ARM ANDINE, MARTINET, GOBICHONNET
GOBICHONNET.
Le marsouin!... il embrasse l’Espagno!e!... (Les séparant.) Pas de ces choses-Üi dans ma loge !...
MARTINET
Fichez-nous la paix !
GOBICHONNET.
Vous êtes un imposteur! ma fille n’était pas chez le perruquier.
MARTINET
Vous voulez dire qu’elle n’y était plus !
GOBICHONNET.
Du reste, c’est son fiancé, et dans trois semaines il sera mon gendre... je viens de bâcler cela! (Changeant de ton et à Armandine.) Mais, madame, me direz-vous pourquoi vous vous laissez embrasser par le capitaine Bouillabaisse?... (La reconnaissant.) Ciel! mademoiselle Armandine!
ARMANDINE
En personne.
GOBICHONNET.
Me direz vous aussi pourquoi vous vous êtes espagnolée ?
ARMANDINE, imitant la vieille.
Pour vous faire enrager, vieux sapajou !
GOBICHONNET.
Ciel ! la comtesse de Roule-la-Bosse !
ARMANDINE
Je voulais vous prouver que vous loueriez vos appartements à des personnes moins silencieuses que moi !
GOBICHONNET, contrit et tombant aux genoux d’Armandine.
Oh ! Fumé !
ARMANDINE, chantant.
Relevez-vous... Je vous pardonne!
GOBICHONNET, se relevant tout à coup et à Martinet.
Et vous, monsieur le capitaine Bouillabaisse, comment m’expliquerez-vous votre présence ici ?
* Arm., Mart., Gobich.
** Mart., Gobich., Arm.
MARTINET
Oh! moi, je suis le capitaine Léopold Martinet... un mangetout, un cabotin, un saltimbanque! .. logeant dans une cambuse de la rue aux Ours... dont on m’a expulsé comme une canaille... que je dois être!... (Chantant.) Une, deux, etc.
GOBICHONNET.
Connu!... (Gobicbonnet ae trouvant au milifü d'eux, ils le poussent comme une balle.) Ma parole d’honneur ! ces artistes ont le diable au corps, et quand ils sont amusants, ils ne sont pas embêtants !
ÀRMANDINE.
Maintenant, j’accepte le congé que vous m’avez donné.
GOBICHONNET.
Mais, si vous parlez, je reste seul à la maison !. .. Et que dira M. Freslon, le propriétaire?... Plus un radis de loyers à se mettre sous la dent!... Soyez donc Concierge!...
ARMANDINE, elle passe près do Léopold.
J’accompagne M. Léopold à Quimperlé; nous y publierons nos bans !
GOBICHONNET.
Eh bien! faites-moi une grâce : emmenez-moi, avec ma fille, à votre théâtre de Quimperlé... Gabriella est déjà d’une jolie force sur la clarinette.
MARTINET
Tiens! comme ça se trouve!.,. Mon directeur a besoin d’un trombone.
Ah! et moi, je vous jouerai Tartuffe.
ARMANDINE
Eh bien ! allez chercher votre fille,
GOBICHONNET va à la porte de sa fille.
Gabriella! viens présenter tes hommages à la compagnie. (On entend jouer sur la clarinette : Oh I sut alors , etc.) Pardonnez-lui... c’est qu’elle est encore dans le feu de la composition !