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CHAPITRE VIII

trois milles de là, j'étais anéantie de fatigue. Brunette n'en pouvait plus ; enfin nous parvînmes à rejoindre nos montures qui nous rapportèrent à Terni pour dîner.

Les campagnes de Terni sont riches et belles, la ville est bien bâtie ; mais, soit dans les églises, soit ailleurs, je n'ai rien trouvé de bien remarquable, si j'en excepte les restes des fondations d'un grand temple antique.

Je ne restai qu'un jour à Terni. Le lendemain, nous passâmes la Somma, une des plus hautes montagnes des Apennins. Je me rappelle qu'en la descendant, nous vîmes et nous entendîmes, dans une tour en ruine bâtie près du chemin, plusieurs bergères qui chantaient en chœur une musique suave et délicieuse ; ces bonnes fortunes ne sont pas rares en Italie.

Le soir j'arrivai à Spolète, et j'allai voir le lendemain l'Adoration des Rois, grande composition de Raphaël: ce tableau, n'étant pas terminé, indique parfaitement la méthode du divin maître : Raphaël peignait d'abord les têtes et les mains ; quant à ses draperies, il en essayait d'abord les tons avant de les terminer.

On voit sur la montagne, à Spolète, le temple de la Concorde, dont les beaux fragments antiques sont arrangés avec symétrie les uns sur les autres. Les colonnes, leurs chapiteaux, sont du plus beau travail grec. On voit aussi dans cette ville un superbe aqueduc d'une hauteur immense.

Après Spolète, nous allâmes à Trévi, à Cétri, puis nous nous arrêtâmes à Foligno. Là, je trouvai encore un tableau de Raphaël, un des plus beaux et des plus

originaux qu'il ait faits: il représente la Vierge sur des nuages, tenant l'enfant Jésus dans ses bras. L'enfant est plein dé naïveté et semble en relief; la Vierge est d'une noblesse du plus grand style ; le saint Jean, 16 cardinal placé à gauche, sont peints tout à fait dans le genre de Van Dick, et les autres figures sont aussi d'une grande vérité»

Comme j'arrivais à Perruge, qui est une belle et célèbre ville, où il reste quelques fortifications et quel* ques tombeaux antiques, on me décida à aller voir le combat d'un taureau contre des chiens. Ce spectacle, qui n'a lieu que tous les cinq ou six ans en mémoire d'une sainte, se donne dans une espèce d'arène, à la manière des anciens : je puis dire qu'il ne me réjouit pas du tout.

En sortant de Perruge, on trouve des campagnes charmâmes, que nous traversâmes pour aller dînter en face du lac Trasimène; puis, nous allâmes à Ctse, où l'on voit sur la montagne une grande forteresse surmontée d une tour, et plus haut encore, tout à fait sur la cime, une abbaye ; enfin , à la Combwxia> à Arexzo, à Levane et à Pietre-Ponte, pour arriver à Florence.

Ce fut pour moi une grande jouissance, dès que je me retrouvai dans cette ville, d'aller revoir tant de chefs-d'œuvre auxquels je n'avais pu donner qu'un coup d'œil en passant pour aller à Rome. J'entrepris aussitôt une copie du portrait de Raphaôl, que je fis avec amour, comme disent les Italiens, et qui, depuis, n'a jamais quitté mon atelier.

Un souvenir de Florence, qui m'fc poursuivi bien longtemps, est celui de la visite que je fis alors

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