‹ Souvenirs sur les commencements de l'Union St. Joseph de MontréalChapitre 12 sur 13 · AUX OUVRIERS · texte numérisé non relu

AUX OUVRIERS

O vous tous, mes amis, qui, tout le long du jour, Donnez, par le travail, la preuve de l’amour Que vous avez pour ceux qui vous doivent la vie ; Il est un moyen sûr, auquel je vous convie, D’ennoblir nos travaux. L’amour de nos enfants Peut sans doute adoucir nos travaux fatiguants, Mais l’animal ici serait notre modèle.

Pour nous, enfants de Dieu, Dieu plus haut nous appelle. Comment tout supporter, sans des motifs puissants Qui nous viennent de Dieu ? Nostravaux sont si grands ! Pourrai-je les décrire avec ma faib'e plume ? Frapper de lourds marteaux sur une dure enclume ; Dégrossir, façonner, tourner, polir le bois Et le rendre brillant et solide à la fois ; Creuser, miner, tirer du sein de la carrière De gigantesques blocs, que le tailleur de pierre Va dégrossir, piquer, convertir en moëllons, Puis, avec du ciment, en bâtir des maisons ; Fouiller d’un dur ciseau le marbre ou bien la pierre Et découvrir à nu de Part tout le mystère ; Transformer les métaux en cent modes divers Et les faire admirer aux yeux de l’univers ; Dans la case choisir d’une main vive et sûre, Des types fort nombreux, d’une égale mesure ; En composer des mots, des phrases, des discours, Qui, pour nos descendants, puissent durer toujours ; Traiter chaque sujet sur pages séparées, Reéunir tout l’ouvrage en colonnes serrées ; Puis, la forme sous presse, augmenter les travaux, Pour en faire soitir des livres, des journaux. Et mille autres travaux qui, pour nous être utiles, Demandent des sueurs aux ouvriers habiles.

Eh ! bien, dans ces labeurs, ayons pour premier but, D’honorer notre Dieu, c’est là notre salut.

Outre le prix du jour, des travaux le salaire, 11 nous réservera une page plus chère.

Le second but sera pour nos propres enfants ; Mais joignons y toujours nos frères indigents, Ne les oublions pas, et notre amour fidèle

Nous vaudra sürement la couronne immortelle.

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