‹ Souvenirs et anecdotesChapitre 55 sur 56 · CHAMBRE · texte numérisé non relu

CHAMBRE

HB 8 DÉPUTÉS * Paris, le 4 novembre 1887.

Mes chers amis,

Puisque vous publiez vos souvenirs, laissez-moi évoquer l'un des miens.

Je n'ai pas oublié que vous étiez là tous les deux, le soir où je dis pour la première fois de mes vers devant un public parisien.

Quelle peur j'avais ! pas pour mes vers : dans le Midi, et même ailleurs, nous ne doutons jamais de ça, quand c'est de nous. Mais, mon accent, mon terrible assent, voilà ce qui m'effrayait !

Bah! tout passe; et vous ne fûtes pas les derniers à m'encourager. Comme vous en avez encouragé tant d'autres, n'est-ce pas? Et voici ma conclusion, toujours avec le même accent :

Recueillir des bravos sur la route suivie, Dompter en souriant les destins hasardeux; Marcher, les yeux levés, l'âme à jamais ravie. Dans le tranquille oubli des méchants et loin d'eux;

Servir les pauvres gens, décourager l'envie A force d'être doux devant Je mal hideux :

Telle est la bonne part de Thomme dans la vie; Et ne vous plaignez pas, car vous l'avez à deux!

Chantez! quand vous chantez, je pense à votre mère.

Elle vous a créés pour la même chimère,

Gomme deux mêmes fleups pour le même parfum,

Tant et si hien qu'aux jours où^tout tombe en ruine, Vous respirez la foi par la même poitrine Et que vous êtes deux comme le cœur est un !

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