‹ Souvenirs sur Madame de MaintenonChapitre 6 sur 71 · INTRODUCTION. VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. VII

Montespan c'est pour servir lui, parce qu'il est le Roi, non elle, qui la présente cependant. Celte sorte de docilité hautaine et orgueilleuse la relève aux yeux du monde et à ses propres yeux. De madame de Montespan, elle supporte les vivacités, les caprices, les rudesses, dans un esprit de résignation chrétienne, et, aussi, parce qu'elle aime ces enfants qu'on lui a confiés, qu'elle les élève et les soigne comme une véritable mère.

Quand elle se sent assez forte pour livrer le combat dont le cœur royal est le prix, c'est la vertu chrétienne qui lui donne l'autorité et lui impose l'action. A cette heure, elle résume en elle et coalise autour d'elle les convenances, les pudeurs, les devoirs, dont l'orgueilleuse maîtresse a fait litière. La petite madame Scarron est un concile : elle parle au nom de la Reine délaissée, des évêques scandalisés, du bon curé Hébert, de toutes les dignités froissées à la Cour et dans le royaume. La religion, la piété, la vertu dictent sa conduite : « Ceux qui disent que je veux me mettre à sa place ne connaissent ni mon éloignement pour ces sortes de commerce, ni l'éloignement que je voudrois en inspirer au Roi'. »

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