‹ Souvenirs et légendes (volume 2)Chapitre 70 sur 89 · M. VICTOR ROBERT, DÉPUTÉ DE ROUVILLE · texte numérisé non relu

M. VICTOR ROBERT, DÉPUTÉ DE ROUVILLE

Tous ceux ayant suiv^i régulièrement les quatre sessions de la Législature ont dû remarquer sur le troisième siège, à la droite du sergent d'armes, un homme de taille moyenne, aux yeux vifs, au sourire un peu narquois, et suivant les débats avec une infatigable attention. Toujours le premier en Chambre, le dernier sorti, son assiduité aux séances ne s'est jamais démentie. En quatre années, deux fois seulement le député laissa son siège vide. On s'informa : une grave indisposition le forçait à garder le lit. Le représentant qui remplit son devoir avec cette rare conscience, c'est M. V. Robert député de Rouville.

Né, élevé, vivant à la campagne, y faisant valoir lui même de grandes propriétés, ex-maire, conseiller municipal, juge de paix, on peut dire que M. Robert représente particulièrement la classe agricole. Placé au milieu d'elle, au fait de ses besoins, de ses voeux, le député de Rouville se montre jaloux de ses privilèges, et n'entend point badinage lorsqu'une mesure tend à restreindre ses droits ou à compromettre ses intérêts.

Lors de la discussion sur le Code Municipal, ce fut en grande partie aux avis donnés par M. Robert au gouvernement, que celui-ci se décida à nommer un comité spécial, et à ne point hâter une législation si importante pour les campagnes. Partisan de l'économie, le député de Rouville a toujours voté pour la réduction des dépenses : il seconda la motion de M. Joly, fixant à quatre cents piastres au lieu de six cents, l'indemnité des membres; une adresse de M. Laberge relative aux dépenses des écoles normales ; une motion de M. Coutlée pour le renvoi du bill concernant les honoraires des médecins. Ce fut encore M. Robert qui, par une motion.introduisit le bill du Conseil Légistatif statuant sur la protection à donner aux manufactures de fromage et de beurre dans la province.

Lorsque le député de Rouville parle, il n'use ni de précautions oratoires ni de périphrases; il va droit au but et sa parole n'en a queplus de poids et d'autorité.

Une grande pénétration, beaucoup de jugement, de la finesse : telles sont les qualités qui distinguent M. Robert. Ajoutons que nui ne sait raconter avec un esprit plus primesautier une anecdote, ou une scène de mœurs canadienne.

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