CHAPITRE XIII
Huitzing. — La princesse Lichtenstein. — Les corbeaux. — Je me décide à aller en Russie. — Le prince de Ligne me prête le couvent de Caltemberg que je vais habiter. — Vers du prince de Ligne. — Portrait en vers du prince de Ligne par M. de Lange ion.
Sitôt que le printemps fut venu, je louai une petite maison dans un village des environs de Vienne et j'allai m'y établir. Ce village, nommé Huitzing, touchait presque le parc de Schœnbrunn. La famille de Polignac rhabitait, et, quoique sa situation le rendît agréable dès ce temps, j'ai su depuis, par madame de Rombec, qu'il s'était fort embelli, et qu'elle-même y possédait une habitation ressemblant à la maison carrée de Nîmes.
J'apportai à Huitzing le grand portrait que je faisais alors de la princesse de Lichtenstein pour le terminer. Cette jeune princesse était très-bien faite : son joli vidage avait une expression douce et célesle, qui me donna l'idée de la représenter en Iris. Elle était peinte en pied, s'élançant dans les airs. Son écharpe, aux couleurs de l'arc-en-ciel, l'entourait, en voltigeant autour d'elle. Ou doit bien penser que je la peignis les pieds nus; mais lorsque ce tableau fut placé dans la galerie du prince, son mari, les chefs de la famille furent très-scandalisés de voir que l'on montrât la princesse sans chaussure, et le prince me raconta