ACTE II
Et n'aime ses galants que lorsqu'on les lui vole,
Il a voulu piquer mon orgueil, et vous a,
Pour me rendre moins vaine, empruntée à Tro|)pa.
DefMiis, sous ma fenêtre, ou bien chez vous, n'importe,
(Il n'est pour vivre à jour que de fermer sa porte),
Il fait semblant de vous aimer, jusqu'à l'instant
Où je dirais le mot que son mensonge attend.
Oui, voilà votre part dans cette trame obscure.
Être le masque à l'âge où l'on est la figure I
Il ne vous a rien dit, je crois bien 1 vous auriez
Rejeté votre rôle avec mépris ! Riez.
A seize ans! et jolie! Il n'a donc pas de honte?
Mais riez donc ! Ne pas exister pour son compte,
N'être qu'un instrument à rendre un cœur jaloux,
Écouter de doux mots qui ne sont pas pour vous.
Qui sait? répondre aux yeux qui parlent pour une autre.
Comment trouveriez-vous ce métier? C'est le vôtre !
LYDIA, se fâchant. ^
Tout le calme qu'on peut me demander, je l'eus; v
Mais à la fin, madame.;.
FIDELINE.
Ah ! vous ne riez plas !
LYDIA, à elle-même.
Ce que Beppô m'a dit... ce pardon qu'il implore... Mais je ne croirai pas cependant.* .
FIDELINE.
Pas encore?
Vos ywx, sous le bandeau dont il veut les couvrir,
Restent fermés? Voici qui va vous les ouvrir I Venez !
(Elle la pousse vivement derrière an socle de statue. — BEPPO entre, portant un sorbet et cherchant Lydia, — TROPPA, qui court après lui, le rejoint.)
BEPPO ^ slupérait.
Tropp!..
TROPPA.
C'est assez. J'ai deux mots à te dire.
BEPPO
Attends un moment.
TROPPA.
Non, par le Styxl Je désire Que ce soit tout de suite.
BEPPO
Est-ce donc si pressant?
TROPPA.
Très-pressant.
BEPPO
Ce sorbet...
TROPPA.
Donne.
(Il prend le sorbet et le boit.)
Écoute à présent.