plus méritoire que l'auteur, fidèle aux traditions de sa famille, ne s'est pas désintéressé, un seul instant, aux luttes que les royalistes soutiennent à peu près seuls contre les entreprises des révolutionnaires.

« Le VI* volume des Souvenirs du règne de Louis XIV s'ouvre au milieu de VOrmée de Bordeaux, de cette insurrection démagogique issue de la Fronde des princes. Il n'existe pas, croyons-nous, de tableau mieux tracé^ plus complet, plus vivant de cette phase de la Fronde qui est au fond un véritable essai révolutionnaire, auquel rien ne manque, ni les sinistres figures des tribuns comme Yilars et Dureteste, ni les arrestations arbitraires, ni les assassinats, ni le massacre des suspects, ni même les chimères républicaines. On est frappé de la ressemblance étonnante des hommes qui conduisaient ce mouvement avec ceux que nous avons vus depuis, à d'autres époques, présider à des tentatives du même genre.

« Il est triste et instructif à la fois de voir les revendications de la Fronde, légitimes en grande partie au moins, aboutir par la logique des factions et de la guerre civile à cette alliance des Princes et de la démagogie, compliquée de la recherche de Talliance étrangère.

« C'est encore là un chapitre fort mal connu de l'histoire de la Fronde. M. de Gosnac, avec la patience du bénédictin et la perspicacité du collectionneur, qui lui sont particulières, fait passer sous les yeux du lecteur des documents de l'intérêt le plus vif et en très grand nombre qui permettent de suivre, dans son VI* et VI1« volume, toutes les phases des négociations engagées avec Cromwell par VOrmée d'une part, afin d'obtenir le secours de l'Angleterre, et de l'autre par Mazarin pour contrebattre les intrigues bordelaises. On ne sait vraiment, quand on lit, avec l'attention qu'ils méritent, les Sovnenirs du règne de Louis JCIV, contre qui l'on doit s'indigner davantage, ou des rebelles de Bordeaux sollicitant l'appui de l'ennemi héréditaire de la Fmace, ou de Mazarin humiliant la Couronne devant l'assassin de Charles I** et concourant avec lui à l'affaiblissement^ sinon à la ruine du principe monarchique.

a On voit quelle mine précieuse les Souvenirs du règne de Louis XiV ouvrent à ceux qui veulent étudier le milieu du dix-septième siècle. Des investigations d'une exactitude et d'une conscience indiscutables, une richesse de documents diplomatiques vraiment extraordinaire qui jettent un jour tout nouveau sur des parties inexplorées et ignorées de l'histoire de la Fronde, un grand nombre de pièces inédites complètent les mémoire» déjà publiés, par-dessus tout une impartialité qni ne se dément jamais, Jointe à un ardent amour de la France, de ses traditions, de son passé, recommandent les Souvenirs du régne de Louis XIV k tous ceux qui se préoccupent encore d'études historiques, qui y cherchent une consolation et un enseignement pour supporter les douleurs du présent. C'est certainement, l'un des ouvrages les plus sérieux, les plus utiles et en même temps les plus intéressants à lire qui aient été écrits de notre temps.

a J. Bourgeois. »

TABLE GÉNÉRALE

Page 1