‹ Souvenirs historiques et récits de chasseChapitre 105 sur 108 · En juillet · texte numérisé non relu

En juillet

C. Morceau de l'Autobiographie d'Ousâma, d'après LE Livre des deux jardins, par Aboù Schâma \

Je me rencontrai avec Djamâl ad-Dîn, vizir de Mausil ^ dans cette ville, en l'an 555 % alors que je me dirigeais vers le lieu du pèlerinage. Nous étions liés tous deux par un passé, remontant bien haut, d'amitié, de relations suivies et d'intimité. 11 mit à ma disposition une maison , à l'intérieur de Mausil. Mais je refusai, et je campai sous ma tente, sur la rive du fleuve. Aussi longtemps que j'y restai, il chevauchait chaque jour, passant sur le pont dans la direction de Ninève, tandis que l'atâbek Kotb ad-Dîn ^ dirigeait sa promenade vers l'hippodrome. Djamâl ad-Dîn me faisait dire : « Monte à cheval, car je fais halte pour t'attendre. » Je montais à cheval, je sortais avec lui, et nous causions.

Un jour, je me trouvai en tête à tête avec lui sans mes compagnons, et je lui dis : « J'ai sur le cœur une chose qui me hante depuis que nous nous sommes retrouvés, et que je voulais toujours te dire, mais jamais je ne réussissais à être seul avec toi. Voici enfin l'occasion qui se présente aujourd'hui. » — « Parle », dit le vizir. — Je répondis : « Je te répéterai la parole d'Asch-Scharîf Ar-Ridâ :

« La conduite, que t'ont dictée envers quelqu'un les secrets 'pencliants de ton affection, n'aurait 2^cis dii l'attirer les désagréments d'un blâme ;

<( Mon affection pour toi repousse tes bontés po2ir moi, afin que je ne te voie jamais trébucher.

« Or, tu as ouvert largement ta main pour dépenser ton bien en aumônes, en bonnes oeuvres et en bienfaits, tandis que les

1. Aboù Schâma, Kitûh ar-raudatain (édition du Caire), I, p. L38, 1. IV2-139, i. 6.

2. Djamâl ad-Din AI)OÛ Dja'Cnr MoliaimiiacL fils do 'Ali, d'Ispalian.

Page 1