Le duc de Noailles commandait l'armée de Catalogne
3. Marie-Françoise Lefranc de Beaulieu, dame de Saint-Louis, était née en 1676. Elle fit profession le 16 janvier 1698 et mourut en 1741. Elle était maîtresse des rouges.
4. Gabrielle de Montault de Navailles, née en 1663, avait épousé en mai 1686 Léonard Helie, marquis de Lauriére puis de Pompadour. Elle mourut en 1727.
5. Françoise de Pompadour avait épousé, le 17 juin 1708, le (Ils de Dangeau, Philippe Egon, marquis de Courcillon, qui mourut le 20 septembre 1719. Elle vivait encore en 1756.
A MADAME DE GLAPION
30 août (1708) i.
« J'ai dit à un peintre nommé Boinard2, de vous porter, ma mère, un portrait de Madame enfermé dans une boîte. Je vous supplie de vouloir bien lire la lettre de mademoiselle d'Esplas3, et de lui faire tenir quand vous enverrez à Paris, et de vouloir bien donner 22 livres au peintre. Vous verrez que mademoiselle d'Esplas voudroit savoir quand elle pourra le recevoir. Je vous supplie de vous charger de lui mander. Voilà une pénible commission dont je vous serai bien obligée. Madame arrive de Morel et se porte
bien.
» d'aumale. »
H MADAME DE GLAPION*
Mardi.
« Voilà, ma mère, la réponse de Madame. Ètes-vous servie assez tôt? Voulez-vous plus de vigilance? Quand
1. Sans date d'année, mais probablement écrite d'Avon en 1708.
2. Boinard Jean, peintre graveur et architecte, né au Mans vers 1627, mort à Versailles en 1711, élève de Nicolas Loir.
3. Il y avait deux sœurs d'Esplas élevées en même temps à Saint-Cyr, l'ainée qui devint dame de Saint-Louis en 1720, et la cadette, née en 1694, qui se maria dans la suite.
4. Sans date; doit être, comme les précédentes, de juillet ou août 1708.
LETTRES DE MADEMOISELLE d'auMALE. 260
monsieur de Gouy * viendra je ferai mon possible pour l'impossible qui est de voir Madame.
» Je reçois vos exhortations avec plaisir, et, malgré ma sainteté, je m'accommode fort bien des instructions des autres. J'ai été aujourd'hui à l'école et j'ai travaillé pour Dieu. Je ne vous dirai pas si c'est avec goût ou dégoût.
» Puisque vous aimez tant les œufs durs et un bon pain, venez parmi nos écoliers; on vous en distribuera. 11 me semble que ma mère de Beaulicu ne donneroit pas sa part aux autres. Je vous supplie, ma mère, de l'assurer de mes respects et de supprimer ma badinerie si elle ne convient pas.
» d'aumale. »
« Oserois je, ma mère, importuner encore pour demander des prières pour mon père. 11 est toujours malade.
« Dans le moment je reçois cette lettre de monsieur votre frère. »
1. M. de Gouy devait être le père de mademoiselle de Gouy d'Arcy, élève de Saint-Cyr, née en 1686. En 1708, madame de Maintenon, comme on le voit dans les Lettres historiques et édifiantes, t. II, p. 259, ménageait pour celte jeune fille un mariage avec un M. de la Frette. On ne sait pas ce qu'elle devint dans la suite.
A MADAME DE GLAPION l.
« Qu'est-ce que ce paquet que vous avez pour moi, ma mère? Est-ce quelque chose de bon ou de beau? Est-ce la fontangc de 50 pistoles? Ne me l'envoyez pas quel qu'il soit; c'est parce qu'on s'en va lundi que j'ai cru que mon âme se passeroit d'écrire à son directeur. Si vous trouvez l'occasion de lui faire mes compliments vous me ferez plaisir. Adieu, bonsoir; nous nous verrons, s'il plaît à Dieu , la semaine qui vient.
» d'aumale. »
a madame de glapion2.
12 avril 1711.
« Comme il n'y avoit pas de grands secrets dans votre lettre, Madame m'en a permis la lecture et m'a chargée de vous bien gronder, et de vous dire qu'elle étoit bien plus raisonnable que vous. La maladie de Monseigneur3, le danger où se met le Roi en l'allant voir souvent, l'ennui qu'elle a à Meudon, les courriers
1. Sans date. Probablement de la même année que la précédente.
2. Cette lettre doit être écrite de Meudon, où mademoiselle d'Aumale avait accompagné madame de Maintenon.
3. Monseigneur fui atteint de la petite vérole, le 8 avril, à Meudon. Madame de Maintenon vint avec Louis XIV pour le soigner. La duchesse de Bourgogne et les autres princes restèrent à Versailles. Monseigneur mourut le 14 avril.
qui lui tombent sur le corps à toute heure (car tout le monde s'adresse à elle pour avoir des nouvelles), la séparation de madame la duchesse de Bourgogne, de tous les Princes, de Saint Cyr, et de lout ce qu'elle aime, tout cela, ma mère, ne l'abat pas, et elle vous assure que son courage n'est pas encore à bout, et qu'à force de peine elle n'en fait que rire et que vous devez faire de même. Elle n'ira pas si tôt vous voir. Faites une provision de longanimité. Pour moi, quoique je sois errante dans le palais, je suis très gaie et charmée d'avoir baisé la main de Madame ce malin. Elle vient d'aller dîner chez madame de Caylus, je vais faire le mien chez madame de Villefort1. Le reste du jour, je le passerai ou au clavecin, aux gobelets, au jardin, et tous ces plaisirs-là sans celui de la compagnie, mais il ne faut pas tout à la fois. Adieu, ma chère mère. Madame a un peu ri de votre lettre, et a grande pitié de vos tristesses. Nous vous donnerons monsieur de Meaux2.