Cf. Appendice IT, p
Jacome. L'objet de l’association était de donner des représentations et de jouer des farces tant à l’intérieur de Valencia que hors de Valencia. Seul Juan Jacome, qui possédait l’agilité du corps plutôt que celle de l’esprit, devait se livrer à des exercices de voltige et exécuter d’autres tours de force sur un cheval, et, soit dit en passant, le fait qu’une troupe pouvait, dans le même local, pratiquer le drame et l’équitation, ne nous laisse aucune illusion sur l’aménagement plus que rudimentaire des locaux réservés aux spectacles. Depuis le départ de Valencia jusqu’à l'installation dans une autre cité, Juan Jacome pourvoira entièrement aux besoins de sa troupe; il payera les montures qui transporteront gens et bagages, et il procurera tous les costumes nécessaires pour les représentations, mais il ne consentira tous ces avantages qu’à ütre de prêt, dont il se payera lui-même, les représentations une fois commencées, sur la recette quotidienne. Dès qu’il aura été intégralement remboursé, le régime convenu entrera en vigueur, et il a pour base le partage de la recette quotidienne entre le directeur et ses acteurs; le directeur recevra une part et demie, chacun des sept acteurs titulaires aura droit à une par; quant au huitième acteur, Luis de la Fuente, son sort dépendra non du directeur, mais de deux acteurs, Juan Bautista Züñiga et Juan de Tapia, qui, sur leur prélèvement particulier, lui verseront 3 réaux cas- Ullans par représentation et pourvoiront à tous ses besoins. Étrange combinaison, qui institue dans la troupe une hiérarchie à deux degrés, une comptabilité en partie double ! Sur la part que les sociétaires recevront, ils subviendront, comme bon leur semblera, à
leur entretien ; Juan Jacome ne s’occupera plus d’eux
que pour régler les intérêts communs et pour gérer la masse (e/ muntô), sur laquelle seront payés les frais de local et de publicité. Le local, c'était la cour d’une auberge ; la publicité, c’étaient les roulements de tambour du crieur public.
Juan Jacome, au moment où il a signé la charte de sa troupe, avait des réserves d'argent assez considérables. La preuve en est dans la facilité avec laquelle il accorde, sous réserve de remboursements ultérieurs, des avantages onéreux à quelques-uns de ses pensionnaires. À Juan de Tapia, il remet 100 réaux pour qu’il puisse s’acquitter d’une dette envers Pedro de Saldaña, acteur et directeur. A Luis de la Fuente, il paye un costume ordinaire, au choix de l'intéressé pour la couleur et la qualité du drap. Enfin (et c’est ceci surtout qui découvre la prospérité de ses finances), il se fait céder à prix d’or par Pedro de Saldaña quatre des acteurs que lui-même va engager et qui jusque-là appartenaient à la troupe de Saldaña. À ces acteurs, Tapia, Fuente, Padilla et Guerra, Saldaña devait de l'argent, au total 250 réaux; Juan Jacome se charge de leur payer ces salaires arriérés sans autre garantie qu’un billet daté du 3 octobre 158r, dans lequel Saldaña reconnaît sa dette envers Jacome. Le 28 septembre, il remet à chacun son de s’assurant par la même occasion le concours dévoué de ceux dont il était le sauveur’. Quant à Saldaña, allégé de ces créanciers, il quitta Valencia pour Madrid, où il débuta le 24 décembre 1581, avec une troupe probablement re-
constituée, au corral de la Puente?