‹ Souvenirs sur Richard WagnerChapitre 15 sur 25 · B E H LIN · texte numérisé non relu

B E H LIN

Le 11 décembre, je reçus le télégramme suivant :

« Ai le regret de vous annoncer que je suis obligé de me retirer de notre entreprise. Décision inévitable et irrévocable. Kxcusez-moi, mais impossible autrement.

» VON HÜLSEN. ))

Je voulus partir immédiatement pour Berlin, afin de chercher à aplanir par mon intervention personnelle les dilllcultés survenues. Mais Hülsen se dérobait à tout entretien nouveau, en me télégraphiant ce qui suit :

« Pas de rapport demain, et c’est ma fête. — Ai le regret de îfêtre pas disponible. »

Que s’était-il donc passé? Une lettre de Hülsen, reçue le lendemain, et où il justifiait sa résolution, changea mes pressentiments en certitude :

Berlin, ce 11 décembre 1880.

« Monsieur le Directeur,

» Vos procédés à mon égard ont toujours été si courtois qu’il m’en a coûté personnellement de vous fausser compagnie. Mais rengagement d’un nouveau Kapellmeisler et l’impolitesse du compositeur m’en ont fait une obligation. Mon Gracieux Souverain a daigné

480 SOUVENIRS SUR RICHARD WAGNER, approuver également ma manière de dire en ce qui concerne le dernier point. Je regrette sincèrement la peine, la perte de temps, etc., que nos négociations, désormais sans objet, ont pu vous occasionner, mais, dès le début, je ne vous ai pas caché les difficultés que nous rencontrerions, et c’est pour cela que je me suis réservé le droit de me retirer. Une feuille d'ici, à l’affût du scandale, n'a pas manqué, naturellement, dans un but facile à comprendre, de raconter toute espèce de monstruosités, inventées sans doute chez Landvogt \ et que je dédaigne, bien entendu.

» Je me rappellerai toujours votre amabilité avec reconnaissance.

» Avec une parfaite considération, je suis, cher monsieur,

» Votre dévoué,

» v. hülsen. »

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