XIV. — MANIÈRE D'OPÉRER LES MESURES
Occupons-nous d'abord des raies étroites ou de largeur modérée : nous parlerons ensuite des raies larges ou l^andcs.
L'œil apprécie avec une exactitude surprenante la moindre inégalité entre les deux moitiés d'un objet symétrique; il est par suite plus facile de })lacer exactement le fil sur le centre d'une raie (même assez large) que d'établir sa coïncidence avec le bord fixe de la fente ( ' ) ; on mesurera donc les centres des raies.
A cause du peu de visibilité du fd sur certaines raies (p. 20} et de la nécessité d'adopter un mode opératoire uniforme, les mesures se feront en aboutant le fil et la raie sur la limite inférieure du fond à demi éclairé de l'échelle photogi'apliique (p. a5), fond sur lequel, d'ailleurs, on suit les raies un peu intenses.
On parvient à mesurer des raies excessivement faibles en amenant le fd vers la raie alternativement de gauche à droite et de droite à gauche, l'arrêtant quand on juge qu'il coïncide avec le centre de la raie [dont ce mouvement accroît la visibilité (p. 10)] et prenant la moyenne des positions trouvées.
Si [comme cela doit être (p. 23)] d n'y a pas de ballottement des pièces mobiles, la mise au point pour les diverses raies ne dérange pas le réglage du zéro, qu'd suffit de vérifier de temps à autre. Dans le cas contraire, on ferait néanmoins une assez bonne mesure en introduisant dans la source lumineuse un corps producteur d'une raie connue, dont la position sur le micromètre, déterminée en même temps que celle de la raie voisine qu'on étudie, fournirait la correction nécessaire ( p . aS) .
(n La mesure du bord fixe de h. fente, adoptée par quelques personnes, ne me parait pas offrir d'avantaccs avec les raies vives à bords nets et devient impraticable pour peu que les raies soient faibles ou h bords nébuleux.
Les bandes se classent : en symétriques ou également dégradées à droite et à gauche; 2° en dissymétriques, ou inégalement dégradées à droite et à gauche.
Il est presque toujours plus facile de mesurer directement le centre d'une large bande symétrique que de le déduire de la position mesurée des deux bords (p. 26).
Lorsque les bandes dissymétriques sont dégradées depuis un bord jusqu'à l'autre, je mesure le bord le plus marqué, et quand celui-ci est formé par une raie un peu nébuleuse (ce qui arrive souvent], c'est le milieu de cette raie dont je note la position. Si aucun des bords n'est assez net pour permettre des déterminations passables, ou si une bande très-faible n'est visible que dans son ensemble, j'en cherche le milieu apparent, dont la mesure est soumise aux causes d'erreurs suivantes : i" l'œil est enclin à prendre pour le centre, non le milieu géométrique, mais un point plus rapproché du maximum de lumière; 2° les bandes dissymétriques s'élargissent inégalement à droite et à gauche lorsque l'intensité lumineuse et l'ouverture de la fente augmentent (' ) ; 3° les bords les plus nets et les plus marqués restent relativement fixes, tandis que les bords faibles peuvent s'écarter beaucoup de leurs anciennes positions; les milieux apparent et géométrique se déplaceront donc inégalement.
Les centi^es des bandes d'absorption dissymétriques se déplacent de même lorsque varient l'épaisseur de l'absorbant, la largeur de la fente et l'incandescence de la pelote de platine.
LaX correspondant à la position trouvée sur le micromètre, pour le centre d'une large bande symétrique, n'est pas exactement la X moyenne des deux bords; car, vu le rapide accroissement des X du violet au rouge prismatiques, la moitié gauche de la bande (vue dans le spectroscope) représente sur
( ) Dans la confection des dessins, j'ai cherché à in'éloigner lo moins possible dos largeurs de lentes telles, que les deux raies jaunes du Wa fussent confomUics, mais que les deux raies rouges du K (près A du soleil) demeurassent séparées.
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l'échelle normale (en X ) plus de divisions que la moitié droite. Dans la description des raies, j'ai employé les fractions décimales de la division micrométricjuc; mais il est plus aisé d'évaluer au juger (pendant l'observation) des fractions simples telles que |, |, {, -l, L'œil un peu exercé s'aperçoit même facilement si le fil ne coïncide pas rigoureusement avec ces subdivisions simples. Les mots gras, maigre (pour abréger : g, m) pourront alors indiquer les légers excédants ou manquants que nous admetti'ons être égaux à o*^'^,o5. Ainsi
^gz=o'''^,55 et ^m = o'^'^45.
Surtout dans le voisinage des traits de l'échelle, on parvient souvent à apprécier le quarantième de division (ce qui, pratiquement parlant, est à peu près la limite extrême de l'exactitude réalisable), que nous écrirons
- ou — = o''''',25 fou simplement o'^''', o3) ;
ajoutant cette quantités o'^'''',o5, on a
o'^'^,075 (ou simplement o'^'"' ,o^) — gras z= maigre (pour abréger : g, m). Ainsi
Pendant l'observation, il est commode d'employer cette nomenclature.