POUR CEUX QUI CONSULTENT CE CATALOGUE
On comproïidra que dans un travail de ce genre il ost absolument impossible d'indiquer pour chaque maladie soit les doses, qui varient selon les personnes, soit l'ensemble d'un traitement, lequel dépend de la marche de la maladie et d'une multitude d'incidents ou d'accidents qui ne sauraient être prévus.
C'est à chacun, étant donnée la constiluLion du malade, de prendre ici l'indication générale du remède ou des remèdes qui sont indispensables, et d'en faire l'api^lication convenable soit aux forces du malade , soit aux évolutions de la maladie.
La recherche de la dose demande incontestablement de l'habitude et de l'attention.
Mais le remède et la dose étant trouvés pour l'intérieur, c'est à l'instinct et au bon sens de chacun de savoir déployer l'action du remède et Vagrandir par l'usage externe.
Le but est de mettre le remède le plus possible en contact avec le mal ou avec les points qui avoisinent le mal, afin d'exercer à l'extérieur la même influence qu'à l'intérieur. Ces deux influences, on le sait, sont de nature identique et s'ajoutent l'une à l'autre.
Prenons pour exemple le 1°'' article du catalogue : Abcès, et dans cet article, le alinéa : Abcès froids (des lymphatiques). Le livre indique le remède S.
Mais à l'extérieur le S. peut être pris en lotions, en compresses, en injections, en irrigations, en aspirations et en gargarismes (avec eau), en onctions (avec axonge ou avec huile) et enfin en bains. Ces divers modes d'application ne conviennent pas à tous les cas. C'est à cliacun de choisir parmi ces moyens et même d'en inventer de nouveaux, s'il le peut, toujours dans le but d'opposer le mieux et le plus possible l'action du remède au mal.
Que risque- t-on ? Les remèdes ne sont pas des poisons; Ce ne sont que des contre-poisons. Ils sont incapables d'attaquer l'organisme ; tout au plus le peuvent-ils troubler momentanément, si la dose est trop forte pour le malade. Et encore a-t-on toujours la ressource d'arrêter ce trouble par l'emploi d'une dose bien inférieure ^.
Il va sans dire aussi qu'on ne jette pas d'emblée le remède sous toutes ces formes à la tête de la maladie ou du pauvre malade, surtout si celui-ci est très-affaibli ou si le mal est sérieux. On commence par l'intérieur, et l'on cherche la dose du remède principal. Cette dose donne une présomption de ce que devront être soit la dose des remèdes accessoires, soit celle des applications externes. Quand on a vu commencer l'amélioration ou bien quand on a constaté que l'action interne ne suffit pas, alors on ajoute graduellement les applications externes , en commençant par les plus simples et en allant jusqu'à la plus' puissante de toutes, qui est le bain médicamenté.
(1) Il suffit pour rinlérieur de secouer une ou deux gouttes du verre qui a troublé dans un verre d'eau pure et d'en prendre 3 ou 4 cuillerées à café dans les 20 minutes, et pour l'extérieur de renouveler l'application aVec une doso diminuée dans les mômes proportions.
Et c'est ici qu'on s'adresse au besoin aux remèdes homonymes, qui, eux non plus, ne sont (et ne pouvaient être) qu'exceptionnellement indiqués dans le catalogue.
Ainsi, pour reprendre l'exemple ci-dessus, le catalogue indique d'une manière générale le S. comme remède constitutionnel. Mais il est des lymphatiques auxquels le S. ne va pas et auxquels le S. 2° ou 8.5" convient très-Men. C'est à celui qui traite de tenir compte de ce fait, d'essayer les homonymes et souvent de cumuler leur action alors que cela est possible , en donnant de l'un à l'intérieur et des autres à l'extérieur, ou en les alternant intus et extra.
Ainsi, pour terminer toujours par le même exemple, un malade se présente avec un abcès. Le malade est lymphatique : l'abcès est froid. Le livre indique le S.
On essaie donc le S. au verre, qui dérange le malade. On essaie aussitôt le 2" verre. Il dérangé encore. On donne le 3% le 4^ Ils dérangent toujours. Dès l'instant qu'un grand affaiblissement chez le malade ne justifie pas des doses plus diluées, on conclut que le S. ne lui convient pas ; et comme il est bien réellement lymphatique, comme, par suite, c'est bien le S. qui est indiqué par sa constitution, on lui donne le S. 2°, qui, en général, convient en pareil cas. On le donne au 1^"^ verre, peut-être au 2% et aussitôt le malade éprouve une sorte de bien-être et de détente. Voilà l'homonyme trouvé pour l'intérieur.
Tant que l'amélioration va s'accentuant, on continue; mais supposons qu'elle s'arrête ou que l'abcès ne se modifie pas ou pas assez vite, on ajoute alors des compresses ou des onctions du même remède , ou mieux encore (ici du moins) de 8.5°.
Supposons quo, chemin faisant, l'action du remède pousse une éruption à la peau. On étend les onctions ac pommade médicamentée à tous les points envahis
par l'éruption, et si l'éruption augmente, on baisse toutes les doses, l'intérieure d'une dilution, l'extérieure de la moitié des globules employés.
Supposons encore que la suppuration de l'abcès augmente, que d'autres glandes s'engorgent et menacent d'abcéder : le mal résiste à son remède naturel, la viciation de la lymphe est trop grave pour être vaincue par le S. On recourt au G. et on l'alterne à l'intérieur à une dose se rapprochant de celle du S.; on en fait aussi des compresses alternées avec celles du S. Si cela ne suffit pas pour arrêter le mal, ou si le mal, étant arrêté, ne rétrograde pas, mais reste stationnairo , alors on ajoute des bains de S. et des bains de G. alternés.
Supposons que le mal résiste encore. Alors on quitte le S.2° dilué, et on n'en donne plus qu'un grain à sec matin et soir, et on installe comme seul remède dilué le G., en y ajoutant des compresses du même et des bains de 8.5° ou G. 5°, les plus puissants de tous.
Si dans le cours du traitement survenait quelque hémorrhagie (nous supposons ici des cas peu vraisemblables, mais nous le faisons pour poursuivre notre démonstration), ce fait prouverait que le malade n'est pas absolument lymphatique, qu'il est plutôt mixte ; et pour peu qu'il ait quelques palpitations, on en conclurait que la viciation grave de la lymphe a vicié le sang, Bt on ajouterait l'A. au G: à l'intérieur. On insisterait même, en cas de récidive, par des onctions d'A.2'' sur le cœur.
Si dans le courant du traitement se manifestait au contraire de la fièvre ou la présence de vers intestinaux, c'est le F. que l'on ajouterait au lieu de l'A., au besoin avec le secours d'onctions de F.2" sur les hypocondres; ou bien le Ver. à l'intérieur et, au besoin, en onctions sur l'abdomen, en grains à sec et en irrigations.
Mais on remarquera qu'au milieu de tout ceci le b.
et le G., qui sont les remèdes .constitutionnels , sont restés le pivot du traitement, la constitution étant lymphatique ou tout au plus mixte.
Voilà ce que peut éventuellement contenir ou nécessiter la simple indication du S. , donnée par le catalogue.
Peut-être le lecteur sera-t-il effrayé et se dira-t-il : Si tant d'alternatives peuvent se présenter pour chaque cas , comment deviner chaque fois les modiflcations à introduire dans le traitement ?
Mais qu'il se rassure, car les alternatives que nous venons d'accumuler sur cet exemple sont, à très-peu de variantes près, toujours les mêmes. Quand on les aura rencontrées une ou deux fois, on les connaîtra bientôt par cœur. Il ne faut pas oublier que cette matière médicale n'a que sept remèdes en tout, dont trois constitutionnels, et que, d'autre part, tous les malades se réduisent à trois catégories : les lymphatiques, les angioitiques et les mixtes. Le cercle dans lequel on est appelé à se mouvoir est donc très-restreint. Il devient bientôt facile de s'y reconnaître et impossible de s'y perdre.
Le grand point, celui sans lequel il est impossible de rien faire de bon avec ces remèdes, c'est de savoir reconnaître la constitution du malade, et quoique ceci ne soit qu'une répétition de ce qui a été longuement exposé dans la 1- partie de ce travail, nous n'hésitons pas à le redu-e ici, afin que personne n'en ignore. ^ Les malades, quelle que soit leur maladie, ne peuvent être que lymphatiques, angioitiques ou mixtes.-
Ce sont là les trois espèces de constitutions possibles et ce sont les seules. Toutes les autres rentrent dans ces trois
A quoi rcconnait-on qu'un malade est angioitiquo ?
A ce qu'antérieurement à sa maladie il a été sujet à un ou plusieurs des symptômes suivants : Vertiges, Palpitations, Hémorrhoïdes, Varices,
de plus, Appétit généralement ouvert,
Digestion plutôt rapide,
Constipation facile.
On comprend que ce sont là les signes par lesquels s'accuse un sang dont la surabondance, l'agitation maladive et les excès indiquent la viciation ou la circulation défectueuse.
Quand un malade a éprouvé habituellement ces symptômes et qu'ils ont été plus ou moins accusés, il est angioitique, et son remède constitutionnel est l'A. ^ Le malade qui, antérieurement à sa maladie présente, n'a eu
Ni vertiges,
ni palpitations,
ni hémorrhoïdes,
ni varices,
qui, en outre, a eu
l'appétit capricieux, intermittent, médiocre,
la digestion plutôt lente, et peu ou point de constipation, est lymphatique, et le S. est son remède constitutionnel.
Celui qui a éprouvé, antérieurement à sa maladie présente, quelques-uns de ces symptômes, mais chez leauel ils n'ont jamais été fortement accusés, est mixte, c'est-à-dire un peu l'un et^ un peu l'autre, et son remède constitutionnel sera S. x A.
En cas de résistance du mal, angioitiques, lymphatiffues ou mixtes ont besoin du C.
C'est là le fond, c'est là la clef de tout le système
Mattei.