‹ Species des hyménoptères composant le groupe des formicidesChapitre 21 sur 234 · IV. — DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

IV. — DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE

Les fourmis sont des insectes amis de la chaleur, et plus on se rapproche de l'équateur, plus leurs espèces se multiplient, pour atteindre leur maximum de développement dans les régionsintertropicales et disparaitre presque complètement après vers le 65° degré de latitude. Sur plus de 1500 espèces aujourd'hui connues etréparties dans environ 130 genres, l’Europe proprement dite,en compte à peine 120, et la disproportion s’accentue encore si l’on songe que la Faune européenne peut être considérée comme à peu près fixée, tandis que les autres régions sont encore presque inexplorées au point de vue myrmécologique, et que le nombre des espèces cataloguées est destiné à s'accroitre considérablement par suite des recherches ultérieures des naturalistes. L'Europe, prise isolément, nous offrira la même répartition, et tandis que l'Angleterre, d’après le dernier recensement de M. Saunders, ne

() André: Description des Fourmis d'Europe, pour servir à l'étude des insectes myrmécophiles (Revue et magasin de zoologie, 3 série, tome ?, 1874, p. 152 et suivi)

nourrit que 29 espèces ou races, M. Emery en compte 93 en Italie, et j'en connais moi-même plus de 80 qui vivent dans la France continentale.

Ce qui caractérise surtout les fourmis au point de vue géographique, c'est la grande extension de leur habitatet le cosmopolitisme de beaucoup d'espèces. Aucune famille animale ne présente, je crois, cette diffusion à un même degré, et la patrie des insectes en particulier est généralement beaucoup plus limitée. Les fourmis, au contraire, se rencontrent dans les pays les plus divers, pourvu qu'ils présentent les mêmes conditions de température et d'altitude, ct certaines espèces intertropicales se trouvent dans les régions chaudes du monde entier. Aussi est-il très-difficile d'employer, pour nos fourmis, des indications précises d’une patrie déterminée, comme on a l'habitude de le faire dans les ouvrages descriptifs. MM. Emery et Forel, dans leur remarquable catalogue {1}, ont remplacé, la plupart du temps, les citations géographiques par l'indication des isothères maxima et minima qui servent de limite à la dispersion des espèces, en établissant comme principe qu'entre les mêmes isothères elles s'étendent presque toujours de l'est à l’ouest de l’Europe, sang distinction et sans interruption.

Ce système, dont je reconnais toute la valeur, ne me parait pas devoir être adopté dans ce travail, pour deux raisons : la première c’est que je dois, autant que possible, conserver l'unité du plan adopté dans l'ensemble de l'œuvre dont je n’écris qu'une faible partie, et la seconde c'est que, pour un grand nombre d'entomologistes, ces indications de chiffres seraient sans valeur, car beaucoup d’entre eux n’ont pas à leur disposition des tables météorologiques sans lesquelles on ne peut se rendre compte des régions comprises entre telles et telles de ces lignes théoriques.

Je me bornerai donc, quand je ne citerai pas les pays habités par les espèces décrites, à mentionner qu’elles se rencontrent dans l'Europe septentrionale, centrale ou méridionale, et, dans

(1) Emery et Forel: Catalogue des Formicides d'Europe (Mittheil. der Schweiz, entom. Ges. 1879). 3

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