‹ Souvenirs et biographies, 1870-1910Chapitre 14 sur 44 · L.-O, LOHANGER · texte numérisé non relu

L.-O, LOHANGER

en toutes choses. Il a, un jour, résumé ses principales idées politiques et nationales dans les paroles suivantes:

'*' Je suis, dit-il, opposé à tout changement dans la " constitution du pays, car je suis convaincu que notre " nationalité en soutïrirait, que notre intérêt est de " rester dans le statu qiio jusqu'à ce que nous soyons *' assez forts pour nous conserver.

" Qu'on étudie tous les changements de constitution " qui ont eu lieu et l'on verra qu'ils ont été faits contre " notre intérêt sous le contrôle et l'inspiration d'hommes " naturellement disposés à favoriser les influences qui " nous sont hostiles. Les efforts de ceux qui veulent "' conserver la nationalité doivent avoir pour objet la '"' possession du sol, ie défrichement des terres incultes, "la colonisation, lis doivent compter sur l'influence "du nombre, s'appliquer par conséquent à empêcher " nos compatriotes de partir et à faire revenir ceux qui "' sont partis. Quand nous aurons le sol et le nombre, "' il faudra bien compter avec nous et nous pourrons '■ résister à tous les changements.

"' Au point de vue national comme sous le rapport "matériel, je ne vois pas ce que nous pourrions gagner " à un changement de constitution que nous ne pour- '■ rons contrôler. Mieux vaut pour nous profiter de la " constitution actuelle et des avantages qu'elle nous " donne pour nous renforcer par l'éducation et la colo- '■ nisation. Xotre gouvernement provincial devrait faire " passer avant tout la colonisation, consacrer toutes les " ressources de la province au défrichement des terres. " Là est le salut national."

Ces paroles méritent d'être méditées.

X. B. Le juge Loranger célél)rait l'année dernière le cinquantième anniversaire de son admission au barreau, et les avocats de Montréal lui présentaient à cette occasion une adresse de félicitations et lui offraient un banquet. Les éloges et les appréciations les plus flat-

70 SOLVKNIKS 1;t biographies

tcuses de sa carrière légale lui arrivaient de tous côtés et il les méritait.

Au barreau, au conseil munit i pal, à la Chambre, dans la magistrature, il a l'ait honneur à sa famille, à ses compatriotes.

Il a accepté la présidence du bureau d'administration de l'hôpital Notre-Dame, Tune des bonnes œuvres du docteur E.-P. Lachapelle, et assumé la lourde responsabilité de mettre cette institution nationale en état d'accomplir sa noble mission. Il a fait un appel chaleureux à Ui générosité publique et la population canadienne-française a répondu en souscrivant la somme qui était requise.

I^ODRIGUE MASSUN

Page 1