CHAPITRE VIII
Je quitte Rome. — La cascade de Terni. — Le cabinet de Fontana à Florence. — Sienne. — Sa cathédrale. — Parme. — Ma sibylle. — Mantouo. — Jules Romain.
Je quittai Rome le 14 avril 1792. Er montant en voiture, je pleurais amèrement. J'enviais le sort de tous ceux qui restaient, et, sur la route, je ne pouvais rencontrer des voyageurs sans m'écrier : « Ils sont bien heureux ceux-ci, car ils vont à Rome ! »
J'allai coucher le premier jour à Cività-Castellana. En sortant de cette ville, le lendemain, nous vîmes de superbes rochers, puis nous entrâmes dans des gorges de montagnes où nous marchions au milieu des précipices; en tout, ce pays me parut le plus triste du monde. Il n'en fut pas de même du chemin qui conduit à Narni; ce chemin est délicieux, on y voit des vallons remplis de vignes en berceaux, des haies de genêts et de chèvrefeuilles en fleurs; tout cela réjouissait les yeux. Plus loin, à la vérité, nous retrouvâmes des montagnes de l'aspect le plus austère et le plus sauvage, dont les cyprès et quelqués vieux pins font le principal ornement. Ces rochers nous enveloppèrent jusqu'à iVarm>mais à peine a-t-on traversé cette ville, dont l'a*pect est très-pittoresque, que l'on jouit du plus magnifique coup d'œil. La scène changea complètement : la route alors plonge sur la plus belle et la plus riche vallée, où s'étend à perte de vue une