C. — Renseig^ments complémentaires
Durée des traitements.^
Les traitements, pour être définitifs et pour mettre le malade à l'abri des rechutes i , doivent dépasser la guérison apparente , môme complète , d'un temps qui varie
(1; Qui peuvent être graves, quelquefois môme irréparables, surtout dans leâ traitements au G.
selon la gravité du mal et selon la durée du traitement qu'il a exigé.
Il faut, pour le comprendre, se pénétrer de la pensée que toute maladie est semblable à une plante, dont les racines plongent dans le terrain constitutionnel qui les nourrit et dont la tige, les branches, les feuilles, etc., ne sont que les divers symptômes visibles ou sensibles dont souffre le malade.
Cela étant , quiconque veut détruire cette plante , ne doit pas se contenter d'en supprimer toute la partie visible. Celui qui croirait ainsi la tuer en coupant la tige à ras le sol, ne ferait guère que l'émonder et la fortifier, car la racine pousserait de nouveau. Il faut, après avoir anéanti la partie visible, travailler encore à détruire la racine. Il faut qu'après avoir fait disparaître le mal extérieur, ou sensible, on songe à détruire le vice constitutionnel caché qui avait produit le mal ^ .
Combien de temps devra -t- on prolonger les traitements ?
Cela dépend surtout du temps qu'aura exigé la guérison apparente.
Après les traitements d'un à deux mois, on fera bien de doubler. Dans ceux qui auront dépassé ce temps, on fera bien de prolonger de trois mois ou plus, suivant la gravité de la maladie.
Dans les maladies constitutionnelles graves, rebelles, anciennes, et surtout chez les personnes affaiblies par la maladie ou par l'âge, on fera bien de prolonger de six mois ou d'un an, suivant la gravité du cas.
Et dans les traitements avec C. on aura grand soin, non-seulement de prolonger , mais encore de terminer par un long trailenient avec S.
(1) L'oubli de ce principe est la seule cause d'une foule de rechutes et de guôrisons incomplètes.
Dans ce cas, après quelques mois de S. en boisson, on pourra poursuivre en prenant à sec, journellement, 2 à 4 grains de ce remède.
Dans les cas de cancer, ce traitement avec S. doit durer pendant le reste de la vie, le cancer provenant d'une des plus graves viciations de l'organisme.
On ne peut pas guérir les constitutions à moins, et cela se comprend.
Notation abrégée des timtements.
La nécessité de prescrire beaucoup de traitements en peu de temps , tout en donnant à la prescription ellemême une forme claire et facile à retenir, a conduit graduellement à l'adoption de la notation suivante.
Les remèdes sont désignés par la première lettre de leur nom significatif, ainsi
Anti-Scrofoloso par S.
Anti-Cancer osa — G.
Anti-Angioitico — A.
Febrifugo — F.
Vermifugo — Ver.
Pettorale — P.
Anti-]^nereo i — Ven.
La dilution est indiquée par un chiffre au-dessous de la lettre,, ou par sec avec le nombre de grains à prendre à sec sur la langue ; ainsi
2 3 1 sec
(1) Ver. et Ven. sont désignes plus au long, pour ne pas les confondre.
Les homomjmes d'un même remède se notent à la droite de la lettre du remède (le 1° ne se note pas); ainsi
L'alternance de deux ou de trois remèdes s'exprime par le signe x ; ainsi
Pour deux : — '- x A. 2°,
, . 8.5° F. P.S" Pour trois : x — x i-HL.
Et si un remède pris le soir ou le matin doit précéder ou clore le traitement principal de la journée, on enferme ce traitement principal dans une parenthèse; ainsi
^- (G. xA.)
1 sec 1 sec
Ver. ,^ .A. ,^ Ver, ou (G. 5° X — X 8.5°) •
1 sec 2 1 sec
On désigne de plus les Électricités comme suit
V Électricité rouge, par El. R ou R.
Électricité jaune, par Bl. J. ou J.
V Électricité blanche, par El. Bl. ou Bl. U Électricité angioitique,^ par El. A.
Ij' Électricité verte, par El. V.
L'alternance, toujours par x ; ainsi
El. A. X V.
ou El. R. X J, X Bl.
(1) Pour ces deux derniôres, on ne peut supprimer « Él. » que s'il est déjà précédemment indiqué qu'il est question dos liquides et non des globules.
Les doses pour usages externes se marquent au-dessous des mots compresses, onctions, aspirations, bains, etc.; ainsi
Compress. A. Aspirât. S. Inject.G.^ Bains G. 5°
La formule suivante :
Vpv a .Ver. ^ -r Bains G. 5° (G.50 X X S.5° —, El. R. X J. —
1 sec ^ 2 sec 100
signifie qu'il faut prendre :
1° Un grain de Ver. à sec sur la langue, le matin.
2" 1/3 de verre de G.b" (1" verre), dans le premier tiers du jour.
3° 1/3 de verre d'A. (2« verre), dans le second tiers.
4° 1/3 de verre de S.5° (l''"" verre), dans le dernier.
5° Un grain de Ver. à sec, en se couchant.
Et qu'il faut, en outre, appliquer alternativement la R. et la J., et enfin administrer des bains médicamentés avec 100 grains de G. 5" dans la baignoire.
Fraudes.
En vue d'un profit illégitime, peu de remèdes ont été plus indignement fraudés que les remèdes Mattei.
On a trituré les grams pour les mélanger à du sucre de lait et pour les vendre en poudre, par petits paquets ^ . On les a fait fondre aussi dans une quantité d'eau plus ou moins considérable, pour les détailler par bouteilles. Ceci revient à transformer chaque globule en un franc, alors qu'il ne coûte pas un centime.
On a également ajouté de l'eau aux liquides électriques et diminué leur force.
(1) Depuis que ces lignes ont été écrites, on a découvert une autre fraude, qui consiste à rouler les grains dans une substance neutre pour les grossir énormément et en vendre pour 2 francs des tubes énormes n'en contenant pas le quart d'un tube ordinaire de 1 franc.
Pour éviter cette indigne exploitation du public et notamment des malades , que ces remèdes frelatés ne peuvent plus guérir, il est bon d'exiger que les dépositaires ne vendent aucun remède sans l'accompagner de preuves incontestables de son authenticité.
Si on les achète en gros, c'est-à-dire par flacons de 1/2 once pour les grains ^ et par demi- litres pour les liquides électriques, ces récipients portent toujours sur le bouchon le cachet du comte Mattei, représentant son château de la Rochetta. En voici le fac-similé :
Ce cachet, dont il existe plusieui-s types plus ou moins grands , suivant la dimension djes récipients , est cependant partout le même et très-facile à reconnaître.
Mais comme tout le monde ne peut pas acheter de si fortes quantités, et comme chaque dépositaire a précisément pour tâche de les subdiviser , il a été admis par M. Mattei que 100 grains devaient se vendi-e un franc. Toutefois, l'usage a prévalu de vendre pour un franc des tubes contenant au moins 150 grains; ce qui, en conservant les proportions , donne pour les électricités un minimum de 1 0 grammes de liquide pour deux francs.
Les tubes et les flacons de verre, fabriqués avec le plus grand soin , pouvant toujours varier un peu de
(1) Ces flacons aujourd'hui n'en conlionneut guère en moyenne que 13 à 13 1/2.
grandeur, les quantités qui précèdent doivent être considérées comme minimum.
Il est impossible de cacheter les tubes, et souvent même les flacons, en sorte qu'il est nécessaire de ne les accepter que d'un dépositaire connu et dont la moralité soit au-dessus de tout soupçon i.
Composition des trousses.
La trousse la plus élémentaire possible se composera naturellement des sept remèdes premiers, en globules.
S., C, A., F., Ver., P., Yen.
Toutefois, pour répondre aux premiers besoins d'une famille, il faut avoir davantage des remèdes les plus fréquemment nécessaires, S. et C, et ajouter le F, 2°, qui, ne se prenant qu'à l'extérieur, est d'un grand secours dans des cas compliqués, en ce qu'il laisse plus de place aux remèdes internes. En outre, 8.5" et G. 5°, remèdes nouveaux, sont d'une puissance et d'un secours trop bien démontrés pour qu'on se dispense d'en avoir sous la main pour les substituer au besoin à S. et à C.
La trousse pour famille sera donc assortie ainsi, en la supposant composée de 12 tubes :
2 tubes.
Ver.,
1 tube
• Ven.,
(1) Les labelles imprimées et les éliquetles elles-mêmes ne sont pas une garantie du conl'cnu, vu qu'on peut les imiter ou les décoller pour les coller sur d'autres récipients.
Quant à la trousse complète de 24 tubes, elle se composera pour le moment de
S., 2 tubes, S.2°, S.3°, S.5^ S.6°, 6 tubes
Ver., Ver. 2°, 2 —
Ven., 1 __
Les électricités, au nombre de 5 , ne peuvent donner que des trousses de 5 flacons, ou de 6 en y mettant la Rouge h double, vu qu'on l'emploie le plus souvent.
GHAPITM VI
A ceux qui veulent traiter les malades.
A. — Quelques principes généraux.
1° Origine probable de toutes les maladies.
En rassemblant toutes les données de l'observation et de l'expérience, nous arrivons à la conviction, déjà exprimée par le comte Mattei, qu'à part certaines lésions ou certains empoisonnements accidentels , la première , la principale et probablement la seule cause de viciation, ou, si l'on veut, la cause probablement unique do toutes les maladies , — cause directe ou indirecte , prochaine ou lointaine , — c'est la syphilis , dont le virus redoutable se transmet, quoique à divers degrés et sous des formes diverses, ^usqio'à la troisième ou quatrième génération, troublant profondément l'équilibre de la lymphe et du sang ; — rendant les uns angioitiques et . les prédisposant à toutes les maladies par excès ou viciation du sang et de ses vaisseaux , notamment aux tendances gangreneuses et cancéreuses ; — rendant les autres lymphatiques et scrofuleux et les exposant à toutes les maladies par manque ou faiblesse du sang, notamment aux empâtements de toute espèce, aux humours et tumeurs froides et à tous les dépérissements organiques.
2° Transmission par l'union conjugale.
Entre deux époux s'opère, dès le premier contact, une transmission indiscutablement certaine et réciproque , plus rapide de l'homme à la femme que de la femme à l'homme, des vices constitutionnels qui leur appartiennent en propre , de telle sorte qu'en ceci du moins ils deviennent à la lettre une même chair, et, pour preuve, jamais on ne verra un homme, même depuis longtemps guéri de la syphilis ou d'une simple gonoirhée, se marier à une femme saine, sans que peu après la femme ne donne des signes de maladie, ou tout au moins ne soit atteinte de pertes blanches, premier présage de maux plus graves.
Comme conséquence et comme preuve encore plus décisive :
3° Hérédité.
La constitution des enfants n'est autre qu'une combinaison plus ou moins équilibrée des constitutions du père et de la mère, rassemblant et reproduisant leurs vices , le plus souvent sous une forme aggravée , — les virus hérités ayant subi dans l'acte générateur une sorte de dihuion homéopathique, qui en a accru la puissance et la malignité, — ou sous une forme affaiblie (ce qui est plus rare) , — les virus se trouvant eux-mêmes affaiblis par les ravages qu'ils ont déjà produits sur les générations précédentes ou peut-être se neutrahsant plus ou moins les uns les autres, ce qui explique pourquoi, au bout de quelques générations, à moins qu'ils ne reçoivent de nouvelles forces par des inoculations nouvelles, ils aboutissent à un relèvement lent de la génération atteinte.
4° Variété des organismes.
De là une variété infinie de maladies et dans la même maladie une infinie variété de formes ou de degrés ; de là des transformations bizarres d'une maladie en une autre, d'mi rhumatisme en une éruption psorique ou en une explosion d'humeurs froides , et vice versa ; de là une variété infinie dans les organismes, dont les uns sont infiniment plus faibles et impressionnables que les autres ; de là une variété non moins grande dans les doses d'un même remède ou dans le choix du remède lui-même. Tel malade guérira par l'A., tandis que tel autre ne guérira que par S. ; tel malade supportera la 1'"'' dilution du C, tandis que tel autre en supportera à peine la 8% le tout pour un mal identique en soi.
5° C'est la constitution que l'on traite.
Toutefois, et malgré cette incalculable variété des organismes et des maladies, il n'en demeure pas moins vrai que toute ces maladies, quel qu'en soit le siège ou la forme, proviennent d'une viciation de la constitution , et que ce qui distingue essentiellement cette nouvelle médication de toutes les précédentes, c'est qu'elle ne s^attache ni à guérir la maladie , ni à guérir le symptôme , mais uniquemeift à modifier la constitution , en la débarrassant du poison caché qui la trouble. M c'est la guérison de cette constitution qui entraîne la déchéance et finalement la suppression de la maladie par la suppression du virus qui lui servait d'aliment.
6° Prolongement des traitements.
C'est pourquoi le traitement d'une maladie doit toujours être prolongé au delà de sa guérison, car, envisagée au ponit de vue constitutionnel, toute maladie est
semblable à une plante ayant pris naissance dans le sol constitutionnel et s'y nourrissant des éléments maladifs qu'il contient. Avant de paraître au dehors, cette ^ maladie existait au dedans , encore invisible. Une fois visible , ce qu'on en voyait n'était que la tige s' élevant du sol. Quand donc la maladie disparaît, c'est la tige qui est enlevée. Restent à détruire les racines, qui ne se voient pas. Faute de comprendi-e cela, bien des guôrisons ont été suivies de retours offensifs et ont fait douter de l'effet réellement et radicalement curatif des remèdes. Il importe de comprendre que toute plante coupée à ras le sol et dont on ne détruit pas les racines, repousse, et souvent avec une vigueur doublée par cette opération.
B. — Règles pratiques.
■ Des trois genres de constitutions.
L'homme n'est que lymphe et sang, et dans le même homme il y a beaucoup plus de lymphe que de sang.
Aussi, sur dix hommes, il y en a neufd.e malades par viciation dé la lymphe pour un de malade par viciation du sang;
La lymphe trop gravement viciée finit par vicier le sang, et le sang trop gravement vicié finit par vicier la lymphe.
Do là résulte que tous les malades possibles rentrent nécessairement dans l'une- des trois classes suivantes :
1° Les lymphatiques,
2° Les angioitiques,
3" Les mixtes, c'est-à-dire neuf fois sur dix dans celle des lymphatiques, et le reste dans celle des angioitiques ou des mixtes.
l'" RÈGLE Déterminer la constitution du malade.
La première chose à faire pour traiter un malade quelconque, c'est de déterminer sa constitution, afin de trouver le remède constitutionnel qui lui convient.
Est-il ANGioiTiQUE (sanguin) ou lymphatique ou mixte ?
Il ne peut être que l'un ou l'autre.
Pour le savoir, posez -lui les quatre questions suivantes, qui porteront sur les quatre symptômes les plus saillants de l'état angioitique.
Demandez-lui s'il est sujet
1° Aux VERTIGES.
2° Aux PALPITATIONS.
3° Aux HÉMORRHOÏDES.
4° Aux VARICES \
S'il répond non aux quatre questions , tenez pour démontré qu'il est lymphatique, et quelle que soit sa maladie , soyez sûr que les antiscrofuleux le guériront.
S'il répond oui aux quatre ou seulement à trois ( ou même à deux, mais en avouant des symptômes trèsaccusés}, tenez pour certain qu'il est angioitique, c'està-dire de constitution sanguine, et soyez assuré que les antiangioitiques le guériront, quelle que soit sa maladie.
S'il répond oiti à deux de ces symptômes et non aux autres, sans qu'aucun ne soit trop accusé, alors tenez pour certain qu'il est mixte et soyez sûr que S. x A. le guériront, quel que soit son mal.
(1) Il va sans dire qu'il ne faut pas l'interroger sur sou état actuel pendant sa maladie, mais sur son état antérieur à la maladie sur son état hahUud, la maladie pouvant donner l'un ou l'autre de ces symptômes sans qu'il soit constitutionnel.
Et si le mal résiste au S. ou à l'A., ou au S. x A., donnez G. ou G. x S. (pour le premier cas), ou G. x A. (pour le second), ou G. x S. x A. (run''des derniers en grains à sec) , et vous vaincrez la maladie ^ .
2' RÈGLE Cas évidents.
On est naturellement dispensé de ces questions lorsque la scrofule est évidemment arrivée à ses conséquences les plus visibles, comme glandes engorgées ou suppurantes, plaies scrofuleuses, etc. (S.) ; ou bien lorsque l'angioite est accusée par un visage bouffi et rouge, l'essoufElenlent et d'autres symptômes d'un désordre du sang (A.) ; ou bien encore quand on voit des plaies ou des tumeurs cancéreuses ou gangreneuses (qui viennent aussi d'un état angioitique au moins partiel) , cas où d'emblée vous savez que l'A. et le G. sont également nécessaires, et surtout ce dernier.
(1) Pour s'assurer de la constitution d'un malade, il existe des moyens accessoires. On lui demande quelles maladies il a eues antérieurement. Il est rare que leur caractère lymphatique ou sanguin ne se trahisse pas. Un garçon sujet aux hémorrhagies, une fillette formée hâtivement, une femme ayant des règles surabondantes ou trop rapprochées sont des sujets très-probablement angioitiques. On peut aussi demander sur la constitution des parents des renseignements semblables à ceux qu'on doit demander au malade lui-môme, car la constitution de ce dernier doit nécessairement ressembler à celle de ses parents Ainsi le fils d'une mère ayant souffert de palpitations, d'un père mort d'une maladie du cœur, etc., doit être angioitique au moins en quelque degré; tandis que si ses parents ont eu des glandes des tumeurs froides, etc., il y a cent à parier contre un quil est lymphatique, etc., etc.