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QUELQUES INDICATIONS SCIENTIFIQUES PRÉLIMINAIRES

§ 1 . — Nature du cancer.

Le cancer se distingue d'une multitude de tumeurs, et entre autres du cancroïde * (qui lui ressemble de très-près et qui est presqu' aussi fatal que lui), par la présence dans son tissu d'une cellule qui lui est particulière et qu'on ne peut discerner qu'au microscope. Cette cellule a pris le nom de cellule cancéreuse.

Il s'en distingue encore par le fait que, tandis que toutes les tumeurs, y compris le cancroïde, ne sont qu'une dégénérescence des tissus normaux du coi-ps humain, le tissu cancéreux est un produit nouveau, étranger au corps, qui vient se substituer aux tissus normaux qu'il a détruits en s'en nourrissant.'

Il s'en distingue enfin par le fait que, tandis que dans toutes les tumeurs, et même dans le cancroïde, la cachexie n'est point constante et que, lorsqu'elle vient, elle est plutôt la conséquence des désordres ou des ravages causés dans les organes, dans le cancer, au contraire , elle est un fait constant et provient d'une résorption dans le sang du suc cancéreux et d'un empoisonnement constitutionnel général, — empoisonnement qui marque la troisième et dernière période de ce mal.

(l) Lu caucroïdo est Vulccrc. rongeanl.

Cancer.

On peut ajouter que, tandis que toutes les autres tumeurs, même le cancroïde, ont pu être guéries (c'est-à-dire arrêtées) par l'allopathie, le cancer n'a jamais pu être arrêté par elle. Les remèdes connus sont toujours restés impuissants, et les opérations n'ont fait que hâter, selon toutes les probabilités, l'infection constitutionnelle.

Les douleurs lancinantes, qui ne sont pas un phénomène exclusivement réservé aux tumeurs cancéreuses, sont la conséquence probable de l'altération du sang. Elles peuvent manquer entièrement dans certains cas exceptionnels, mais en général elles sont nulles dans le début ou phase de formation ; elles commencent avec la phase d'accroissement et ne font que grandir, le plus souvent, jusqu'au terme fatal.

Elles sont quelquefois térébrantes, plus rarement sourdes et pressives. Elles varient à l'infini et quelquefois même sont accompagnées d'insupportables démangeaisons. On a remarqué que les crises, d'ordinaire plus fortes la nuit que le jour, se rapprochent toujours plus et finissent par être continues, sauf dans quelques cas, où elles cessent totalement peu de semaines avant la mort.

L'hérédité du cancer n'est démontrée encore que dans un cas sur sept. i

§ 2. — Données statistiques.

La plus grande proportion des cancers se montre entre 40 et 60 ans. Les plus nombreux sont ceux du sein et de l'utérus ; ce qui prouve que la femme y est plus sujette que l'homme. Sur trois cas, la statistique en donne deux pour la femme, un pour l'homma.

Quant à la manière dont le cancer se répartit, tant pour les âges que pour les organes attaqués, on peut consulter le tableau suivant :

Cancer.

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