CHANCRE DUR
10 Chancre dur des parties sexuelles. Ce chancre n'est assez souvent qu'une transformation redoutée du chancre mou. Au lieu d'ime petite plaie à base molle, presque à fleur de peau, à bords taillés à pic (comme à l'emporte-pièce), on a une plaie entourée d'un bourrelet dur, surélevée, en forme de coupe, à centre mou, avec suppuration peu abondante.
Quelquefois il apparaît ailleurs, et on a le
2" Chancre dur des lèvres buccales. Aux lèvres, il forme une plaie allongée, en forme de fente, à bords saillants, ou en forme de bouton, ou grenue et croûteuse.
Elus rarement il vient à la tête (presque jamais chez les femmes), et on a le
3° Chancre dur de la tête. Plaie plutôt arrondie, la forme ronde étant la forme presque constante de toutes les manifestations externes dues à la syphilis.
Quelquefois le chancre dur se transforme en plaque muqueuse, phénomène nouveau, qui sera décrit dans la période suivante, dont il fait plus ordinairement partie.
Les guérisons de la syphilis primaire sont innombrables par
SYPHILIS DITE SECONDAIRE (Maladies de la peau)
Après les manifestations précédentes, et sans qu'elles aient toutes apparu dans l'individu malade, se produisent, mais assez longtemps plus tard (souvent après ces années), les symptômes suivants. Ici encore, le même malade ne sera pas atteint de tous les symptômes énumérés, m dans 1 ordre ou ils
Syplfiîlîs.
sont énumérés; mais ceux qu'il ressentira n'en constitueront pas moins la syphilis secondaire.
Indices précurseurs : D'abord impressionnabilite, humeur capricieuse, tristesse, apathie, dégoût, anxiété, sommeil agité, intermittent, nullement réparateui", lassitude, courbature, faiblesse générale, bourdonnement d'oreilles, voix cassée.
Bientôt fièvre', avec frissons et chaleurs vers le soir, sueurs noctm-nes, oppression, saignements de nez, palpitations.
Ensuite altération des traits, membrane interne des yeux jaime, inappétence, nausées ou faim canine, diarrhée, amaigrissement, enflure et ulcération des gencives, taches à la peau, hémorrhagies des intestins, douleurs pressives aiguës à la tête , cheveux ternes, sales, feutrés, disparaissant peu à peu avec tout le système pileux, éruptions croùteuses à la tête, engorgement des glandes sitxiées aux deux côtés du cou et de celles des seins, lésions à la gorge, sous la mâchoire, sous l'aisselle et ailleurs...., douleurs rhumatismales dans les muscles, au dos, à la poitrine, aux articulations intercostales supérieures et surtout (caractéristique) au sternum (partie supérieure de la poitrine), point doulbiu-eux vers le tiers inférieur de cet os. — Etat chloro-anémique.
Enfin : Éruptions syphilitiques diverses, arrondies, couleur cuivre, ou chair de jambon, ou rouge orange, sans prurit ni douleur, savoir :
Plaques muqueuses, lisses, humides (après la cicatrisation du chancre), aux parties sexuelles, au scrotum, à l'anus etc aux ailes du nez, entre les orteils, à l'ombilic, etc. (même à linterieur de la bouche), rondes, ovales, molles ou saillantes, nettes ou diffuses, isolées ou confluentes , plates ou bombées lisses, suintantes, fétides, rosées ou livides.
''^" Excroissances diverses, crêtes de coq, condylômes ou fongosites, CHOUX-FLEURS, poircaux , verrues, de préférence à anus avec gerçures (rhagades) à l'anus, aux ongles, entre les orteils, etc. Ces végétations s'ulcèrent sur les surfaces muqueuses, au bord des narines et au menton, formant soit des saillies croùteuses, soit des excroissances en forme de mûre A^i ÏÏnlii ' ''^Jffdales en sont souvent atteintes.'
Au sem elles forment volontiers des saillies mamelonnées.
3" U ophtlialmie , le coryza (rhume de cerveau), \s. x>haryngite (avec perte de la voix) syphilitiques sont autant de lésions des membranes muqueuses, dont on reconnaît le caractère syphilitique à lem" extraordinaire ténacité.
4" Ulcérations des paupières , des fosses nasales, des oreilles, de la bouche, de la langue, de la gorge, du larynx, des parties génitales , du col de l'utérus et du rectum.
5» Roséole syphilitique (plus lente et plus longue que la roséole ordinaire), taches rondes, isolées ou réunies, d'un rose sombre , bords dentelés, surface granuleuse ou lisse , plus tard chagrinée et papuleuse , paraissant sur la poitrine, l'abdomen , un peu partout , jamais au visage.
60 Lichen, petites saillies, coniques ou pointues, à base étroite, forme souvent lenticulaire, isolées, papuleuses, paraissant par éruptions successives à la poitrine, l'abdomen, aux membres, surtout aux parties génitales (où elles s'accumulent) , à la face , à la paume des mains et à la plante des pieds. Éruption d'une évolution très-lente,
70 Varicelles , vésicules arrondies , pointues ou déprimées , avec cercle rouge foncé, le quel persiste après cicatrisation.
8° Croûtes du cuir chevelu, semblables à l'acné, squameuses, jaunâtres, recouvrant de petites ulcérations persistantes, avec perte des cheveux.
90 Couronne de Vénus, taches sombres ou livides, pustuleuses, disposées en diadème autour du front (très-caractéristiques).
IQo Mentagre, boutons suppurants, groupés en sadhes crouteuses autom- du menton, feutrant et détruisant la barbe.
110 Angi7ie syphililique , plaques muqueuses du fond de la bouche, granuleuses et suppurantes, jaunâtres, gênant la déglutition, avec enflure des amygdales.
120 Taches brunes et larges, surtout chez les personnes a peau blanche et chez les femmes.
130 Éruption écailleuse (syphilide cornée), notamment à la paume des mains ou à la plante des pieds, violacée, avec écailles épaisses qui tombent et repoussent sm- une dépression parcheminée, avec gerçures prm'itouses et sensation de brûlure.
Syphilis.
14" Pustules syphilitiques, groupes de boutons durs, semblables à l'acne, dont les croûtes tombent en laissant des taches avec d'ineffaçables cicatrices.
15° Ampoules syphilitiques, surtout aux jambes, surgissant au centre d'une tache rouge, avec auréole, formant croûte. En tombant, la croûte laisse une cicatrice violacée d'autant plus profonde qn'elle provient d'une syphilis plus avancée.
16" Tubercules syphilitiques, semblables à une cerise, durs, rouge sombre, insensibles, avec suppuration sanguinolente ou visqueuse, disposés en cercle, siu* fond cuivré, quelquefois phagédéniques ou serpigineux, surtout au visage, à la langue, au palais, à la lèvre supérieure, au pénis, au col de l'utérus, détruisant le nez, la lèvi'e, l'oreille, les joues, les parties génitales et entraînant souvent la carie des os.
170 lupus facial. La même éruption que ci-dessus, mais fixée à la face.
18" Maladie des ongles (onyxis syphilitique). L'ongle devient violacé, fi-iable, épais, lamellé, avec ulcérations vers la base; , celle-ci devient parfois fongueuse et se renverse, avec suppuration fétide et abondante.
19° h'iritis syphilitique. L'iris se couvre de stries brunes ou d'excroissances vésiculeuses sombres ou cuivrées , se détache en filaments flottant dans le liquide sans transparence, se déforme (triangulaire, carrée ou en étoile), l'œil grossit, vue d'étincelles, affaiblissement de la vue, adhérences de l'iris à la cornée, douleurs orbitaires.
20o Sarcocèle syphilitique, soit durcissement et augmentation noueuse ou granulée du testicule, qui suinte, se désorganise, se perfore parfois ou se couvre d'excroissances spongieuses et bourgeonnantes.
Guérisons :
Condylômes (végétations diverses). H. de 38, guéri en moins d'un mois par Yç^ Chancre mou, puis induré, Ven.x'c Crêtes vénériennes à l'anus, intus et extra, Yen • Sarcocèle ou orchite syphilitique ( v. plus haut ) , guérie
par intus Ven., avec compresses locales de C.
Excroissances (condylômes) au gland, prépuce dans le plus mauvais état, avec autres affections syphilitiques de la peau. H. de 21, guéri en 17 jours par Yen.
Orchite, inflammation du testicule. H. de 24, parfaitement guéri en 16 jours par Ven.
Abcès syphilitique à la partie gauche et antérieure du crâne. H. de 23, guéri en 50 jours par Yen.
Ulcères durs au prépuce, bords profondément taillés à pic. H. de 22, guéri en un mois par Yen.
GuÉRISONS INNOMBRABLES.
SYPHILIS TERTIAIRE (Maladie des grands organes et des os)
Les symptômes de cette 3" phase du mal syphilitique sont plus tardifs, d'ime marche bien plus lente et plus bizarre; ils ne sont guère ni contagieux ni transmissibles par l'hérédité (?), mais ils bouleversent l'organisme jusque dans ses dernières profondeurs.
Manifestations a la peau, servant en quelque sorte de transition entre la période précédente et celle-ci.
1" Biaies éphémères (rupia), de la grosseur d'un franc, produisant un pus brunâtre, puis d'épaisses croûtes, verdàti-es, avec aiu-éole bistrée , laissant des cicatrices violettes , ou bien ne séchant et ne se cicatrisant jamais.
2» Bulles plus grosses (pemphigus), allant jusqu'à la grosseur d'un œuf de poule, rondes, transparentes, se crevant et émettant un liquide jaunâtre ou brun, puis produisant des croûtes minces, brunes, qui laissent après elles une tache rouge. LUes attaquent les nouveau-nés à la paume des mains et à la piaule des pieds.
S^» Tumeurs tuberculeuses (gommes syphilitiques), comme mi pois ou une grosse noix, isolées ou disséminées par tout le corps, d'abord indolentes, puis à la longue donnant issue à un liquide gluant, filant, formant des ulcères profonds, d'une cicatrisation presque impossible et qui parfois même deviennent rongemits (phagédéniques) et voyageurs (serpigineux) .
Phénomènes plus graves et plus internes, préludant aux détériorations organiques les plus profondes.
1° Petites tumeurs dures (gommes), accompagnées de douleurs, se formant dans l'intérieur de tous les muscles et les endiu-cissant,
2» Rétrécissements du rectum et des autres passages (urètre, pylore, œsophage, etc.).
3° Douleurs ostéoscopes (comme d'os brisés), aiguës, perforantes , s'exaspérant à la chaleur du lit ou à la pression , laissant im endolorissement après les crises , siégeant surtout aux jambes, où elles gênent la marche, au sternum, oii elles rendent la respiration anxieuse et agitée, à la tête, où elles rendent tout travail impossible et entraînent la perte prolongée du sommeil.
Elles sont caractéristiques de la syphilis.
A. — Maladies des os.
Gonflement des os (périostite), à fleur de peau, causé par des tumeurs (gommes) , qui quelquefois parviennent à se résorber, mais qui d'autres fois suppurent et qui souvent amènent de plus graves désordres. Il est probable que certaines désarticulations spontanées du bras ou du fémur, précédées ou suivies d'abcès locaux, en sont le résultat.
Les tumeurs froides semblent n'être qu'une forme affaiblie et chronique de ces gommes.
Excroissances des os (exostose), rugueuses, stalactiformes , apparaissant de préférence au tibia, aux clavicules, au coude, au crâne, plus souvent encore à la voûte du palais (caractéristique), entraînant quelquefois la luxation de la mâchoire inférieure , l'atrophie des muscles, l'enflure, l'engourdissement et la paralysie. Quand elle se produit au dedans du cerveau .
Syphilis.
l'exostose le comprime et peut produire les plus graves accidents, •
Carie et nécrose (gangrène) des os, suites de l'exostose, attaquent de préférence le coude-pied, les côtes, le sternum, les clavicules, le crâne et la face.
Perforation de la voûte du palais ; à la suite d'une ulcération , qui altère la voix et la prononciation.
Nécrose et carie des os du nez. Môme marche.
Ostéite incisive, aux dents incisives, qu'elle chasse de leurs alvéoles, en ruinant la mastication et déformant la face.
Ostéite du vomer (os central et intérieur du nez), précédée de maux de tète nocturnes, de douleurs à la racine du nez, d'un flux de sanie infecte mêlée de débris osseux et suivie le plus souvent de l'affaissement de la voûte nasale, avec rejet en avant des narines, qui se retroussent et laissent voir leur partie interne.
Ostéite des os propres du nez , avec tuméfaction et coloration érysipélateuse de la peau , qui bientôt s'enflamme et s'ulcère. Les os s'ébranlent, craquent , puis s'effondrent ; à la place du nez reste un tubercule cerclé de brides et de cicatrices.
Fistules lacrymales, provenant de l'ostéite de l'os maxillaire.
Ostéite de l'os de la voûte orhitaire, avec enfoncement ou projection de l'œil, avec douleurs, amblyopie, amaurose plus ou moins complète.
Ostéite du rocher (dans l'oreillç), avec douleurs aiguës, surdité, otorrhée, irruption possible dans le cerveau et mort.
B. — Maladies des entrailles et des organes qui en dépendent.
Elles résultent de tumeurs (gommes) internes, qui produisent : congestions, épanchements , création de tissus étrangers, dégénérescences graisseuses ou séreuses, atrophies ou hypertrophies, caries ou nécroses des os voisins, contractions des muscles intéressés, toutes sortes de maladies graves, opiniâtres, fécondes en souffrances et en désastres intérieurs, accompagnés de dépérissement général.
Principales maladies qui en résultent :
Syphilis*
L'insomnie persistante,
La perte de la mémoire, même après guérison, L'altération de la parole,
L'inflammation du cerveau ou de ses enveloppes, L'aliénation et la démence, avec paralysie,
L'ÉPILEPSIE ET l'hystérie,
La danse de Saint- Guy,
La névralgie et la paralysie partielle des nerfs du crâne, La paraly-sie progressive de tout le corps. L'hémiplégie et la paraplégie,
L'absence de coordination dans les mouvements, contrastant avec la jorésence des forces, avec douleurs erratiques térébrantes ou fulgurantes.
L'amaurose, atteintes reçues par la rétine.
Le strabisme ou la diplopie (yeux louchies),
L'hébétude intellectuelle, incohérence des idées,
La pensée du suicide.