PRÉFACE
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Depuis deux ans la science nouvelle a marché, et nous avons été forcé de marcher avec elle.
De nouveaux remèdes ont été inventés; de nouveaux modes d'apphcation ont été tentés avec succès. Notre travail précédent n'était plus à la hauteur de ces précieuses découvertes et aurait fini même par en retarder la diffusion.
Le refondre sur ces bases nouvelles, tout en restant fidèle aux anciens résultats d'une longue expérience, devenait urgent. On nous le demandait de toutes parts au nom de l'humanité, au nom des souffrants. Force nous a donc été de répondre à cet appel.
Nous en avons profité pour combler bien des lacunes, pour rectifier certains renseignements discordants et pour compléter l'énumération des maladies , en les classant parfois dans un ordre plus logique et en les accompagnant le plus| souvent d'un exposé de leurs symptômes.
Enfin, l'observation et la pratique nous ont permis de développer certains aperçus nouveaux touchaiit l'origine , la filiation et les transformations des diverses affections qui afiligent notre humanité déchue.
Et, à ce propos, on nous permettra d'attirer sur ce point l'attention de tout lecteur sérieux.
Le titre de « Science nouvelle » donné à VÉlectro- Homéopathie par son illustre inventeur a pu sembler passablement prétentieux au début, et cependant il se
justifie pleinement aujourd'liui. En effet, jusqu'ici la science médicale ne s'était attachée qu'à l'étude des maladies et de leurs symptômes, et à la recherche des moyens de les combattre, en les palliant, les contrariant, les affaiblissant. Une fois toutes les manifestations morbides disparues, elle déclarait la maladie guérie, et si, plus tard, d'autres manifestations maladives, différentes des premières, apparaissaient, elle y voyait une maladie nouvelle et l'attaquait par d'autres remèdes. Mais elle ne se demandait pas quelle pouvait être la cause de l'une ou de l'autre, par la bonne raison qu'elle ne connaissait aucun moyen d'agir sur les causes. Aussi l'idée ne lui venait-elle pas non plus que deux maladies se succédant dans le même sujet, à plusieurs années de distance , pussent n'être que deux formes d'un même mal constitutionnel et être par conséquent entre elles dans un rapport de parenté ou do filiation.
Or, c'est là précisément la grande découverte. C'est là la science nouvelle enfantée par les spécifiques Mattei, — à moins qu'elle n'ait même provoqué leur invention
Dans le système Mattei , les maladies et les symptômes ne sont que les indices de la cause morbide cachée dans la constitution , et c'est cette cause seule que l'on recherche par le diagnostic et à cette cause seule qu'on oppose le remède. De là résulte qu'au lieu de se disséminer, ou même de s'égarer dans l'observation souvent si difficile des symptômes, toute l'attention se concentre uniquement sur la constitution et sur la cause qui l'a viciée.
La conséquence en est, tout d'abord, qu'on purifie des constitutions et que les maladies disparues par suite do cette purification ne peuvent plus revenir, ni sous une forme , ni sous ime autre. Elles sont réellement guéries, entièrement supprimées.
Mais une autre conséquence, c'est qu'en étudiant les maladies au point de vue des causes et comme indices d'une viciation constitutionnelle, on ne tarde pas à s'apercevoir qu'il existe entre elles des rapports étroits et constants. Il en est qui n'apparaissent jamais chez les sujets lymphatiques, d'autres qui n'apparaissent jamais chez les sujets sanguins. Il en est chez les sanguins qui s'échangent entre elles, de sorte que lorsque l'une disparaît, l'autre se montre aussitôt, et que lorsque cette dernière se retire, aussitôt l'autre revient. Mêmes échanges entre certaines afiFections propres aux lymphatiques. La transmission héréditaire de son côté a aussi ses lois, qui se dégagent lentement, mais qui sont parfaitement fixes. Par la génération, les virus latents dans les constitutions subissent une sorte de dilution homéopathique qui les aggrave en les poussant à des manifestations nouvelles chez les enfants. Par la génération encore, ces virus (ceux de la mère et ceux du père) se combinent dans l'enfant, quelquefois en se cumulant et se renforçant, dans d'autres cas en s'affaiblissant ou se neutralisant. La loi de ces transformations est encore bien difficile à saisir, mais on sent déjà qu'elle existe; on la constate, on la devine même facilement dans une foule de cas. Comprend-on l'immense intérêt d'une étude |i nouvelle ? Et que sera-ce quand des hommes spéciaux , des savants, des docteurs voudront la reprendre de nos faibles mains laïques et la pousser j usqu'à ses dernières limites? Nul doute pour nous qu'on n'arrive, tantôt éclairé par les effets des spécifiques Mattei, tantôt dirigé par les simples analogies, à déterminer la filiation complète des maladies et, par suite , à les prévoir et probablement les prévenir.
Prévenir toutes les maladies! Quel résultat, si jamais il était possible !
Quant il notre travail actuel , quoique bien plus
correct que les précédents, il n'en laissera pas moins a désirer aux yeux des hommes scientifiques. Mais ils voudront bien se souvenir que notre seule prétention a cte de rendre service aux souffrants que la science ellemême se déclare impuissante à soulager, et que nous ne nous sommes jamais posé que comme travailleur de bonne volonté. Dès qu'ils voudront prendre la parole, nous serons bien heureux de nous taire et de les écouter.'
Ils sont déjà nombreux en tous pays ceux qui bénissent le nom du comte Mattei et celui des propagateurs de ses inventions. Une jeune mère, dont l'enfant, abandonné des docteurs, avait été merveilleusement sauvé et rendu à sa tendresse , écrivait l'an passé qu'elle lui apprenait à balbutier deux noms dans ses prières de. chaque jour. Cette reconnaissance (dont il est permis de se réjouir, car elle ne surabonde pas) n'est pas encore telle que nous la voudrions. Qui a donné ces contrepoisons à l'humanité souffrante ? Qui les a placés sous la main ou dans la pensée du célèbre inventeur ? L'homme trouve ; Dieu seul crée. Les spécifiques sont puissants ; mais cette puissance provient de Dieu et demeure soumise à sa toute-puissante volonté. Qu'on bénisse donc l'inventeur; qu'on bénisse tout homme qui se consacre au soulagement des malades : mais , avant tout, qu'on élève ses regards plus haut et qu'on dépose le premier hommage de gratitude aux pieds du Souverain Maître et Créateur de toutes choses, qui a donné les remèdes, qui a suscité l'inventeur et qui a soutenu les propagateurs dans leurs travaux.
Si l'espoir d'éveiller cette pensée dans le cœur des malades n'avait pas présidé à tout notre travail, ce travail aurait été de notre part une prévarication. Loriol, avril 1878.