CHAPITRE III
Indications générales sur les spécifiques Mattei.
Ces remèdes sont tous extraits de plantes 7ion toxiques t , et l'inventeur y a ajouté ce qu'il appelle V électricité végétale, tirée également de plantes non toxiques.
Cette électricité végétale, qui est de natm-es diverses tantôt positive, tantôt négative, et qui possède des propriétés très -diverses aussi, selon les végétaux qui la fournissent, n'a rien de l'action brutale de l'électricité ordinaire. Son action est plus douce et plus lente et se marie mieux avec l'électricité animale. Elle est quelquefois presque instantanée, mais elle n'occasionne jamais de troubles subits ou graves 2.
(1) L'absence de toute propriété toxique a été maintes fois constatée d'ailleurs par les constantes analyses chimiques dues au désir de discréditer ou de contrefaire ces spécifiques.
(2) On constate l'effet presque instantané dans le S., lorsqu'un grain sur la langue coupe la névralgie dentaire, lorsque 8 ou 10 grains coupent une paralysie commençante, l'évaucuissement ou l'ivresse, lorsque 2 ou 4 grains arrêtent, même pendant le repas, une crampo d'estomac ou une- indigestion. L'inventeur appelle ses remùdes des réductions électriques (ridolti elellrici). C'est à celte électricité que sont dus les effets souvent si prodigieux dos globules pris à des dilutions ridiculement basses, comme le 8", 10% 15" verre.
L'inventeur entend garder le secret de ses inventions. Toutefois il déclare qu'il a adopté le principe homéopathique des semblables ^ ; mais qu'au lieu de chercher des agents capables de modifier les symptômes des maladies, comme l'homéopathie ordinaire, il a recherché, au contraire, ceux qui modifiaient l'organisme et la constitution.
Et il ajoute que, pour cette cause, leur action ne détruit le mal qu'en détruisant son principe générateur, en sorte qu'une fois guéri, le malade n'a à redouter ni rechute, ni répercussion, ni transformation, ni réapparition subséquente du mal. La maladie s'affaiblit à mesure que la constitution se purifie ; puis elle se meurt faute d'aliment ^. La guérison est absolue 3.
(1) Tout remède homéopathique est dit être semblable au mal, parce qu'il est de nature à le produire sur l'homme sain. Toutefois, donné à doses minimes (homéopathiques) à un homme malade, il a la propriété de guérir. Si, par exemple, on donne à un homme malade d'inflammation un remède qui produit lui-même l'inflammation, le mal sera considérablement augmenté. Mais en donnant de ce môme remède à une dose infiniment petite, la légère inflammation qu'il produit a la propriété inexplicable, mais réelle, de déplacer et de détruire l'inflammation déjà existante dans le malade ; et, en outre, plus l'ac-iio/i produite est faible, plus la réaction est forte. Telle a été la grande découverte de HaÉiemann. Seulement, au lieu de remonter aux causes des maladies, l'école homéopathique s'est attachée aux maladies elles-mêmes et à leurs divers symptômes, et par là n'est parvenue à détruire que les maladies et les symptômes. M. Mattei est le premier qui se soit préoccupé des causes et qui ait appliqué l'homéopathie à les atteindre , sans se préoccuper de la forme apparente du mal.
(2) On comprend pourquoi , pour assurer une guérison , il importe de prolonger le traitement au delà de la disparition du mal visible. Il faut cela, puisque c'est la constitution et non le mal que l'on traite.
(3) Parmi les innombrables cas de guérison cités par le comte, il en est dont la guérison date de 2, 4, 6 et môme 10 ans, et qui onl joui depuis le début d'une santé parfaite.
L'évidence de cette purification so constate dans un grand nombre de cas par la manière dont l'organisme se décharge des principes étrangers. C'est tantôt au nioyen de transpirations surabondantes, à: éruptions ou à'exijectorations, tantôt par des dépôts dans les urines ou des diarrhées exemptes de douleur.
• Appliqués à l'extérieur, en compresses, onctions, bains ou autrement, les remèdes Mattei ont sur le corps la même action gu'à l'intérieur, surtout en cas de tumeurs et de plaies; seulement on emploie des doses comparativement beaucoup plus fortes.
Avant de parler en détail de chaque remède et de ses propriétés, nous transcrirons ici ce qu'en dit l'autemlui-même ^ :
« Cette matière médicale est simple comme la vérité.
» La chair de l'homme est imprégnée de certains » principes, que les uns appellent herpétiques, d'autres » scroMeux, et que Hahnemann a appelés psoriques.
» Or, il existe un remède antiscrofuleux.
» Cette viciation produit souvent l'altération des » vaisseaux blancs et de la lymphe.
» Et il existe des remèdes anticancéreux.
» D'autres fois elle produit l'altération des vaisseaux « sanguins et rend malades les veines et les artères.
» Et il existe un remède antiangioitique.
y> Avec ces trois spécifiques on combat victorieuscy) ment la presque totalité des maladies.
y> D'autres remèdes font partie de cette matière :
» Le Pettorale, qui a une action élective sur les bron- » ches.
)) Le Febrifugo , qui guérit les fièvres intermittentes , » les altérations du foie et de la rate.
(t) Un ■pico di slorta sut rimedii, etc.
» V Antivenereo , qui guérit la syphilis sous toutes » ses formes.
» Le Vermifugo, qui tue tous les vers intestinaux, » depuis l'ascaride jusqu'au ténia et au tricocéphale.
» Il existe des liquides qui ont des propriétés clec- » triques et qui secondent les traitements internes.
» Tous ces remèdes « semblables » sont tirés de » plantes non toxiques, ainsi que le prouvent l'analyse » et l'expérience.
» D'habitude un homme se guérit en prenant un » grain par jour. Qu'on en donne à un chien cent, » mille, tout un flacon, et on n'observera aucun effet » quelconque.
y> Un homme peut prendre de môme, sans effet, une )) quantité quelconque de grains, pourvu que le remède y> ne s'adresse pas justement à une maladie qu'il ait. » Dans ce dernier cas, il en ressentira un effet désa- » gréable, mais nullement dangereux.
» Il découle de ce qui précède que plus une maladie y> est violente et grave , plus la dose du remède devra » être petite.
» Une fièvre intermittente, par exemple, se guérit » avec un grain dans un verre d'eau.
» Une fièvre maligne , avec un grain dans six verres ). d'eau. I
)) Sauf les cas de convulsions, plus le remède est » diminué, plus il faut le prendre souvent.
» Et tandis que pour l'intermittente il convient d'ad- » ministrer le verre d'eau avec un grain en huit ou dix » fois pendant un jour, pour la maligne il vaut mieux » donner le grain dilué dans six verres d'eau, par doses » très-petites et très -rapprochées, — une cuillerée à » café toutes les cinq minutes, si possible.
)) On peut donner plusieurs remèdes en môme temps, » non pas mélangés, mais l'un pendant la matinée, y> l'autre pendant ra,prcs-midi. ■ 3
» Les tubercules du poumou se guérissent avec VAn- » licancéreux QilQ Pettorale, l'un pendant la matinée, » l'autre pendant l'après-midi. S'il y a crachement de « sang, on ajoute un troisième remède, VAnliangioilique, » et l'on consacre le tiers de la journée à chacun de » ces remèdes.
» La règle pour administrer cette matière est simple » comme la matière elle-même. On recherche la cause » de la maladie , quelle qu'en soit la forme , cause qui )• ne peut être, comme on l'a dit, que scrofuleuse, can- » céreuse ou angioitique ; et à cette cause on oppose » son spécifique spécial.
» A une paralysie, par exemple, il faut opposer l'in- » tiangioitique, si elle provient d'une difficulté de cir- » culation ; si elle provient de psore ou de scrolule , « c'est V Antiscrofoloso qui est indiqué.
» Pour activer le traitement interne , on se sert des » électricités , mais on choisit celles qui conviennent à » la cause de la maladie. Si la cause est dans la circu- » lation, on appliquera VÉlectr. angioitique. On préfè- » rera la rouge et la jaune, si la cause 'est scrofuleuse.
» Les homéopathes désignent les remèdes et le trai- » tement à opposer à chaque maladie , et disent : Pour » l'hydropisie , tel remède ; pour les convulsions , tel w autre remède. Ce mode ne convient guère à cette » matière , parce que les convulsions peuvent venir de » plusieurs causes. Si elles sont occasionnées par les ï) vers, elles ne pourront pas être guéries par le remède » qui rectifie la circulation , et vice versa. Une hydro- » pisie ne peut pas être guérie par un seul remède , et » le remède qui guérit l'ascite ne convient pas à l'hy- » dropéricardite ou à l'ovarite. Mais, dans chacun de » ces cas, il faut user du remède qui a une action, élec- )) tive sur le viscère devenu le siège de l'épanchement.
» Il faut aussi noter que pris à l'extérieur les remèdes « oui la même action qu'à l'intéiieur.
» Une Bsconie , par exemple , sera plus vite vaincue » si on ajoute au traitement interne un traitement ex- » terne, par des compresses sur la région du foie et de » la rate, imbibées d'eau saturée de grains du môme » remède.
» Un vaisseau sanguin aminci, un anévrisme, par » exemple, sera plus promptement réparé, si on fortifie » le traitement interne par des compresses sur le point r> que l'on suppose le plus compromis.
» Les grandes infirmités scrofuleuses ou syphilitiques » qui ne veulent pas céder à leur remède spécial se » traitent avec V Anticancéreux.
y> Quand l'effet de ces remèdes tarde à se montrer, de » trois choses l'une :
» Ou la diagnose est erronée , et partant le remède » mal choisi ;
» Ou c'est la dose qui est erronée ;
->■> Ou bien la désorganisation est tellement avancée » qu'il est impossible humainement d'en triompher.
» L'effet des remèdes ne manque jamais, s'ils sont » donnés à propos et selon ces règles.
» Pour le traitement interne, la dose généralement' » efficace est celle d'un grain dans un verre d'eau , à » prendre en un jour, par petites quantités (cuillerées » à café), avant comité après les repas.
)) Pour le traitement externe, la dose- pour com- » presses est de dix à vingt grains' dans un verre d'eau.
» Les compi-esses se renouvellent trois ou quatre » fois dans les vingt-quatre heures.
>) Il est des personnes, mais c'est l'exception, aux- » quelles des doses plus faibles ou plus fortes font un » meilleur effet, tant pour l'interne que pour l'externe. » Cette augmentation ou diminution des doses, est » abandonnée à l'observation et à la sagacité de cha- » cun.