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VIII. — ÉTINCELLES ET SOLUTIONS

En analyse spectrale, il importe d'obtenir avec peu de matière des spectres vifs et durables; j'y parviens en plaçant le liquide (une goutte suffit à la rigueur) dans un tube vertical de verre mince (diamètre, o%5 à i%5 environ; hauteur, o% 5 à 4 centimètres environ), fermé par un bout que traverse un fil de platine de { à | millimètre de diamètre, recourbé en boucle à l'intérieur afin de mieux transmettre le courant. Un bouchon sert à maintenir le tube sur un premier support à potence (p. ii, Note).

Un fil de platine, de i millimètre de diamètre (' ), recourbé

(') Les fils fins s'cchaufi'ent trop.

JG SOLUTIONS.

et fixé à un second support, amène le courant au-dessus du liquide.

On peut ainsi placer les petites étincelles très-près de la fente et obtenir une vive lumière. Il est facile d'ajouter des réactifs au liquide sans rien déranger (§ XIV).

Pour des étincelles un peu courtes et de puissance modérée, la consommation de matière est très-faible (*), mais elle augmente beaucoup avec l'espace interpolaire.

Si l'étincelle lèche le .verre ("), celui-ci s'attaque; il faut alors faire la part des raies de Ca, Na, Pb, R, Mg, Fe, Mn, etc. , composants du verre (§ IX).

Quand le verre se recouvre de dépôts peu transparents et quand, avec des étincelles courtes, la coloration du ménisque produit des absorptions, souvent électives, il est avantageux de remplir entièrement le tube, qui peut alors être très-petit. Seulement les gouttelettes projetées corrodent un peu la fente.

J'évite au besoin l'emploi du verre en remplissant de liquide une petite cuiller de platine. Afin de nettoyer et remplacer facilement les conducteurs, je me sers parfois d'un très-petit tube en U. Le fil positif est amené dans une branche au-dessus du liquide que le fil négatif touche [ou dont il est voisin) dans l'autre branche.

Il n'y a pas traces de raies dues aux électrodes quand

celles-ci sont en iridium.

Le conducteur d'où jaillit l'étincelle doit être positif et la surface liquide négative (p. i4)- Les raies métalliques ne se forment pas uniquement au contact du liquide dont la substance est entraînée assez loin par l'étincelle.

Avec un fil extérieur négatif, le spectre de la solution apparaît rarement, même près du liquide, mais celui de l'air est bien développé : l'étincelle est plus petite, moins lumineuse

(') Rien moindre que par l'emploi du f[a7.. (') Ce" qu'il est presque (oujours facile d'éviter.

SOLUTIONS. i-

et moins bruyante ('); elle s'étend sur le liquide en une petite nappe circulaire, bien délimitée, et d'autant plus large que l'étincelle est moins courte; cette nappe, d'un rose violet, donne le spectre du pôle positif (P/. /, i'^'' spectre).

Les variations des spectres métalliques sont ordinairement peu sensibles d'un point à l'autre d'une étincelle modérément longue, mais elles acquièrent parfois de l'importance, comme avec la solution de MnCP {Pl. XVII, i^'' spectre); les raies dues aux plus hautes températures se produisent alors près du pôle négatif (le liquide). Si l'on raccourcit suffisamment l'étincelle, le spectre négatif seul persiste [Pl. /, i*"'' spectre, et P/. XF//, i^'- spectre).

En exagérant la brièveté de l'étincelle, on obtient quelquefois de nouvelles raies. Ce cas ne se présentant pas dans la pratique (p. i4), j'ai reproduit le spectre de HCl avecune étincelle très-courte [Pl. II, i^ spectre), simplement parce que ses raies principales existent encore, mais affaiblies, dans des conditions moins exceptionnelles.

J'ai quelquefois obtenu de beaux spectres avec une étincelle moyenne, tandis que les raies de l'air se voyaient seules avec une étincelle courte, qui n'arrachait pas sans doute les particules du liquide. Cependant il arrive presque toujours que les raies sont plus nettes dans une étincelle courte que dans une étincelle moyenne.

Il se fait souvent un transport de matière sur le pôle positif. Si l'on renverse le sens du courant, ce dépôt devient négatif et fournit un spectre très-vif, qui contient quelquefois des raies nouvelles. On découvre fréquemment ainsi des traces de corps qui échapperaient autrement. Toutefois, comme le cas des étincelles éclatant sur des sels solides s'éloigne des

(') On peut réduire davantage l'espace interpolaire lorsque le fil extérieur est néeatif que lorsqu'il est positif; dans ce dernier cas, en elTet, le liquide tend à se mettre en contact avec le fil, d'où cessation de l'étincelle. Quand le lil extérieur est chargé de dépôts peu conducteurs, le courant éprouve plus de difficulté il so transmettre dans le sens normal (lil positif) qu'en sens inverse.

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