BEPPO, LYDIA
BEPPO, préoccupé et les yeujt fixés sur la terrasse.
Elle ne paraît pas!
LYDIA
Ilabitez-vous aussi dans ce parc?
BEPPO, distrait.
Oui... peut-être...
LYDI A.
Peut-être ! — Je n'en puis encore rien connaître, Mais, si Ton m'a dit vrai sur ces jardins, je dis Qu'ils méritent le nom de Jardins-Paradis, Grands viviers pour la pêche et grands bois pour la chasse, Jets d'eau prêts à causer avec tout ce qui passe,
Cygnes dans les étangs, marbres dans les gazons,
— Et, faisant vivre tout, vingt ou trente maisons, Proches sans se toucher, et qu'emplissent de joie Des dames dont l'esprit avec les yeux flamboie
Et de jeunes seigneurs qu'on peut partout nommer.
Tous riches et n'ayant rien à faire qu'aimer.
Si bien qu'on a la ville à la campagne unie ;
Car les bois, c'est bon, mais j'aime la compagnie!
Pour moi, quand un archet racle un air espagnol
Sur qui l'on peut danser, voilà le rossignol!
Les fleurs ont leur soleil; nous, un lustre est le nôtre.
— Est-ce vrai que, la nuit, tantôt l'un, tantôt l'autre Illumine le parc? Est-ce vrai, dites-moi?
Eh bien, répondez donc!
BEPPO, toujours inquiet de la terrosse.
Je vous réponds... — A quoi?
LYDI A.
Vous trouvez que Troppa tarde bien?
BEPPO
Cette injure ..
Qui vous le fait penser?
LYDI A.
Rien. Tout votre air.
BEPPO
Je jure Que, s'il pouvait ne pas revenir aujourd'hui. Je l'en remercîrais.