PROVINCE DE QUÉBEC
L'entrée dans la vie de THon. Procureur-Général offre une particularité qui rappelle les mœurs patriarchales, au temps de Jacob, dans l'heureuse et fertile terre de Gessen. 11 naquit à Ste. Rose, le vingtsixième enfant de la famille de Jean Ouimet, et, suivant un antique usage, fut triomphalement porté au presbytère et offert comme dîme au respectable curé de la paroisse. En acceptant ce don le pasteur
prenait les charges de cette paternité spirituelle. Le bon curé se serait acquitté de sa tâche en conscience, sans la mort qui vint le frapper à quelque temps de là.
Placé d'abord au collège de St. Hyacinthe, l'Hon. M. Ouimet y commençait des études qull terminait plus tard au collège de Montréal, puisse faisait admettre au Barreau à l'âge de vingt-et-un ans. Etabli à Vaudreuil durant quelques années, il y exerça sa profession et devint maire de la localité, qu'il quitta pour venir faire ses débuts à Montréal, en qualité d'associé de M. Hubert, aujourd'hui protonotaire.
L'Hon. Procureur-Général, est le frère de feu M. André Ouimet, exprésident de " l'Association des fils de la Liberté, " et aussi connu par l'ardeur de son patriotisme que réputé pour l'originalité de son esprit.
La vie publique de l'Hon. député des Deux-Montagnes, mêlée de succès et de revers, remonte aux élections de 1858, dans lesquelles l'Hon. Procureur-Général, alors simple avocat, ayant battu son adversaire, vint représenter à l'ancienne Assemblée Législative le comté de Beauharnois. En 1861, le député victorieux, vaincu à son tour, rentra dans la vie privée jusqu'en 1867, où, envoyé à laChambre Locale par le comté des Deux-Montagnes, il fut appelé dans le Cabinet par l'Hon. M. Ghauveau, qui lui confia les importantes fonctions de Procureur-Général de la Province de Québec.
L'Hon. M. Ouimet a représenté la Couronne à Ste. Scholastique ; il a été Bâtonnier du Barreau de la Province de Québec, président de •• l'Listitut Canadien-Français" etse trouve actuellement président de " la Société St. Jean-Baptiste de Montréal. "
L'Hon. député est un de ceux qui ont le plus travaillé durant les sessions. Dans la plupart des comités spéciaux, l'Hon. Procureur-Général s'est multiplié et a toujours été sur la brèche : présentant des mesures, répondant aux interpellations, siégeant au Conseil, donnant des avis aux comités, etc., etc. Deux mesures, entre toutes celles présentées par l'Hon. Procureur-Général, resteront comme le témoignage de ses travanx et de sa sollicitude éclairée pour l'administration de la justice : " le Code Municipal, et les Magistrats de District. " Ces mesures capitales marque'nt une ère nouvelle ; toutes deux remédient à des abus et font disparaître des inconvénients graves : la première, portant la lumière au millieu d'un chaos confus de lois, d'arrêts, de statuts, en fait une œuvre coordonnée, claire, simple et dont les effets ne tarderont pas à se faire sentir; la seconde comble une lacune, pourvoit à de vrais besoins et complète la décentralisation judiciaire.
L'Hon. Procureur-Général est doué d'une physionomie ouverte et prévenante, les traits sont virils, le front large, les yeux intelligents ; lorsqu'il parle le ton est naturellement grave, la phrase correcte, la pensée sans ornement mais substancielle. Son langage reste en Chambre ce qui lui a valu au Palais sa réputation d'aVocat plaidant.
Ses études, son état, ses travaux, son expérience, tout, jusqu'à sa ■ liarge actuelle, sont autant de degrés franchis qui le rapprochent du. banc judiciaire.
De par son prénom, d'ailleurs, l'Hon. Procureur-Général est prédcs-
tiné à devenir un des juges du Canada, comme son homonyme, Gédéon, le fut jadis dans Israël.
Pélilious — 9.
1 V Février contre, 15 id contre,
Péliiions — 27.
bill Marcliand.
amend. Carter.
19 Février pour, amend. Carter.
22 id contre, proposition Marchand
VOTES
ô Fév. pour, Motion de rilon. M. Chau- 27 Mars contre,
veau. 30 id contre,
23 id contre, amend. Joly. 30 id contre,
23 id contre, amend. Coutlée. 31 id contre,
1 8 Mar? contre, amend. Joly. 3 1 id contre,
27 id contre, amend. de i'Hon.M. Cau- 1 Avr. contre, clion.
amend. Lecavalicr.
amend. Bachand.
amend. Marchand, amend. Goutlée.
amend. Joly.
décision de l'Orateur,
Péliiions — 1 1.
3 Dec. contre,
id
contre.
id
contre.
id
contre,
id
contre.
id
contre.
18 Janv contre
id
pour,
amend. Joly.
proposition Joly.
1er. amend. Benoit. 2e. amend. Benoit, ■amend. Benoit.
1er amend. Chapleau.
28 Janv.
id id id id id
contre, 2e. amend. Chapleau.
contre, 3e. amend. Chapleau.
pour, amend. Hemming.
contre, 1er. amend. Chapleau.
contre, 2e. amend. Chapleau.
contre, amend. Rhéaume.
31 id contre, proposition Tremblay.
Péliiions — 0.
28 Nov. contre,
28 id contre, 1er Dec. pour,
6 id contre,
10 id contre,
17 id contre,
19 id contre,
21 id contre,
amend. Lafontaino.
amend. Gendron.
amend. Chauveau.
amend. Hemming.
amend. Joly.
amend. Joly.
motion, Tremblay, amend. Bellintrham
VOTES
Dec.
id id id id id
contre,
pour,
contre,
pour,
pour,
absent,
amend. Bachand.
amend. Chapleau.
1er. amend. Joly.
2e. amend Joly.
amend. Joly.
motion Irvine.
amend. Bachand.
L'HON. M. JOSEPH, GIBB ROBERTSON, TRÉSORIER DE LA PROVINCE DE QUÉBEC, DÉPUTÉ DE SHERBROOKE.
Ecossais comme Law et comme lui Ministre des Finances. Transplanté fort jeune en Canada où il suivit son père qui, après avoir rempli les fonctions de pasteur durant trente ans h Stuartfield, en Ecosse, s'envint prendre à Sherbrooke la direction d'une Eghse Congrégationalisle.
Une fois, dans sa vie, l'Hon. M. Robertson monta aussi haut qu'il peut être permis à un mortel d'atteindre. Lors de l'explosion du Lon- (jueil^ le député de Sherbrooke qui se trouvait passager à bord échappa miraculeusement à cette catastrophe, mais fut lancé à une hauteur prodigieuse. Décrire une pareille parabole dans l'espace, puis retomber sur ses deux pieds, vivant et au complet, c'est le signe évident d'une destiné particulière.
L'avenir lui devait des compensations ; ce fut la Gie. du Grand-Tronc qui les lui donna.
Comme tous ses compatriotes, l'Hon. M. Robertson est doué de rares aptitudes financières. Etabli négociant à Sherbrooke, il acquérait en peu d'années, grâce à son habileté, ù son entente des affaires, une assez belle fortune ; et, ce qui est mieux, l'estime et la considération de ses concitoyens.
Très versé dans les affaires municipales, la Chambre le nomma membre du comité et du sous-comité du nouveau code. Ses conseils son expérience^ ont dû beaucoup servir les codificateurs, car THon. membre occupa les fonctions de Trésorier de la Corporation de Sherbrooke pendant huit ans, sous l'ancienne loi, et fnt deux fois maire de la ville la première de 1854 à 1855, la seconde de 1858 à 1868, c'est-à-dire durant onze années.
C'est en grande partie à la sagesse de sou administration que la vil le de Sherbrooke doit la prospérité dont elle jouit ; et c'est au milieu des opérations difficiles et dispendieuses nécessitées par son rapide développement, qu'éclatèrent les capacités financières de l'Hon. M. Robertson.
Ceux qui, le 25 Octobre, 1869, s'étonnèrent de sa nomination au poste de Trésorier de la Province de Québec, comprendront, par la courte revue de ses travaux antérieurs, combien l'Hon. membre pour Sherbrooke se trouvait naturellement recommandé à l'attention des ministres. Comme député, l'Hon. M. Robertson s'est surtout occupé de projets de chemins de fer ; ceux de la Vallée de Massawippi, du chemin à lisses de Sherbrooke et des townships de l'Est, lui firent présenter deux bills.
Comme Ministre des Finances, l'Hon. membre recueillait la succession de l'Hon. M. Dunkin, à l'époque la plus périlleuse de l'administration, au moment des difficultés de l'arbitrage de la dette de l'ancien Canada.
On sait comment s'est terminée cette importante affaire. Rien de décidé encore à cet égard ; mais nul doute que l'opinion de M. Robertson n'ait contribué à la ferme attitude prise par notre ministère local, attitude dont l'Hon. M. Chauveau se faisait naguère l'énergique interprète, à Ottawa, dans la Chambre des Communes. Les principales mesures fiscales du nouveau ministre comprennent : Un OUI pour amender la loi concernant les timbres sur les procédures judiciaires et l^s enregistrements ; Pour amender la loi concernant les licences et les < ' roirs et obligations des personnes tenues d'en être munies ; Pour amcnacr la loi concernant les Assurances Mutuelles.
Voisins de pu^ntre, MM. Robertson et Ross paraissaient être, à la
Chambre, les deux frères jumeaux. Chauves tous deux, bien qu'une harbe assez forte distinguât M. Robertson du député de Gompton, leurs manières, leur façon de s'exprimer, leur titre de représentant des Cantons de l'Est, leur origine écossaise, donnaient à ces deux physionomies un tel air de famille que beaucoup de personnes, ne pouvant les distinguer l'un de l'autre, tombaient chaque jour dans de plaisantes méprises.
Siégeant au banc des Ministres, l'Hon. député de Sherbrooke conserve aujourd'hui pour lui seul les traits que son voisinage l'obligeait de partager avec son collègue et compatriote.
PclUions—2.
BiLLS. Pour amender l'acte d'incorporation d-i la Compagnie du chemin de fer de la Vallée de Massawippi, 17 Janvier.
VOTES
S. dulîFév. pour, bill Marchand, S. du 22 Fév. pour, proposition A. Mar-
S. du 15 id pour, am^^nd. Carter, chandj
S. du 19 id pour, am3nd. Carter,
PéUHons—9.
BiLLS. 5 Fév. Pour incorporer la Gie. du chemin à lisse de Sherbrooke et des lownships de l'Est. 26 Fev. pour régler le mesurage des billots de sciage.
VOTES
5 Fév. pour, mot, d'aj. l'Hon. Chauveau, 27 id contre,
23 id contre, amend. Joly, 30 Mars contre,
3 Mars contre, amend. Coutlée, 30 il contre,
18 id contre, amend. Joly, 31 id contre,
27 id contre, amend. de l'Hon. Cau- 31 id contre,
chon, 1 Avril contre,
Peinions — 3.
3 Dec. contra,
9 id contre,
10 id contre,
17 id contre,
17 id contre, 21 id contre,
18 Janv. contre, 28 id contra,
PéWioiu—^.
28 Nov. contre, 28 id contre, 1 Dec. pour, 6 id contre,
16 id contre,
17 id contre, 19 id contre, 21 id contre.
amend. Joly, proposion Joly, amend. Joly, 1er. amend. Benoit, 2nd. amend. Benoit, amend. Joly, amend. Benoit, 1er. amend. Ghapleau.
28 Janv. contre,
28 id contre,
31 id contre,
3 1 id contre,
3 1 id contre,
31 id absent,
31 id contre,
VOTES
amend Lil'ontaine, 2me. am md. Gendron, am'^nd. Chauveau, amend. Ilcmming, amend. Joly, am'nd. Joly, motion Tremblay, amend. Bollinghan,
21 Dec. contre,
id id id id id id
contre,
pour,
contre,
contre,
pour,
absent,
amend. Lecavalier.
amend Bachand, amend MarchanI, amend Coutlée, amend Joly, décis. de l'Orateur.
2nd. amend. Chipleau, 3me. amend. Ghapleau, amend. Hemming, 1er. amend. Ghapleau, 2me. amend. Ghapleau, amend. Rhéaume, proposition Tremblay.
amend. Ghapleau,
1er. amend. Joly,
2me. amend. Joly, amend. Joly,
motion Irvine.
amend. Bachand.
L'HON. SIR G. E. CARTIER, BARONNET, DÉPUTÉ DE MONT- RÉAL-EST, MINISTRE DE LA MILICE.
Faites abstration du cadre, analysez atteDtivement les traits de la physionomie de l'Hon. Baronnet, et vous obtiendrez, dans des proportions réduites mais exactes et vraies, un portrait ne le cédant en rien à ceux des hommes d'Etat européens dignes de ce nom.
La célébrité de <■> - derniers tient d'abord à la grandeur du théâtre, à l'intérêt des incid^-ts, à l'étroite solidarité C]ui relie les peuples du vieux monde, et fait que toute modification dans la manière d'être du plus humble, trouble l'organisme entier et dérange l'équillibre gé- -néral. Les audacieux qui, rompant cette unité, ont le génie de faire servir ces forces contraires, hostiles mêmes, au triomphe de leurs desseins sont réputés grands et entrent de plein pied dans l'histoire.
Richelieu et Bismarck resteront illustres parce que tous deux ont réalisé une grande chose ; celui-ci, l'unité Allemande, celui-là, l'unité française. Chacun de ces ministres a été l'incarnation vivante des aspirations nationales. C'est dans cette cause unique que le philosophe et l'historien devront chercher un jour le secret de la puissance de tels hommes, celui de leur popularité ainsi que la justification de leur grande œuvre.
Sur une scène moins vaste, THon. M. Cartier a joué un rôle à peu près semblable ; il demeurera, lui aussi, comme la plus haute personnification de sa race. Si des conditions politiques particulières circonscrivent sa renommée, sa tâche n'en a pas été moins difficile, son mérite moins grand, son œuvre moins complète ; car, si deux génies ont constitué des tronçons épars d'une race divisée des peuples unis et homogènes, THon. M. Cartier a préservé de fabsorption, sauvé de l'anéantissement la nationalité Franco-Canadienne, et, cela avec tant d'habileté et de courage, que, tout en forçant ses adversaires à le servir, il s'est attiré leur estime et leur respect. Au milieu de luttes ardentes, de circonstances difficiles, l'histoire de la carrière politique de l'Hon. Baronnet n'est que le développement de ce patriotique dessein.
La fortune parlementaire de l'Hon. Ministre de la Milice abonde en contrastes : il a connu les amertumes de la défaite comme il a savouré aussi les ivresses du triomphe. Il entra aux Communes en 1848, dans ces temps orageux qui suivirent les premières années de l'union, et où deux grands partis rivaux discutaient avec passion, le bill de Vindemnilé^ les réserves du clergé^ les écoles séparées^ la tenure Seigneuriale^ le rappel des lois de la métropole concernant la navigation, l'acte municipal^ etc., etc., toutes ces mesures fécondes, enfantées dans le trouble, et dont nous goûtons paisiblement les fruits.
Quatre fois ministre, en 1855, 1858, 1864, 1867, — son chef et son modèle, M. Morin, le fut cinq fois, — il avait refusé déjà d'entrer dans le Cabinet de M. Hincks, en 1851, comme Solliciteur-Général; eu 1853 en qualité de Commissaire des Travaux Publics. Chargé en deux occasions difficiles, 1862 et 1864, de former un ministère, il laissa la dernière de ces tâches à son ami Sir. E. P. Taché, acceptant sous lui les
fondions de Procureur-Général. Les deux échecs subis par THon. Ministre de la Milice remontent l'un en 1854, lors de sa candidature au fauteuil présidentiel de l'Assemblée; l'autre, à Montréal, lorsqu'il se présenta comme député de la ville aux élections de 1857. Un troisième, plus mémorable, fut la chute de son administration en 18G2, au sujet du bill de Milice.
Bizarre retour de la fortune. L'Hon. Baronnet a précisément choisi dans le ministère actuel le portefeuille de la milice, et fait adopter pour celle-ci un projet de loi beaucoup plus effectif que le premier.
Dans les conjonctures délicates, chaque fois qu'on a dû recourir à des négociations avec l'Angleterre, l'Hon Baronnet a été choisi comme délégué. U établissement du siège de la Capitale^ la conférence coloniale relative à la nouvelle constitution de rAmérique Britanique du Nord, le transfert au Canada du territoire du Nord-Ouest, l'ont successivement vu à Londres, discutant le fonds et réglant les détails de ces importantes mesures. Son nom, mêlé aux principaux événements du pays depuis 1849, l'avait précédé en Angleterre et lui ouvrit les portes royales de Windsor. Il avait été auparavant un des principaux délégués aux conventions de Charlottetow^n et de Québec.
En dehors de la poUtique, l'Hon. M. Cartier a occupé des fonctions aussi nombreuses que distinguées. Avocat en 1835, il reçut le titre de Conseil de la Reine en 1854 ; il a été directeur du chemin de fer du Grand Tronc, avocat de cette même Compagnie ; en 1866, il devenait mem- Ijre honoraire du Barreau de la Province d'Ontario, et exerça, durant plusieurs années, les fonctions de substitut du Procureur-Général. Chose remarquable, il conserva, pendant quatorze années, la présidence du comité des chemins de fer dans l'ancienne législature du Canada, de 1852 à 1867. Il devient presque superflu d'ajouter à cette liste de charges et de postes, plus importants les uns que les autres, le tableau des mesures qu'il a fait adopter : V établissement des écoles normales, le règlement définitif de la tenure seigneuriale, la construction du Grand Tronc, le transport de la capitale à Ottawa, la construction du chemin de fer Intercolonial, la décentralisation de la justice dans le Bas-Canada, la législation concernant les terres des townships ; la codification des lois civiles et de la Procédure civile du Bas-Canada, se recommandent eiitre toutes les autres. L'Hon. Baronnet s'est surtout occupé de cette dernière œuvre ; on peut dire qu'il en fut le créateur.
L'Hon. Ministre de la milice représenta d'abord aux Communes le canton de Verchères jusqu'en 1861, et, depuis cette époque, la ville de Montréal. Au début du nouveau régime il crut devoir accepter un siège à la Chambre locale, afin d'y porter le secours de ses lumières (.'t de son expérience. La mission qu'il remplit çn Angleterre, en 1869, ne lui permit point d'assister à la deuxième session du Parlement de Québec.
L'Hon. Baronnet est né à St. Antoine, sur les bords riants de la rivière Cliambly, au milieu de cette zone fertile réputée, au temps de sa naissance, comme le grenier du Canada. Coïncidence singulière, ce-
lui qui devait un jour consolider et affermir ce petit noyau de Canadiens-Français, descend de la famille même de Jacques-Cartier. C'est au petit neveu de l'explorateur malouin qu'était réservée la tâche de défendre les droits de ceux que l'oncle avait amenés sur ces rivages !
L'Hon. Sir G. E. Cartier offre en sa personne les caractères de sa race. De petite taille, la nature semble avoir négligé la stature, occupée qu'elle était à construire le cerveau. La tète est fine, le front large, bien coupé, décèle l'intelligence ; une physionomie expressive, mobile, reflète l'agitation intérieure et rend sensible l'impression des sentiments et des idées. Des yeux vifs et clairs, le nez mince et droit, surplombant le bas du visage un peu en pointe, révèlent la souche normande. Au moral, l'Hon. Ministre de la milice joint aux principales qualités de sa race un grand amour du travail.
En Chambre, le député de Montréal ne fait point de discours, mais parle de ce ton simple et familier avec lequel les membres du Parlement d'Angleterre traitent de la politique. Dans l'intimité, son esprit se livre et sa conversation abonde en réparties heureuses. Nul ne connaît mieux que lui son pays et ses compatriotes ; on le dit ami sûr, dévoué, et ses adversaires eux-mêmes ont toujours rendu justice à son désintéressement et à sa fidélité.
Lorsque l'on considère chez l'Hon. Ministre de la milice sa vie occupée et remplie, que l'on suit chac[ue pas de cette carrière déjà si longue et pleine encore de sève et de'" vitalité, on ne peut s'empêcher d'admirer ; et, pour l'honneur de la nationalité ainsi que pour celui de la jeunesse, on ressent une légitime fierté à le citer comme un exemple, à le choisir comme un modèle.