A UN SAVANT AMI DE PROVINCE, LÉGITIMISTE ET TOLÉRANT
« Ce 28 avril 1868.
* .... Puisque le bruit de ce dîner est allé jusqu'à vous, il est bon que
VOUS sachiez pourtant qu'à part le fait d'avoir eu six amis à huis clos ce jourlà, il n'y a pas en un mot de vrai dans tout ce qu'on a raconté. C'est le journal la France qui a le mieux réduit le fait à sa simple expression.
Quant à Veuillot, il a fait son métier, malheureux métier pour un homme d'esprit! mais, sans compter qu'il est peu éclairé, il a l'imagination naturellement ignoble, ordurière et crapuleuse^ et dès qu'il est ému et que cela se secoue, il en sort ce qui est dedans; et ce dedans n'est pas beau. On rougirait d'avoir à se justifier d'avoir reçu dans la plus étroite intimité, au fond
d'un faubourg, sans bruit et sans éclat, six amis auxquels le jour était indifférent, et dont l'un, le plus considérable, devant quitter Paris, avait choisi d'abord à tout hasard ce vendredi -là : et à la réflexion, il n'y avait aucun niotif (ceux qui devaient être du dîner étant ce qu'ils sont) de rejeter le jour et de le vouloir remettre. Mais la badauderie d'abord, qui en a eu vent, a donné l'idée à la calomnie et à l'invective d'attrouper les gens à scrupules. C'est peut-être triste, mais pour d'autres que pour moi... »
DU VEMJREDI-SAIM 237