MONSIEUR LE DUC D'ORLÉANS APRES LA BATAILLE QU'IL PERDIT EN ITALIE
« Il n'y a point de douleur, madame, qui ne cède à vos consolations. Avec les bontés que le Roi m'a témoignées et les assurances que vous me donnez que l'amitié y a eu autant de part que la compassion, j'aurois tort de n'être point tranquille. Si votre lettre n'étoit point remplie de louanges que je ne mérite
1. Philippe, duc d'Orléans, né le 2 août 1674, régent sous la minorité de Louis XV, mort le 2 décembre 1723.
pas, je passerois ma vie à la lire, car elle me fait voir, avec un charme infini, toute la reconnoissancé que je dois au Roi. Quoique vous vouliez me cacher celle que je vous dois, je la démêle en tout, et particulièrement lorsque vous me faites souvenir de remonter à la cause des grands événements. Quand je pourrai vous dire sans hypocrisie que je suis dévot, j'aurai une joie parfaite de vous faire cette confidence. Ceux qui sont véritablement dévots sont si vrais et si généreux qu'un honnête homme a plus de disposition qu'un autre à le devenir. Continuez-moi vos bontés, madame; j'en suis touché vivement, je m'estime heureux d'y avoir part, et il n'y a rien, madame, que je ne veuille faire pour me les conserver.
» PHILIPPE d'orléans1. »