CHLORURE DE CUIVRE. — DANS LE GAZ
Le chlorure de cuivre donne, dans la flamme du gaz, un magnifique spectre, qui varie notablement avec les quantités de sel introduites dans la flamme, et avec le temps pendant lequel on a exposé le CuCl^ à la chaleur. Dans les recherches
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ordinaires, il se présente quatre cas principaux, correspondant à autant de phases spectrales.
Premier cas. — La quantité de CuCP est considérable. La partie centrale de la flamme est alors jaune rougeâtre ), opaque et très-brillante; elle est entourée d'une bordure bleue, et, plus extérieurement, la flamme est verte. Je dirai que, dans ce cas, la flamme Jile. Le spectre est à peu près continu dans le rouge, le jaune et le commencement du vert; dans le vert franc, le fond est sillonné de quelques petites bandes très-brillantes, dégradées à gauche, et à bords droits nets; la raie j3 122,10 (bord D) de mon dessin [Pl. XXIV, 2^ spectre) est l'une des plus belles de ces petites bandes; dans le vert avancé, le bleu et le violet, les doubles bandes sont très-brillantes (^). Cet état de choses ne dure que peu d'instants et la flamme se trouve bientôt dans le cas suivant.
Deuxième cas. — La quantité de sel est notable, mais insuffisante pour faire Jiler la flamme. Celle-ci est alors d'un beau bleu avec bordure extérieure verte. Le fond de lumière continue est relativement peu développé et permet de discerner les bandes du rouge, de nombreuses raies dans le vert, ainsi que les bandes doubles qui s'étendent du vert au violet ; on voit encore dans le vert franc les principales petites bandes dégradées appartenant à la première phase, et déjà les raies non dégradées, lesquelles seules persistent dans le troisième cas, auquel passe la flamme après quelques instants.
Troisième cas. — Il existe une assez notable quantité de CuCP, mais pas suffisante pour maintenir la coloration bleue de la flamme, laquelle est devenue verte ou d'un vert un peu
(') Le centre de la flamme présente beaucoup d'analogie avec la partie brillante de la flamme d'une bougie. La couleur rougeâtre est en grande partie due au contraste simultané résultant du voisinage de la partie extérieure bleue et verte de la flamme.
(') Les bandes situées entre X et 6 {Pl. XXIV, 2« spectre) conservent néanmoins leur infériorité relative.
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bleuâtre. Les petites bandes vertes dégradées du premier cas ont disparu, mais les bandes rouges et les doubles ijandes qui s'étendent du vert au violet sont toujours bien distinctes; dans le vert franc, les raies non dégradées sont bien développées et plus brillantes que les autres parties du spectre. En prolongeant notablement l'action de la chaleur sur le GuCl^, la flamme parvient au cas suivant.
Quatrième cas. — Il y a fort peu de CuCP; ou bien le chlore manque totalement ou à peu près, comme cela arrive avec du CuCl"-^ longtemps calciné qui laisse un résidu d'oxyde. La flamme possède alors imc teinte d'un vert clair. Les bandes rouges, les raies distinctes du vert et les doubles bandes qui étaient répandues depuis le vert jusqu'au violet ont disparu; le spectre ne consiste plus qu'en une large bande N, s'étendant de iio em. à iZji env. avec maximum très-prononcé, de iio env. à laô env. Entre 12S et i4i, le fond, qui est F, se subdivise en deux petites bandes fort peu distinctes. La bande verte i lO-iaS est très-persistante et se produit, même avec de faibles traces de CuCP, CuO ou Cu.
Dans la recherche du cuivre au moyen du CuCP, il faut se rapprocher autant que possible des conditions du deuxième cas. Quand il n'existe que peu de chlore en présence de quantités notables de cuivre, on facilite la production de la flamme bleue en chargeant le gaz de H Cl ; mais on peut presque toujours éviter celte complication en ayant soin de placer l'essai à un niveau à peine inférieur à celui du centre de la fente (p .12); pour peu qu'il y ait des traces de CuCP, la petite masse se recouvre d'une auréole bleue de peu de hauteur, mais fournissant très-nettement les principales bandes violettes ; un peu au-dessus, la flamme est incolore ou insensiblement verdie, et • ne donnerait absolument rien au spectroscope. Le plus souvent, le chlore est en cjuantité insuffisante ou a été chassé par des calcinations antérieures; aussi faut-il toujours (avant d'abandonner Fessai) humecter de HCl le fil de platine (p. 12), h>
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dessécher lentement, et le jîlacer dans la flamme presque au niveau de la fente. On reconnaît ainsi la présence de traces extraordinairement petites de cuivre (').
Le présent dessin a été fait en se maintenant dans les conditions moyennes du deuxième cas. En décrivant les raies vertes, je dirai, au besoin, dans quelles circonstances elles sont le plus développées.
Plusieurs séries de mesures concordantes ont été exécutées pour fixer la position des nombreuses bandes du présent spectre; mais, ces bandes étant dégradées d'un seul côté, leurs centres apparents subissent des déplacements qui varient avec l'intensité lumineuse. La mesure des bords droits est celle qui offre le plus d'exactitude, ces parties se déplaçant peu ou point quand l'éclat du spectre est modifié.
Les lettres grecques sont assez difficiles à répartir clans le présent spectre, tant à cause de la comparaison à établir entre des raies ou bandes de couleurs et de largeurs différentes (p. 6) que par suite des variations d'éclat relatif qui accompagnent parfois d'assez faibles changements dans les conditions expérimentales.
(' ) La grande sensibilité de cette réaction et l'abondance des instruments 'de cuivre dans les laboratoires nécessitent de grandes précautions dans la recherche de ce métal, afin de ne pas confondre le cuivre qui pourrait exister réellement dans la matière examinée avec celui qui proviendrait des ustensiles ou des poussières du laboratoire. J'emploie dans ces cas un bec analogue aux brûleurs Bunsen, mais construit avec des tubes de verre et des bouchons. En choisissant un tube de verre épais pour la cheminée, le bec durelongtemps et ne donne pas la raie du Na(ioo,oo) non plus que celles des autres composants du verre. Les becs de verre sont encore plus utiles pour servir aux évaporations, calcinations, etc., qu'à l'essai spectroscopique lui-même, car, en tenant propre un bec ordinaire, il ne se forme pas trace du spectre de CuCP, tandis qu'il est presque impossible d'évaporer pendant longtemps, ou de calciner, le contenu d'une capsule sur les becs ordinaires sans y introduire un peu de cuivre.
IGO
OBSEUV.
Env. milieu.
Env. coni. (kl la bande.
Milieu npp. lin iimx. (lu luiii.
io3,3o 104,98
Unie formant lo bord D do la bande.
Env. com.
Miiieu du max.
de lum.
Bord D.
Env. com.
Milieu du max do iuui.
Bord D.
Env.